Le jour où j’ai fait passer un entretien.

Dans les épisodes précédents, notre héroïne se retrouvait une fois de plus seule dans son taff après la démission de sa Collègue Chérie (il aura fallu 1 an pour la recruter et 9 mois pour qu’elle se barre, mais de quoi me plains-je après tout?). J’étais sincèrement triste qu’elle s’en aille (comprendre : j’ai pleuré en continu pendant tout un week-end). C’est toute l’ambiguïté de mon personnage : je suis une vraie sauvage mais quand je finis par m’attacher, c’est pour la vie (je suis sûre que ça me vaudra un biopic, tiens). Et puis elle m’avait expliqué qu’elle avait été chassée par un cabinet de recrutement qui lui avait proposé l’offre du siècle, près de chez elle, une paie avec beaucoup de zéro, c’était limite si un lutin particulier avait pour unique tâche de l’éventer dans son bureau tout en lui apportant des canettes de Ice Tea. Bref, l’aubaine. J’étais contente pour Collègue Chérie. En plus, elle a été sympa : en partant, elle m’a donné accès à sa boîte mail pro pour que je reprenne ses dossiers. C’est comme ça que le lendemain de son départ, j’ai reçu un mail disant : « Bonjour Collègue Chérie, nous avons bien reçu le CV que vous avez envoyé il y a 4 mois, pourriez-vous nous recontacter?« .

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Finalement, Collègue Chérie avait « un peu » cherché cette aubaine, sans oser me le dire. Je ne comprends pas pourquoi : pour ne pas me faire de peine? parce qu’elle n’assumait pas d’avoir fait un passage express dans la boîte? Peu importe. J’ai été peinée qu’elle n’ait pas été plus honnête, mais qui suis-je pour juger? (cette propension au non-jugement et au pardon vous est gracieusement offerte par mes années de catéchisme). Breeeeef. Il allait donc falloir lui trouver un remplaçant, et vite. Déjà, pour le « vite », c’était râpé, parce que 3 mois de préavis ne suffisent apparemment pas aux Ressources Humaines pour poster une annonce sur Linkedin :

– Vous avez recruté le remplaçant de Collègue Chérie? Parce que je veux pas vous mettre la pression, mais elle s’en va après-demain… 
– Hein, QUOI? Ah hum oui, on est euh… on est large, easy. 48 heures pour un recrutement, c’est plus qu’il n’en faut. 

Résultat des courses : j’ai dû attendre un mois de plus pour obtenir une liste de candidats. Déjà, quand tu enlèves ceux qui ne correspondent pas à l’annonce (« oui je sais que vous cherchez un ingénieur mais je suis jardinier, c’est presque pareil, y’a 2 « i » à chaque fois ») et ceux dont tu perçois clairement le profil trafiqué (aka le mec qui a 18 CV référencés sur Google, avec des expériences différentes à chaque fois), reste plus grand monde. Au milieu de ceux-là, il y avait une candidature qui ressemblait à une dissertation, avec des titres soulignés, des alinéas et tout :
I – L’objet de ma candidature : ma formation pluridisciplinaire au service de votre entreprise et du poste à pourvoir
II – Mon intérêt pour les services de votre entreprise : déterminisme ou déclinaison sociale? 

Déjà, ça semblait un poil louche. Alors, pour me rassurer (ou me faire peur, au choix), j’ai contacté une ancienne collègue qui, ô coincidence, avait travaillé dans la même boîte, à la même époque que ladite candidate. Sa réaction fut sans appel :
–   POSE CE TELEPHONE IMMEDIATEMENT, DEBRANCHE TES MAILS ET ELOIGNE TOI DE SON CV : ELLE EST CHTARBEE.

J’aurais bien voulu, mais les RH avaient déjà fixé un entretien le lendemain. Et malgré ce qui m’avait été rapporté, je me suis forcée à rester impartiale et à y aller sans a priori (le non-jugement, le catéchisme, vous vous rappelez?). Elle ressemblait beaucoup à Amélie Nothomb, elle avait la coiffure de Foresti dans son sketch « je ne suis pas folle, vous savez« , mais c’est même pas le sujet, je vous fais juste un peu de story telling. Le plan, c’était de m’entretenir avec elle pendant 1 heure avant ma directrice, pour que je puisse la tester sur le plan technique et donner un avis. C’est bien simple, j’ai eu le temps de lui poser 2 questions avant qu’elle ne m’arrête :
– Mais attendez attendez… J’ai l’impression de passer un entretien d’embauche là !

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J’ai dû lutter très fort avec moi-même pour ne pas lui demander si elle pensait qu’on l’avait fait venir pour prendre le thé dans une salle de réunion. Cherchez pas,  on lui envoie un mail intitulé « Convocation entretien de recrutement« , elle estime que « c’était quand même pas très très clair« . Tout en prenant un air condescendant parce que, c’est bien connu, se comporter comme une garce donne envie de travailler avec quelqu’un. J’ai poursuivi pendant 10 minutes pour ne pas la planter sur place (et parce que je suis coconne aussi, sans doute), j’ai dit « bon eh bien, merci d’être venue » et je suis partie.

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Et j’ai toujours pas de collègue.

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Comme le dit ce bon Serge, "je suis malaaadeuuuh".

C’est dommage que je déteste être malade, parce que je le suis la moitié de l’année.


Je me sens obligée de préciser que je « déteste » être malade, parce que j’ai appris qu’il y a des gens qui aiment ça. Tu leur dis que t’as été arrêtée 3 semaines, ils réagissent comme si tu leur annonçais que t’avais gagné la cagnotte du vendredi 13 au Loto :
         – Ouah la CHANCE ! Tu m’en donnes un peu ? Steplaît, steplaît !
C’est bien connu, pendant un arrêt-maladie, t’es tellement en forme que tu peux aller faire du shopping et regarder les 6 saisons de Sex and the city. Bullshit. Quand t’es malade, tes neurones sont engloutis par les miasmes, tu tiens sur tes jambes tel Bambi qui apprend à marcher (et quand je dis « Bambi », je parle du faon, pas de Michael Jackson, suivez un peu). Même suivre « Motus », tu peux pas, trop compliqué. Tu envisages juste de boire la solution hydroalcoolique pour voir si ça peut aussi tuer les virus à l’intérieur de ton corps.
Quand j’étais petite, j’étais hyper douillette. J’en rajoutais même un peu pour que ma maman vienne me faire des câlins et me permette de sécher l’école. J’avais un petit rhume et je le vivais comme une tuberculose. Que fait Françoise Dolto quand on a besoin d’une bonne analyse pédopsychiatrique ? Et puis un jour, je me suis faite opérer et on m’a posé des drains de Redon près de chaque rein : pas grand-chose, juste un gros tube avec un harpon au bout qui te déchire les chairs au moment de le retirer. Comme les infirmières n’arrivaient pas à le faire parce que je hurlais trop, elles ont appelé le chirurgien. Le type le moins humain de la terre. Il m’a retiré les drains si brutalement que j’ai cru que j’allais vomir de douleur. Mais lui, il était content de jouer les charcutiers :
    – Oh ben tu vois, c’était RIIEEEEN ! C’est vraiment un truc de GONZESSES de pleurer, ça ! C’est comme toutes ces femmes qui crient pendant l’accouchement, j’ai jamais compris ! De toute façon, les femmes, suffit qu’elles aient leurs règles pour qu’elles chialent !
Je l’ai écouté, je l’ai maudit, et allez savoir pourquoi, à ce moment-là, j’ai pensé très fort à Angelina Jolie. J’ignore pourquoi. Une fois j’ai raté un partiel parce que j’avais une chanson de Cauet dans la tête et que ça m’avait empêché de me concentrer pendant 3 heures. Où est Freud quand on a besoin d’une bonne psychanalyse ?
Le truc chiant quand t’es malade, c’est que tout le monde te le fait remarquer. C’est dans ces moments-là qu’il faut avoir confiance en soi et en son potentiel séduction, parce que tous tes collègues se passent le mot pour te faire comprendre que la crève te rend clairement moche :
          – Mon dieu, t’es blanche !
         –  Oui, je suis malade.
         –  Et puis tu as de ces cernes !
        –   Je sais.
        –   Non mais tu fais vraiment PEUR !
         – 

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