(en vrac) (mariage, respect et bouffe)

Je n’ose commencer ce post par un « ça fait un bail que j’ai pas écrit », ça pourrait devenir une habitude, même si effectivement, ça fait un bail que j’ai pas écrit. Mais bon, après tout, est-ce ma faute si j’ai une vie palpitante et si je dois accomplir des tâches de premier plan comme faire un benchmark de pralines pour le mariage (ça, c’était pour donner du grain à moudre à ceux qui se croient anticonformistes en clamant que le mariage, c’est so riiiiing’ et qu’ils ne voient pas l’intérêt. Tût tût les rageux !).

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Comme je ne sais pas par où commencer et qu’il n’y a ni ordre ni lien à ce que j’ai à raconter, on va revenir à la bonne vieille technique des bullet points (« boulettes points » comme dirait ma patronne) :

  • Ma patronne justement. Ces derniers mois, elle me donne de nouvelles responsabilités à haut risque telles que rédiger des courriers parce qu’elle a la flemme de le faire elle-même ou constituer des dossiers de 800 pages qu’elle ne lit jamais. Son argument de choc? « Vous rédigez si bieeeeeen, vous avez un réel tâââââlent, vous n’avez jamais pensé à faire Science Pôôô? » (elle pense sûrement que les sirènes du compliment vont susciter chez moi une soudaine inclinaison à faire les basses besognes).
    En vrai, j’ai surtout le syndrome de la bonne élève qui ne sait pas dire non, et je crois que mes collègues l’ont vite compris. Mon défi en ce second semestre 2017 : apprendre à envoyer bouler fermement et proprement. Et justement, j’ai eu mon premier exercice pratique (cf. point suivant)
  • L’autre jour, j’étais en réunion avec Jean-Mi du marketing et sa clique, et Jean-Mi, qui aime se faire mousser en balançant des vannes à la Guy Montagné, a fait une remarque devant tout le monde sur… mon salaire. Comme ça, pour rien, gratos, tiens voilà c’est cadeau. Ah ben c’est sûr qu’à côté de Jean-Mi, qu’on engraisse d’un salaire annuel à 6 chiffres, je fais petite joueuse. J’aurais dû acheter mon diplôme dans une école de commerce à 30k/an et faire des pince-fesses, moi aussi à l’heure qu’il est, je pourrais me foutre de la gueule d’une collègue sous prétexte qu’elle a 20 ans de moins et des seins. Mais bon, je ne suis pas Jean-Mi, mon métier ne consiste pas à inviter des gens à bouffer et à les ajouter sur LinkedIn.
    Bref, il se gausse donc de mon salaire (dont il ignore le montant by the way) et je reçois ça en pleine figure, complètement paralysée et sous le choc. Je fulminais à tel point que j’avais des plaques rouges sur la moitié du corps (la dernière fois que j’ai autant enragé, c’est quand une ancienne consoeur m’a filé ses écritures à 2h du mat’ la veille d’une audience).
    Et ce fut ma première mise à l’épreuve. Avec sa réflexion de gros beauf qui se croit spirituel, Jean-Mi m’a poussée dans mes derniers retranchements. Il est devenu évident que je devais me protéger. Et la première des choses à faire, c’était de répliquer. Quelques heures plus tard, une fois calmée (merci à mon collègue D. d’avoir supprimé les objets contondants de mon bureau), j’ai envoyé un mail à Jean-Mi. Concis, incisif et ce qu’il fallait de méprisant pour lui dire qu’à l’avenir, il garderait ses remarques philosophiques pour sa grand-mère. Ca a marché. Jean-Mi ne me dit plus bonjour dans les couloirs (grosse grosse perte) mais j’ai retrouvé un peu de fierté. Ce n’est qu’un début, ce n’est pas grand chose, mais j’ai retrouvé un peu de dignité.

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  • Sur un sujet plus léger (parce que booooon, je sens que j’ai cassé l’ambiance), on a enfin goûté le repas du mariage et quand je dis « on » c’est-à-dire parents included (jusqu’ici, on s’était bien gardé de leur demander leur avis sur un quelconque aspect du mariage, principalement parce que si on avait fait ça, je me marierais sûrement dans le château de Cendrillon avec DJ Serge Reggiani). Mais je savais que le repas, c’était important pour eux, et puis JPS voulait constituer un comité de sélection parce qu’il savait que si ça ne tenait qu’à moi, on mangerait des coquillettes au beurre avec des nuggets. Bref, comme mes parents me demandaient toutes les semaines « quand est-ce qu’on goûte, quand est-ce qu’on goûte, quand est-ce qu’on goûte? », je pensais qu’ils seraient un peu saucés. J’avais vu trop ambitieux, je crois :
  • – Mardi soir? Ah non, je peux pas.
    – Pourquoi?
    – J’ai mon cours d’anglais.
    – Mais Maman, t’es bilingue ! Je comprends même pas pourquoi tu prends des cours d’anglais !
    – Et puis j’ai déjà séché y’a trois semaines à cause de la kermesse de ton neveu. 
    – Tu sèches pour la kermesse de l’école maternelle mais pour mon mariage non?
    – C’est parce que je tenais un stand et je devais préparer un gâteau. 

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  • J’ai enterré ma vie de jeune fille. Enfin je dis ça, mais tout le monde sait que je resterai à jamais une jeune fille, que j’aimerai toujours les paillettes et les figurines en pâte fimo à 70 ans, et que je ne dirai jamais non à des oursons en guimauve. En vrai, c’était surtout un prétexte pour faire un week-end avec mes meilleures potes et avoir les nanas que j’aime le plus dans une même pièce. J’avais fait jurer à Camcam de ne pas me déguiser une lapine Playboy ou de me faire récolter des numéros de téléphone d’inconnus. Sur le plan du strip-teaser, je craignais pas grand chose : je savais que de toute façon, elle aurait bien trop honte de téléphoner. Ce fut doux, tranquille (sauf quand j’ai conduit un bateau et que j’ai clairement failli faire un remake du Titanic). En plus ma copine Fiona m’avait ramené une cargaison de chocolat suisse. J’ai trouvé merveilleux de les voir réunies, toutes différentes, avec des parcours et des vies sans comparaison possible, rire, apprendre à se connaître pour certaines. Je me suis sentie reconnaissante et fière de ces amitiés là, solides. C’était bienveillant, c’était simple, c’était naturel. C’était précieux. 

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Retrouvez-moi en jogging le jour du mariage

L’autre jour, ma mère, Camcam et moi, on avait rendez-vous pour que je réessaie ma robe de mariée. J’étais impatiente parce que la dernière fois remontait au début de l’année et « robe de mariée », c’était beaucoup dire, vu que j’essayais une toile, c’est-à-dire un pseudo tee-shirt grossièrement découpé dans un tissu qui se rapproche de la toile de jute. Cette fois, ça devenait un peu plus concret : le couturier avait pris les mesures de chaque recoin de mon corps y compris mes aisselles (il a forcément dû constater à quel point je suis bombasse),  j’allais enfin voir le résultat. Et le résultat, je l’ai vu, parce qu’à peine la robe enfilée, je me suis mise à chialer, au point que Camcam a dû me filer ses deux paquets de mouchoirs et me prêter sa Ventoline. J’avais l’impression d’avoir des seins encore plus gros qu’à l’accoutumée (merci la génétique familiale), des fils pendaient de partout et j’avais juste l’air ridicule et déguisée. Là, j’ai supplié le couturier de changer de modèle, parce que j’étais moche et que JPS le penserait sûrement aussi.

Et puis je me suis réveillée.

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Donc ça, c’est moi depuis bientôt deux mois.  Alors oui, j’en conviens, il y a des choses plus importantes dans la vie surtout en ce moment (je pourrais potentiellement être amenée à me marier devant le portrait d’une sorcière blonde, mais dans ce cas, JPS et moi on a convenu qu’on décalerait le mariage de 5 ans).

Il faut dire que ma mère n’arrange pas les choses. Ma mère, c’est la Prêtresse du Doute niveau 115 et croyez-moi qu’en la matière, elle pèse dans le game. Et comme en plus, elle est du genre  »  »  »  »  » « légèrement »  »  »  »  »  » anxieuse (et c’est comme les gros seins, j’ai eu ça en héritage), rien de mieux que de reporter ses angoisses existentielles sur ma personne. Du coup, le dernier truc qu’elle ait trouvé, c’est de me montrer les photos qu’elle a prises lorsque j’essayais d’autres robes que la mienne :

– Elle était belle celle-ci aussi… Tu la trouves pas mieux que celle que t’as choisi finalement? Non quand même, tu es sûre d’avoir bien réfléchi? Parce que là t’étais vraiment canon. T’es bien sûre de toi hein? hein? hein? HEIN?

(Non, je ne suis pas sûre de moi, et franchement, tout ça me perturbe).

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« Et le boulot, comment ça se passe? »

L’autre week-end, c’était réunion annuelle de famille. Tu prends les oncles, les tantes, les huit générations de cousins, cousines, maris des unes, femmes et enfants des autres, ça donne à peu près 800 personnes. En général, j’aime pas les fêtes où il y a trop trop de monde, mais celle-là ça me fait plaisir d’y aller parce que 1) je revois mes deux cousines funky que j’idolâtre, 2) je suis la star des moins de 11 ans et que j’ai toujours une ribambelle de gosses qui me tourne autour, 3) ma tata cuisine toujours un tas de trucs cools (et que je peux me faire un repas entier à base de croissants à la fleur d’oranger, personne me dit rien).

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Donc oui, bon, c’était cool, sauf quand est venu le moment de discuter avec un tonton que je vois globalement deux fois par an et avec lequel mon plus long échange a sans doute été « est-ce que tu veux du pain?« . Bon, d’abord, il a cherché mon prénom pendant 20 secondes, il a dû tenter les prénoms de toutes les femmes de ma famille (« Clara? Lucia? »)  avant de trouver le mien (« Giulia? Jeanne? ») mais il a fini par y arriver  (« Joséphine ? Giovanni? »). Et puis, évidemment, comme il fallait trouver un sujet de conversation, on a choisi le plus évident, celui qui alimente n’importe quel entretien, la fameuse variante du « tu fais quoi dans la vie? » mais avec les gens que tu connais déjà, aka : « et le boulot, comment ça se passe?« .

Huuum, ben oui, tiens, comment ça se passe? Plutôt bien, en fait. Mon chef est content de moi, on m’a offert un CDI sans même que j’aie à le demander et, jusqu’à présent, j’ai réussi à ne pas faire couler la boîte. On peut dire que j’ai pas à me plaindre. Sauf que. Sauf que 90% de ce que je fais ne me plaît pas, que le ras le bol dont je parlais déjà il y a trois ans, deux ans et demi, ici ou encore  est toujours bien présent et que, clairement, je ne me vois pas faire ce travail toute ma vie. Et c’est j’ai expliqué à mon tonton.

Et là, il m’a parlé comme à une gamine capricieuse qui peste parce qu’elle n’a pas eu le dernier iPhone à Noël :
– Ah bon, et tu veux faire quoi? Toi-même tu sais pas ce que tu veux faire. T’as quitté le Barreau mais c’était bien avocat, fallait faire avocat, ah oui, ça, fallait faire avocat. Alors tu veux faire quoi? Retourne à ton cabinet et fais avocat. Parce que tu veux être quoi, toi, toi-même tu sais pas, hein, ce que tu veux être. Avocat c’était bien, je suis sûre que tu étais douée en plus, et puis là tu dis que tu aimes pas ce que tu fais, mais tu veux faire quoi? Et puis tu crois que le travail c’est facile, mais après tout, qu’est-ce que tu voudrais faire au juste? Moi je pense que tu devrais retourner en cabinet et être avocat, et puis voilà. 

Ouiii d’accord, merci Monsieur Onisep, c’est vrai qu’on se connait tellement bien.

Bon, en vrai, je me fous clairement de ce qu’il pense. Mais j’ai trouvé fou de ne pas pouvoir dire librement en famille : « ben non, mon taff ne me rend pas heureuse« .  Où est le mal, où est la honte, où est l’irréparable dans tout ça? Je devrais être en mesure de le dire simplement, sans être jugée, sans être prise de haut. Sans être regardée comme une personne irréfléchie, qui aurait décidé un beau matin que, ça y est, son boulot est insupportable et qu’elle a envie de changer. Non tonton, je ne suis pas une gamine paumée qui fait une crise d’ado à retardement. Je ne suis pas une faible qui baisse les bras un peu trop facilement, je n’ai aucun comptes à rendre : j’ai fait 8 ans d’études et je me lève tous les matins pour aller bosser. Mais, oui, ça fait des années que je ne me sens pas à ma place dans cette voie, que je réalise chaque jour que je ne suis pas faite, pas douée, pas calibrée pour. J’ai voulu arrêter, j’ai même été jusqu’à traverser la Manche mais mon plus grand malheur dans tout ça, c’est sûrement de ne pas savoir précisément ce que j’ai envie de faire d’autre. Tout ça serait sans doute plus facile si je mourrais d’envie d’être infirmière, de créer des bijoux ou de travailler dans une bibliothèque, bref, si j’avais un projet. Malheureusement, je ne sais toujours pas à l’heure actuelle ce pour quoi je suis vraiment douée ni ce qu’il me plairait de faire.

Alors non, c’est vrai, ça fait pas tellement Génération Y de dire ça, et à côté de mon tonton moralisateur, il y en a d’autres, aux yeux desquels je passe sans doute pour une soumise, parce que « moi je pourrais jamais faire un boulot qui me fait chier’annnh, impossible quoi, je préfère ne rien faire« . Et c’est bien beau, mais moi, en attendant, je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche et j’aspire à une certaine liberté (sans doute relative). Je n’ai pas oublié mes 7 mois de chômage, sans doute les pires de ma vie. Je n’ai pas oublié combien je me sentais misérable à vivre aux crochets de mon mec. Je n’ai pas oublié les journées entre mon lit et le wifi. Je n’ai pas oublié combien je me sentais seule, inutile et perdue à ce moment-là. Je n’ai pas oublié combien tout me semblait insurmontable. Et c’est aussi pour ça qu’en dépit de tous les inconvénients de mon travail, je mesure vraiment ma chance : celle de gagner ma vie, de pouvoir être indépendante et faire des projets.

Alors non, c’est sûr que le tableau n’est pas merveilleux. Mais je veux pouvoir le dire, l’écrire, librement, sans en avoir honte, et surtout devant quelqu’un de ma famille. Y compris devant un tonton relou qui me connaît à peine. Parce que mine de rien, tout cela demande une certaine forme de courage pour continuer, d’honnêteté intellectuelle pour évoluer, et d’efforts pour (vraiment) se trouver. Et que ça arrivera, j’en suis persuadée.

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Mon père croit que j’ai 10 ans.

Donc, comme tu l’auras compris en lisant le titre, pas la peine de venir me challenger dans la catégorie « famille étouffante » parce que je gagne toujours.  Mon père a dû rester bloqué dans les années 90 et croit que j’ai 10 ans pour toujours. J’ai beau être casée, avoir un job et m’assumer comme une grande, son cheval de bataille, c’est de dégoter la moindre situation où il est possible de m’infantiliser. Dernier exemple en date : la lettre aux impôts (oui parce que ces braves gens avaient commis une légère erreur en me réclamant l’équivalent de 10 SMIC alors que j’avais perçu des revenus équivalents à… ben à ceux qu’un apprenti peut toucher, c’est dire si j’étais blindée). Bref, après avoir passé environ 5 heures au téléphone et parlé à 8 personnes provenant de 3 services différents, j’ai écrit une petite lettre recommandée afin de cracher ma haine signifier ma situation. Et c’est là que, tadaaaaam, mon père a absolument tenu à la relire avant envoi. Pour quelles raisons, ça je l’ignore (peut-être pour vérifier que je savais orthographier correctement le mot « finances publiques », moi qui m’en suis farcie deux semestres à la fac, quelle ironie).

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Outre cette absence de confiance pour ce qui est des démarches administratives (je pense aussi qu’il doit régulièrement se demander si je pense à payer mon loyer), mon père pense aussi que j’ai zéro capacité niveau humain.Donc, quand je lui ai annoncé que le père de JPS se faisait opérer la semaine prochaine, il a crû nécessaire de prendre un air de prof de CP pour m’expliquer, comme si j’étais une débile, ce que ça impliquait en termes de relations sociales :

– S’il est hospitalisé, ce serait bien que vous alliez lui rendre une petite visite tu sais…

NO SHIT SHERLOCK, moi qui pensais le laisser se débrouiller tout seul et aller le voir aux alentours de Pâques ! Non, vraiment, c’est à se demander comment je fais pour mener ma vie sans que papa me tienne la main. Ou plutôt, c’est à se demander comment lui fait pour mener sa vie sans nous tenir la main. Parce que se retrouver sans enfants à la maison, à la retraite, sans passion ni amis parce qu’on a passé sa vie à croire que le travail était l’élément central de l’existence, c’est coton. Alors forcément, regarder la télé, ça va cinq minutes et on s’ennuie vite. Et dans ces moments-là, il sort la carte joker, aka : le chantage affectif.

– On se voit le week-end prochain? Ca fait teeeeellement longtemps.

« Tellement longtemps », dans son langage, c’est  8 jours. Pour des parents « normaux », j’imagine que c’est rien, mais pour le mien, c’est comme si j’étais partie servir ma patrie à la guerre. Son passe-temps préféré, c’est se plaindre qu’il ne voit « ja-mais » ses enfants (« tellement longtemps » = 8 jours, « jamais » = 2 semaines, tu suis?). Ca donne des conservations merveilleuses avec les gens dont les enfants habitent à l’étranger :

– Je vois très très trèèèès rarement mes enfants. La dernière fois, ça devait être il y a… pfiou… 15 jours au moins…
– Ah. Moi mon fils vit à Sydney, je le vois une fois par an.

Je pense que son idéal de vie serait que l’on vive tous, parents, enfants, petits-enfants, dans un corps de ferme où on serait ensemble H-24. Il kifferait qu’on soit les Ingalls, quoi. Alors prend un air de chien battu pour me faire comprendre à quel point je suis ingrate, me faire culpabiliser et flinguer mes soirées. Parce que, quoi qu’on fasse, nous les enfants, on est toujours des gros égoïstes qui n’ont aucune reconnaissance, hein. C’est finalement ça, le plus dommage : parce que quand les enfants avaient 10 ans, là au moins, on pouvait les garder sous sa coupe.

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Le résultat d’un an sans vacances.

Pfiouuuuu, je sais que je me répète à chaque article, mais : CA FAIT UN BAIL. Et pourtant, je voudrais venir écrire ici plus souvent, mais depuis plusieurs semaines, j’ai redécouvert les joies de mon amie l’Insomnie et des opérations de veille prolongée sur Twitter aux alentours de 4h du mat’ (oui parce que SI ENCORE j’étais physiquement capable de faire quelque chose de productif pendant cet éveil forcé, passerait encore, mais regarder des gifs de chatons est le seul effort que soutient mon cerveau). Du coup, cette amputation de mon sommeil me vaut d’être lééégèrement fanée le soir (comprendre : je donne ses croquettes au chat et je file m’effondrer sur mon lit).

Et malgré tout, je n’en oublie bien sûr pas d’être réactive, professionnelle et efficace au travail parce que, qu’on se le dise, non, tout le monde ne part pas en vacances au mois de juillet et l’activité ne ralentit pas dutoudutoutdutout. Ceci est une légende inventée par ma boss pour éviter de me voir partir en burn-out avant l’été.

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Bref, à croire que la politique RH en matière de congés est désastreuse parce que les gens se croient obligés de rester tout l’été et, par la force des choses, de me refiler tous les dossiers bien crevards qu’ils n’ont pas eu le temps de traiter durant l’année (« tu veux faire un CDD de 80 mois? Moui, moui, alors vois-tu, je ne suis pas certaine que ce soit possible… »). Il y a aussi ces gens qui vivent sur une autre planète (une planète où les gens partent se faire dorer les miches en juillet, probablement), j’ai nommé LES CONFRÈRES, qui veulent te faire passer 1000 ans sur un dossier qui pourrait être réglé en 10 minutes. Exemple de la notaire qui pensait que j’allais appeler tous les garages de la Seine-Maritime pour leur proposer de racheter une Twingo modèle 1992 cotée 800€ à l’Argus (t’as raison meuf, j’ai que ça à glander) (surtout pour une opération qui, temps et coûts salariaux déduits, rapporterait la somme colossale d’environ 20€).

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Du coup, je suis à 2 doigts de prononcer des incantations pour que mon téléphone arrête de sonner, les mails de pleuvoir et les relous toquer à la porte de mon bureau. Mais z’ATTENTION, grande nouvelle, je vais bientôt avoir un nouveau collègue pour m’aider. Finalement, je ne suis pas sûre que ce soit une grande nouvelle, vue la difficulté à recruter quelqu’un de bien (spéciale dédicace au candidat qui m’a prise de haut et demandé avec mépris un café avant même que je le lui propose et qui, ôôôôôôh miracle, s’est radouci en 1/4 de seconde quand il a compris que je n’étais pas assistante parce que, c’est bien connu, une assistante, tu peux lui parler comme à de la bouse, mais aux autres non).

Braiffe, avec tout ça j’aurai pas volé mes prochaines vacances avec JPS, où j’ai essentiellement prévu de glander au bord d’une piscine, manger du gras, m’enduire de crème solaire indice 50+ (toutes ces années à regarder les vidéos d’Hélène MBDF ont porté leurs fruits) et regarder les nouvelles collections de robes de mariée.

Oh, Névrose.

Pfiou les amis, je me demande si j’ai pas été recrutée avec la mauvaise fiche de poste parce qu’au boulot, je passe 1/3 de mon temps à être assistante sociale (assistante sociale forcée, précisons). Ça doit être mon éducation de petite fille baptisée et communiée : je ne sais pas rabrouer quelqu’un, même quand il est ennuyeux à mourir, même quand il passe sa vie à se plaindre… Oh wait, un peu comme ma collègue Névrose (sobriquet issu de ma méchanceté, tiens, c’est gratos).

Névrose, c’est le genre à se noyer dans un verre d’eau de la taille d’un shooter. Du genre si deux personnes lui proposent un rendez-vous à 15 heures, elle fait un mini AVC en vociférant « mais que vais-je faiiiiiire?« , il lui viendrait pas à l’idée de décaler l’une des deux. Une fois, elle a envoyé un mail en oubliant la pièce jointe et quand quelqu’un lui a fait remarquer, elle a dit que c’était du harcèlement moral.

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Le plus merveilleux, c’est sa propension à analyser TOUT ce que les gens lui disent, dans les moindres détails, pour se monter le bourrichon toute seule et trouver de nouvelles raisons de se plaindre. Ah, elle a aussi un petit pêché mignon : propager des ragots dans toute la boîte.

– Tu sais pas ce que m’a dit Isabelle? Elle part chez ses parents sans son mari pendant une semaine.
– Ah. Elle prend des vacances, en fait.
– Toute-seule-avec-son fils ! Elle doit avoir de gros problèmes de couple pour en arriver là… Je voudrais pas dire (ben ne dis pas, alors) mais ça sent le divorce… C’est comme la secrétaire du 4ème, son mari l’a trompé avec une stagiaire de son service…

Récemment, Névrose a décidé que c’en était trop du stress de la vie parisienne et qu’elle voulait s’encanailler en province parce que, c’est bien connu, l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Elle a essayé de refourguer son appart’ à tout le monde et en parlait dix fois par jour : emplacement, surface, prix, transports, interphone, impôts fonciers, j’avais l’impression d’être Stéphane Plaza. Chaque jour, j’avais le droit à une update détaillée des visites, comme si ça m’intéressait de savoir que Machin avait trouvé l’appartement lumineux ou que Untel avait apprécié le bon état des parties communes.

Je serrais les dents en tentant d’envoyer des messages subliminaux du type « j‘en ai rien à secouer » (regards insistants à ma montre, regard dans le vague, absence de réponses) mais rien à faire, elle était en B.O.U.C.L.E.

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Et puis, enfin, elle a VEN-DU sa bouse. Ce jour-là, la terre entière en a entendu parler, mais on pensait que ses interminables monologues immobiliers étaient enfin finis. Que nenni, très cher ! La veille de la signature chez le notaire, elle a débarqué en furie dans mon bureau « parce que olalalala j’ai besoin de conseils juridiques là, je streeeeeeeesse« . God, il était 9h, je venais de poser mon sac et j’avais pas encore avalé mon thé. En vrai; elle avait même pas besoin d’aide, juste de se plaindre une nouvelle fois qu’elle était stresséééééééée, que la banque avait oublié de lui donner un papier, qu’oh mon dieu que le reste du monde est méchant avec elle et que blablabla… J’étais encore plus saoulée que quand j’ai vu une mise en scène de Hamlet de 6 heures.

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Prochaine leçon de vie : apprendre à envoyer ch*** les gens.

Back dans les bacs (oui, bon, j’ai trouvé que ça)

Pfiou. Ca fait un bail que j’ai pas traîné mes guêtres par ici, tiens.

Chuis sûre que vous êtes contents de me revoir (dixit la fille qui a 0 commentaire) (j’assume) (j’avoue, j’écris plus par plaisir que par demandes hystériques de lecteurs) (je serais nulle comme Youtubeuse) (quand même, vous pourriez prendre de mes nouvelles).

Faut dire qu’il s’est passé un tas de trucs depuis la dernière fois. Déjà, ON A DÉMÉNAGÉ. Pour la 6ème fois en 5 ans, tout va bien. Fini le studio minuscule et le mec chelou de l’hôpital psychiatrique d’en face, qui nous regardait fixement en fumant sa clope (et projetait sûrement de nous tuer). On a dit adios à la vieille bique qui nous servait de propriétaire, non sans avoir essuyé sa tentative de pathos à base de « C’est teeellement fastidieux d’être propriétaire… » (non mais je comprends, avoir des appartements à Paris et des villas en Province, ça doit être dur), « Les locataires finissent toujours par s’en aller » (ben oui Mémère, c’est un peu le principe de la location).

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BREF. On a empaqueté nos affaires et j’ai fait preuve d’un optimisme inhabituel en assurant à JPStar « t’inquiètes, ça ira vite, on a trois fois rien« . Comme quoi, être optimiste, c’est tout pourri parce qu’évidemment, on avait beaucoup plus de cartons que prévu, et que, comme par hasard, on a déménagé le seul week-end du mois où il a plu.

Passons également les quelques surprises que nous réservait notre nouveau logement : un chauffe-eau où tu dois choisir si tu veux prendre ta douche ou laver la vaisselle parce qu’il est trop petit pour permettre de faire les deux dans la même journée, le peintre qui devait refaire le salon et qui a tout peint en blanc, sauf les plinthes, qu’il a laissées en jaune pisseux (le mec, ça devait le saouler d’aller jusqu’au bout des choses, il s’est dit « non, je continue pas, j’ai pas envie »), les placards qui ferment pas (JPS, si tu lis ce post, je te rappelle que tu devais les réparer).

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VOU-A-LAAA. Mais rassurez-vous, tout va pour le mieux à présent et, ça y est, on a fêté notre dernier dimanche chez Ikea (dont je connais à présent les références par coeur, vas-y, demande moi où se situent les Vulkeburg, je t’amène au rayon les yeux fermés, sans tricher).

Tout cela pour dire que je vais à nouveau inonder la blogosphère de mes passionnants récits (ma visite chez le dermato, mes débuts laborieux à l’aquagym, bref : ce que le monde attend).

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