Craquage nerveux in process

Le temps passe passe passe et beaucoup de choses ont changé comme diraient Jacky et Ben-J, mais une chose persiste : ma bronchite, dont nous célébrons la 4ème semaine d’existence. Pour fêter ça, mes allergies à l’ensemble des arbres et pollens recensés dans le Larousse jardinage reviennent, et j’ai aussi hérité d’une conjonctivite. Bref, reniflante, le nez pelé et borgne, laissez-moi vous dire que mon potentiel séduction est à son maximum.

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Bon mais à part cracher mon appareil respiratoire, j’essaie aussi de travailler, et parfois je me demande à quoi ça sert vu que de toute façon, un client, ça n’entend que ce que ça veut. Exemple : les deux types qui sont venus y’a 6 mois (je les appelle Minus et Cortex parce que l’un est petit et trapu et censé être le cerveau du duo, alors que l’autre est grand et tout maigre, il acquiesce bêtement à tout ce que dit son pote et il a 0% de libre arbitre) pour une histoire de travaux avec un entrepreneur. Je leur ai dit que j’avais besoin de lire le contrat pour être en mesure de donner un avis (tu demandes pas à un médecin de faire un diagnostic sans t’ausculter), et rien que ça, ça a pris 8 semaines parce qu’en 2017, c’est apparemment très technique et complexe d’envoyer un mail avec pièce jointe.
Ensuite, leur contrat, je l’ai lu, c’était une grosse daube, je leur ai dit « non non non, signez pas ça, si les travaux merdent ou prennent trois siècles de retard, vous pourrez JAMAIS être indemnisés ». Ils m’ont demandé si j’étais sûre, si y’avait pas moyen de, non parce que quand même, et je leur ai répété nein nein nein, signez pas, c’est une grosse arnaque.

Et devine qui a signé quand même parce que « bouaaaarf, on prend le risque, de toute façon, ce genre de trucs n’arrive JA-MAIS  » ?

Et qui revient maintenant me dire que « c’est la cata, les travaux vont avoir minimum 8 mois de retard, ils se sont trompés sur les plans, ils ont construit des chiottes en plein milieu d’une salle de réunion » (sans déc, même moi qui sais pas lire une carte, je serais pas aussi nulle) et qui me demande si, par hasaaard,  « juridiquement je connais quelque chose à faire » (je suis pas magicienne) (bien fait) (essaie un cierge à Ste Rita, t’as p’tètre une chance).

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Sinon, dans la série « je pisse dans un violon », parlons du client qui nous a envoyé un chèque et, pas de bol, le chèque s’est fait intercepter sur le chemin postal, un malfaisant a rayé « à l’ordre de Mademoiselle Hortensia » pour écrire à la place  « à l’ordre de Bidule Chouette » et encaisser 300 euros tout chauds. Bon, ben c’est dommage, mais j’y peux rien, moi-même j’ai un colis en attente depuis 4 mois à la plateforme Briard que j’arrive pas à débloquer alors voyez-vous, je n’ai pas mes entrées à la Poste. Donc j’ai conseillé au client susmentionné d’aller porter plainte s’il voulait se faire rembourser par son assurance, mais il avait décidé que c’était à moi d’y aller, et il a fallût que je m’y reprenne à cinq fois pour lui expliquer que je n’étais pas le tireur du chèque et que ça ne servirait à rien (au départ, il a vaguement menacé d’appeler 60 millions de consommateurs et puis il a dû faire une rapide recherche Google et voir que j’avais raison, la foi en l’internet est plus grande qu’en quelqu’un dont c’est le métier, que voulez-vous).

Cet épisode passé, ma boss, qui pense sans doute que je m’ennuyais le week-end, m’a proposé de venir également travailler le samedi :

– On pourrait faire plein des choses le samedi ! Organiser une course en sacs, vendre des gâteaux, ranger les dossiers…Qu’en pensez-vous, ça peut être bien, non ?

Sans complément de salaire ni jour de rattrapage, bien évident. De toute évidence, de longues semaines sans interruption devant l’écran de son ordi l’ont empêchée de voir qu’on avait inventé un truc pratique appelé CODE DU TRAVAIL. J’ai dû user de toute la diplomatie du monde pour lui expliquer que j’avais ce qui s’appelle UNE VIE après le boulot, avec plein d’activités passionnantes pour la remplir (même si mon activité principale, c’est choisir les faire-parts de mariage avec JPS, mon rôle consistant surtout à critiquer les nombreux modèles niais/moches/ringards que je vois, ça prend du temps).

Bref, comme vous pouvez le constater, je suis sur les rotules, vous pouvez m’envoyer des Shoko-bons pour me réconforter (pas trop, parce que ça vaut 2 points WW) ou, à défaut, des bisous, je prends aussi. A plus guys.

bye

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Allô Maman Bobo.

Bon, ça faisait quand même 6 mois que mes fonctions vitales étaient bonnes, du coup mon corps a jugé qu’il était grand temps de tomber malade et qu’une solide rhino-bronchite avec crachage de poumons en règle était de bonne augure. Tout ça évidemment pile quand ma boss m’assomme de taff ras-la-tronche avec des délais plus serrés que le string de Kim K. :

– quand vous aurez fini d’étudier les 4500 pages du business plan du rachat de la multinationale concurrente, vous me ferez un rapport synthétique sur l’évolution de la législation de 1974 à nos jours.
– d’accord…
– bon c’est bon, il est fini, ce rapport ?

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Comme la station debout m’était passablement difficile vu que j’avais envie de vomir chaque fois que je posais le pied à terre, je me suis dit, une fois n’est pas coutume, tu vas rendre visite à ton médecin que tu n’as pas vu depuis 2014. Bon ben déjà c’était pas lui : il a eu l’indécence de se barrer en vacances pile pour ma visite trisannuelle, le mufle. A la place, il y avait son remplaçant, qui, visiblement, avait dû financer ses études de médecine en faisant du mannequinat, à en croire ses yeux bleu azur et ses dents parfaitement blanches.

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Bon, soyons clairs, c’est pas emmitouflée dans un pull trop large en mode Deschiens, puant le Vicks Vaporub et les yeux éclatés que je dégageais un quelconque sex appeal (JPS, si tu passes par là, de toute façon t’es le seul que j’aime).

Et donc, quand le Doc m’a dit que j’étais hyper contagieuse et que ça méritait bien plusieurs jours d’arrêt, devinez qui a répondu « ah non non, je peux pas, juste un jour ça ira, après j’ai le week-end pour me reposer » ?

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Et qui, après un jour d’arrêt et un week-end de repos est toujours aussi mal et a envie de crever sur place à l’idée de retourner au boulot demain? (bon, je remets pas le gif, mais vous êtes un public intelligent, vous aurez compris que c’est moi la bouffonne en chef).

Des fois, je me demande vraiment à quoi ça sert d’avoir de la conscience professionnelle, alors que de toute évidence, ma boss n’aura jamais la moindre reconnaissance (preuve en est ce lapidaire texto : « OK, bien noté » après que je lui ai dit que j’étais au fond du lit et que peut-être j’allais mourir). Bref, si demain je retourne au boulot en rampant, aphone, aussi essoufflée que MBDF après avoir fait la revue d’une crème hydratante, je sais que la seule chose que je récolterai, c’est une réflexion sur le fait d’avoir été en arrêt de travail pour la première fois depuis un an et demi.  Voyons les choses en face, ce n’est pas ma nouvelle collègue de boulot qui pourra me sauver la mise, vu qu’elle s’applique à faire du 10h – 17h45 alors qu’elle est encore en période d’essai, pour un salaire d’environ 2 fois le mien. Well, well, well, sur ce, je retourne analyser les traumatismes d’enfance liés à ce sentiment de culpabilité permanent (bon en fait, je vais méditer sur mon immense connerie, quoi). A plus les mecs, kiff sur vous.

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Bref, j’ai un nouveau collègue glandu.

Rhaaaa la la, alors que j’ai tellement de choses à raconter, mon ordinateur me lâche peu à peu (on en est à 2 minutes pour ouvrir une page internet, c’est dire si là tout de suite je suis motivée pour écrire).

Bon, parlons peu, parlons bien : depuis quelques semaines, on a un assistant au boulot  et c’est pas une sinécure (c’est pas faux). Déjà, il a mis 4 semaines à comprendre que c’était pas la peine de photocopier les pages une par une et qu’un génie avait inventé une fonction qui permettait au copieur de photocopier recto-verso tout seul. Dans à peu près 8 mois, il aura découvert la fonction « impression en couleurs » (si on a de la chance).

J’aurais dû me méfier dès son premier jour : j’avais voulu la jouer cool, donc je lui avais demandé de venir « pour 9h30 ». Dans ma tête, ça voulait dire : à 9h30, t’es derrière ton bureau, les fesses posées sur ta chaise. Pour lui, ça voulait dire : se pointer à 10h15, la bouche en cœur et les mains dans les poches. Quand il m’a demandé « ça va? ça fait pas trop tard?« , j’ai déployé toute ma pédagogie pour lui expliquer que si si quand même et qu’en entreprise, on arrive rarement à cette heure-là.

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La semaine d’après, il est carrément pas venu de la matinée. Il était pas marqué absent sur le planning et il avait rien dit de particulier la veille. Au fil des heures, je suis passée de « il a du avoir des problèmes de bus » à « il a dû avoir une panne de réveil » à « mince, il doit y avoir quelque chose de grave ». Tu penses Hortense. J’étais sur le point de lancer une alerte enlèvement, et puis il est arrivé, à midi, nickel, pépouze :
– C’est parce que je suis allé faire refaire mon permis de conduire. Je pensais que ça allait prendre 10 minutes et en fait, ça a pris presque 3 heures.

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Donc 1) c’est probablement le seul mec en France qui ne sait pas ce que c’est que la Préfecture, 2) se donner la peine de prévenir de son retard, c’est trop lui demander, 3) je dois avoir une tête de G.O Club Med parce que clairement, il pense qu’on est colo, 4) ça devait être trop compliqué de choper mon numéro dans les Pages jaunes pour appeler. Là, je me suis dit qu’il devait vraiment se payer ma tronche (mais pas autant que lorsqu’il  a dit qu’il était en retard à cause de problèmes de bus alors qu’on l’avait vu arriver à vélo).

Gégé les gars, meilleur recrutement de la Terre. Et force est de constater que ma patience s’étiole avec le temps, que je suis fort lasse qu’il mette trois jours pour faire quelque chose qui prendrait trois heures à tout être humain normalement constitué, qu’il me répète « non mais ce soir, ce sera fait, promis » tous les matins et qu’au bout d’une semaine, rien n’est terminé.

Alors par contre, je dois lui reconnaître une qualité, c’est qu’il est extrêmement au fait des nouvelles du monde et de la géopolitique, surtout quand ça concerne Yahoo People et le partage des biens immobiliers d’Angelina Jolie et Brad Pitt.

– Dis, est-ce que t’as pu passer le coup de fil super urgent que le Directeur t’a demandé?
– Ah non désolé, j’étais occupé là. Je lisais un article super intéressant sur l’agression de Kim Kardashian.

Voilà voilàààà. Je vais continuer la méditation encore un moment, je crois.

Mon père croit que j’ai 10 ans.

Donc, comme tu l’auras compris en lisant le titre, pas la peine de venir me challenger dans la catégorie « famille étouffante » parce que je gagne toujours.  Mon père a dû rester bloqué dans les années 90 et croit que j’ai 10 ans pour toujours. J’ai beau être casée, avoir un job et m’assumer comme une grande, son cheval de bataille, c’est de dégoter la moindre situation où il est possible de m’infantiliser. Dernier exemple en date : la lettre aux impôts (oui parce que ces braves gens avaient commis une légère erreur en me réclamant l’équivalent de 10 SMIC alors que j’avais perçu des revenus équivalents à… ben à ceux qu’un apprenti peut toucher, c’est dire si j’étais blindée). Bref, après avoir passé environ 5 heures au téléphone et parlé à 8 personnes provenant de 3 services différents, j’ai écrit une petite lettre recommandée afin de cracher ma haine signifier ma situation. Et c’est là que, tadaaaaam, mon père a absolument tenu à la relire avant envoi. Pour quelles raisons, ça je l’ignore (peut-être pour vérifier que je savais orthographier correctement le mot « finances publiques », moi qui m’en suis farcie deux semestres à la fac, quelle ironie).

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Outre cette absence de confiance pour ce qui est des démarches administratives (je pense aussi qu’il doit régulièrement se demander si je pense à payer mon loyer), mon père pense aussi que j’ai zéro capacité niveau humain.Donc, quand je lui ai annoncé que le père de JPS se faisait opérer la semaine prochaine, il a crû nécessaire de prendre un air de prof de CP pour m’expliquer, comme si j’étais une débile, ce que ça impliquait en termes de relations sociales :

– S’il est hospitalisé, ce serait bien que vous alliez lui rendre une petite visite tu sais…

NO SHIT SHERLOCK, moi qui pensais le laisser se débrouiller tout seul et aller le voir aux alentours de Pâques ! Non, vraiment, c’est à se demander comment je fais pour mener ma vie sans que papa me tienne la main. Ou plutôt, c’est à se demander comment lui fait pour mener sa vie sans nous tenir la main. Parce que se retrouver sans enfants à la maison, à la retraite, sans passion ni amis parce qu’on a passé sa vie à croire que le travail était l’élément central de l’existence, c’est coton. Alors forcément, regarder la télé, ça va cinq minutes et on s’ennuie vite. Et dans ces moments-là, il sort la carte joker, aka : le chantage affectif.

– On se voit le week-end prochain? Ca fait teeeeellement longtemps.

« Tellement longtemps », dans son langage, c’est  8 jours. Pour des parents « normaux », j’imagine que c’est rien, mais pour le mien, c’est comme si j’étais partie servir ma patrie à la guerre. Son passe-temps préféré, c’est se plaindre qu’il ne voit « ja-mais » ses enfants (« tellement longtemps » = 8 jours, « jamais » = 2 semaines, tu suis?). Ca donne des conservations merveilleuses avec les gens dont les enfants habitent à l’étranger :

– Je vois très très trèèèès rarement mes enfants. La dernière fois, ça devait être il y a… pfiou… 15 jours au moins…
– Ah. Moi mon fils vit à Sydney, je le vois une fois par an.

Je pense que son idéal de vie serait que l’on vive tous, parents, enfants, petits-enfants, dans un corps de ferme où on serait ensemble H-24. Il kifferait qu’on soit les Ingalls, quoi. Alors prend un air de chien battu pour me faire comprendre à quel point je suis ingrate, me faire culpabiliser et flinguer mes soirées. Parce que, quoi qu’on fasse, nous les enfants, on est toujours des gros égoïstes qui n’ont aucune reconnaissance, hein. C’est finalement ça, le plus dommage : parce que quand les enfants avaient 10 ans, là au moins, on pouvait les garder sous sa coupe.

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Farewell, dude.

Yo les petits amis ! 2015 est en train de boucler ses valises pour rentrer chez sa mémé et je ne peux m’empêcher de dresser un petit bilan. L’an dernier, c’était pas jojo, ça sentait même méchamment le Prozac (et encore, si on m’avait dit tout ce qui m’attendait…).

Par superstition, je ne dirais pas que cette année était le pire du pire concentré en 365 jours parce qu’objectivement, il y a toujours plus difficile. Mais je ne pense pas exagérer en disant que j’en ai (bien, bien chié) bavé. Malgré tout, j’en retire un tas d’enseignements, de bons souvenirs parmi les mauvais et des succès dont je peux être fière.

  • Avoir vaincu la séparation géographique avec JPS (ou « Paris-Londres pendant 8 mois ») : certainement la décision la plus difficile à prendre de toute ma vie. 8 mois d’allers-retours, de gros chagrins le dimanche soir, de manque, de solitude, de pieds froids la nuit, de découragement. Mais on a réussi. On est réunis.  Le quotidien reprend ses droits dans tout ce qu’il a de plus banal, mais aussi de plus parfait. Et on est restés une famille, comme on se l’était promis.
  • Avoir tout reconstruit après avoir tout perdu : en rentrant en France, je n’avais plus de toit, plus de meubles, plus de repères. Revenue chez mes parents, je n’avais plus rien qui m’appartenait (ouais OK, j’avais le chat), j’étais dépendante. Comme une enfant, en fait. Petit à petit, j’ai dégoté du travail, un appartement, j’ai recréé un cocon pour retrouver ma place. J’ai appris à relativiser, à cesser de chercher la perfection, à me contenter de moins. J’ai réalisé que je pouvais ressentir du bonheur même dans une situation précaire, un peu bancale, parce que le peu que j’avais, je ne le devais qu’à moi-même.
  • Avoir trouvé mon premier vrai job : après avoir posté des centaines de candidatures, désespéré autant de fois et m’être dit qu’aucun employeur ne voudrait jamais de moi, j’ai fini par trouver. Peut-être pas le job de mes rêves, mais c’est un début. Il m’a permis de dépasser ma peur de la vie active. Je fais mes premiers pas, je découvre la vie en entreprise, ses écueils, ses pièges, je me mange des claques parfois, mais j’éprouve beaucoup de satisfaction malgré tout.
  • Avoir commencé la sophrologie : sortir des bouquins et entamer de vrais cours avec une pro. Même si je ne suis pas épargnée par l’anxiété et la colère, j’ai maintenant des clés qui m’aident à les gérer un peu mieux au quotidien.
  • Avoir cultivé de vraies amitiés : je n’ai jamais eu beaucoup d’amis (soyons honnêtes, je suis associable) mais l’amitié représente pour moi un sentiment, une valeur fondamentale. Quand je suis déçue par quelqu’un, il est en général très difficile de réparer les pots cassés. Avoir été dans la mouise cette année m’a permis de distinguer ceux qui étaient vraiment présents de ceux qui envoyaient un texto tous les 4 mois. Je n’ai pas été surprise. Mais j’ai appris à prendre de la hauteur, à ne pas réagir de façon viscérale, à constater sans me faire de mal. Et à me rendre compte que j’avais, malgré des déceptions, un petit cercle de personnes merveilleuses, solides et qui m’aiment réellement.

Finalement, pour une année pareille, c’est pas si mal ! Je suis heureuse d’avoir résisté, d’avoir activité le mode « survie » et de ne pas avoir renoncé, même dans les moments les plus terribles. Je me sens si chanceuse aujourd’hui. Même si tout n’est pas parfait, même si chaque jour, je relance les dés, même si tout est une succession de mini-batailles, plus ou moins grandes. Je suis fière, apaisée et bien plus sereine qu’il y a un an. Victoire, les mecs.

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Ma vie londonienne – Bilan de ce premier mois

Demain, cela fera un mois que nous sommes en Angleterre. L’heure pour moi de dresser un premier bilan qui, malheureusement, n’est pas aussi rose que je l’aurais espéré…

  • J’ai arrêté la fac il y a dix jours. Je n’y avais clairement pas ma place. Tous les étudiants étaient en réalité des professionnels qui travaillaient depuis de nombreuses années et avaient déjà beaucoup d’expérience dans le domaine que j’étudiais. J’étais la seule à n’avoir jamais travaillé dans ce secteur. J’avais beau travailler dix heures par jour, je ne parvenais pas à combler mon retard et j’étais noyée. J’ai fini par me décider à contacter le directeur du programme afin de lui parler de mes doutes. J’espérais qu’il me dise que c’était normal, que je venais d’arriver et que ça allait s’améliorer. Au lieu de ça, il a reconnu que la situation était difficile et a proposé d’abandonner et de me rembourser mes frais d’inscription. Mon projet de départ s’écroule.

 

  • Me voici donc à Londres, sans job et sans plan B. Naïve comme je suis, j’avais fondé toutes mes espérances sur ce programme universitaire. Mes parents ont frôlé la crise cardiaque. Mon père m’a dit, je cite, « c’est un échec et c’était prévisible depuis le début ». D’akkeuuuurd. Malgré tout, j’ai décidé de ne pas me flageller. Je refuse de le voir comme un échec et si c’en est un, eh bien tant pis, ce ne sera ni le premier, ni le dernier. Mais pour être tout à fait honnête, j’en au gros sur la patate quand même.

 

  • Je me lance donc à la recherche d’un boulot, d’un stage, peu importe. Je parcours minutieusement les sites de recherches d’emploi à la recherche de quelque chose qui pourrait me convenir. Pas « me plaire », hein, juste « me convenir ». Pour le moment, j’ai perdu toute ambition de m’épanouir dans un boulot. Si je parviens à trouver un job dans lequel je ne souffre pas (spéciale dédicace à toi, mon ancien boss, et à la boule au ventre que j’avais à l’idée de franchir la porte de ton bureau tous les matins !), ce sera déjà pas mal. J’ai déjà un premier entretien jeudi, mais j’hésite à y aller : au téléphone, le recruteur a insisté sur le fait que le job était très difficile, que les journées étaient longues et qu’il fallait vraiment s’en sentir capable. Je sais que, pour le moment, je ne me sens pas assez forte psychologiquement pour endosser un travail trop demandeur. Ca peut paraitre con de dire ça, puisque tous les boulots demandent de l’investissement, mais certains sont plus prenants que d’autres, et je ne veux plus revivre ce que j’ai ressenti lorsque j’étais avocat. Je ne peux plus.

 

  • J-Star et moi avons trouvé un appartement. Dans une grande maison. Par rapport à toutes les horreurs que l’on a pu visiter, celui-ci est dément. Evidemment, il faut faire avec le bad taste anglais, qui consiste à mettre de la moquette de couleurs immondes partout. Il est un peu loin du métro, et j’appréhende déjà le retour lorsqu’il pleuvra, mais on fera avec. J’ai hâte que l’on emménage enfin dedans : retrouver nos affaires, nos odeurs, nos repères. Accrocher les visages de ceux que j’aime sur les murs et pouvoir dire « chez nous ».

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  • J’ai ramené Monsieur Oui-Oui de France. Il était super content de nous retrouver, je pense que ces trois semaines sans nous lui ont paru longues, à lui aussi. Ca peut paraître bête, mais avoir ma boule de poils avec moi me fait du bien.

Monsieur Oui-Oui

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« Oui alors là, j’arrive à un carrefour : je tourne où? »

Souvenez-vous, dans mes précédentes (et passionnantes) aventures, je réalisais que j’étais un bébé avocat qui n’avait plus du tout envie d’être avocat. Dans un premier temps, je me suis interrogée sur les raisons pour lesquelles je m’étais infligée 8 ans d’études et un concours mégadifficilesaracedesagrandmère alors que je savais pertinemment que ce boulot n’était pas pour moi :

– Ben… Parce que j’aime bien porter des robes… Alors je trouvais ça cool où une profession où on porte une robe… Et puis, les robes d’avocat, elles ont de la fourrure, c’est joli…

Non, bien évidemment. Le manque de courage. La peur de décevoir. L’envie de plaire et d’être reconnue pour quelque chose. De faire un truc un peu chiadé parce que j’avais soit disant « des capacités » (on a tous des capacités, les gars). La peur bleue de l’échec. Respecter les attentes. La crainte de passer pour une neuneu si j’abandonnais. Voilà, les raisons. En vrac, et sans prétendre à une quelconque exhaustivité, hein.

Revolver

J’ai dû progressivement annoncer la nouvelle. J’ai eu de bonnes et de mauvaises surprises. J’ai dû faire face à l’incompréhension, souvent :

– Mais alors tu veux plus être avocat?
– Non Mamie.
– Mais alors… tout ce que t’as fait, ça te sert à RIEN?
– …

Faire comprendre aux gens que, non, ce n’est pas un caprice, ni une passade, que je ne suis pas temporairement fatiguée mais que, vraiment, vraiment, je ne veux plus exercer ce métier, c’est comme ça :

– Non non non non non non, tu vas m’écouter et faire ce que je te dis. Tu continues encore un an et ça va aller mieux. T’as rien à perdre?
– Ben si, un peu. Ma joie de vivre, ma santé…
– Mais on s’en fout de ça ! Quand tu seras noyée dans le Lexomil, t’y penseras même plus !

Alors, après avoir passé des semaines à m’en vouloir, je me suis dit qu’il fallait remonter la pente. Trouver une solution. Tordre le cou à la peur et me bouger les miches, parce que personne d’autre ne le ferait à ma place. Et que ce n’est pas un problème accessoire hein, c’est juste ma vie qui est en jeu.

Ma première envie, c’était de prendre JPS et le chat dans mes bagages, et que l’on retourne vivre à Londres. C’était à la fois une issue, un exutoire et le seul rêve qui me restait. Face au vide vertigineux que j’avais devant moi (« coucou, je ne sais rien faire d’autre qu’avocat, mais j’ai pas envie de faire avocat, et j’ai rien envie de faire d’autre non plus d’ailleurs, ma seule perspective, c’est le chômage ou l’élevage de bébé chats« ), cette ville était la seule chose qui me redonnait un peu d’espoir. Alors j’ai cherché. Que faire là-bas? Il est beau mon diplôme franco-français, il est beau mais à l’étranger, il vaut peanut. Autant dire que si je deviens serveuse chez Starbucks, mes parents feront une crise cardiaque.

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J’ai pensé aux ressources humaines. Peut-être bêtement parce qu’il y a le mot « humain » dedans et que, si une chose me manque cruellement dans ma situation actuelle, c’est de faire de l’humain. J’ai trouvé des formations, manqué de m’étouffer devant le montant des frais d’inscription, et puis je me suis dit que si c’était le prix d’une vie plus sereine, ça valait peut-être le coup.

Et puis JPS est revenu du boulot :

– Mon patron veut me donner une promotion !
– Mais… mais… y’a 2 mois, il a dit « non non, désolée JPS, c’est pas le moment, tu dois encore faire tes preuves » ?
– Ben voilà, j’ai fait mes preuves.

Pour corser le tout, lors de notre dernier week-end à Londres, j’ai été prise d’une légère crise de panique. C’était peut-être le fait de regarder les choses avec la perspective d’habiter ces lieux d’ici quelques mois, mais soudainement, je trouvais tout naze :

– C’est vrai que l’architecture est moche, quand même. Tu te rappelles l’appartement qu’on avait? Pourquoi les anglais ont cette manie de foutre de la moquette partout?

J’ignore pourquoi, mais cette histoire de moquette m’a obsédée (je suis sûre que je viens de perdre les quelques courageux lecteurs qui ont réussi à lire jusqu’ici). Je repensais à l’immonde moquette bleue que j’avais quand je vivais là-bas. Et tout est devenu très compliqué. Le montant prohibitif des loyers, et si les resssources humaines ne me plaisaient pas, et je peux pas faire une année d’études en plus, et est-ce que j’ai le courage, et j’ai peur, et si je me plantais à nouveau, et ça veut dire que JPS doit lâcher son boulot pile au moment où il est promu, et qu’est-ce que je vais faire de ma vie, et…

On sait ce qu’on laisse, mais pas ce qu’on trouve. Et c’est sûr que je laisserais de belles choses en France. D’un autre côté, je n’ai pas envie de me retrouver un jour mariée, avec des gamins, une maison et une vie planplan à me dire « je n’ai pas suivi mes rêves et je me suis enfermée dans une vie sécurisante mais qui ne me convient pas« . Alors je fais quoi? Eh bien je ne sais pas…

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