Farewell, dude.

Yo les petits amis ! 2015 est en train de boucler ses valises pour rentrer chez sa mémé et je ne peux m’empêcher de dresser un petit bilan. L’an dernier, c’était pas jojo, ça sentait même méchamment le Prozac (et encore, si on m’avait dit tout ce qui m’attendait…).

Par superstition, je ne dirais pas que cette année était le pire du pire concentré en 365 jours parce qu’objectivement, il y a toujours plus difficile. Mais je ne pense pas exagérer en disant que j’en ai (bien, bien chié) bavé. Malgré tout, j’en retire un tas d’enseignements, de bons souvenirs parmi les mauvais et des succès dont je peux être fière.

  • Avoir vaincu la séparation géographique avec JPS (ou « Paris-Londres pendant 8 mois ») : certainement la décision la plus difficile à prendre de toute ma vie. 8 mois d’allers-retours, de gros chagrins le dimanche soir, de manque, de solitude, de pieds froids la nuit, de découragement. Mais on a réussi. On est réunis.  Le quotidien reprend ses droits dans tout ce qu’il a de plus banal, mais aussi de plus parfait. Et on est restés une famille, comme on se l’était promis.
  • Avoir tout reconstruit après avoir tout perdu : en rentrant en France, je n’avais plus de toit, plus de meubles, plus de repères. Revenue chez mes parents, je n’avais plus rien qui m’appartenait (ouais OK, j’avais le chat), j’étais dépendante. Comme une enfant, en fait. Petit à petit, j’ai dégoté du travail, un appartement, j’ai recréé un cocon pour retrouver ma place. J’ai appris à relativiser, à cesser de chercher la perfection, à me contenter de moins. J’ai réalisé que je pouvais ressentir du bonheur même dans une situation précaire, un peu bancale, parce que le peu que j’avais, je ne le devais qu’à moi-même.
  • Avoir trouvé mon premier vrai job : après avoir posté des centaines de candidatures, désespéré autant de fois et m’être dit qu’aucun employeur ne voudrait jamais de moi, j’ai fini par trouver. Peut-être pas le job de mes rêves, mais c’est un début. Il m’a permis de dépasser ma peur de la vie active. Je fais mes premiers pas, je découvre la vie en entreprise, ses écueils, ses pièges, je me mange des claques parfois, mais j’éprouve beaucoup de satisfaction malgré tout.
  • Avoir commencé la sophrologie : sortir des bouquins et entamer de vrais cours avec une pro. Même si je ne suis pas épargnée par l’anxiété et la colère, j’ai maintenant des clés qui m’aident à les gérer un peu mieux au quotidien.
  • Avoir cultivé de vraies amitiés : je n’ai jamais eu beaucoup d’amis (soyons honnêtes, je suis associable) mais l’amitié représente pour moi un sentiment, une valeur fondamentale. Quand je suis déçue par quelqu’un, il est en général très difficile de réparer les pots cassés. Avoir été dans la mouise cette année m’a permis de distinguer ceux qui étaient vraiment présents de ceux qui envoyaient un texto tous les 4 mois. Je n’ai pas été surprise. Mais j’ai appris à prendre de la hauteur, à ne pas réagir de façon viscérale, à constater sans me faire de mal. Et à me rendre compte que j’avais, malgré des déceptions, un petit cercle de personnes merveilleuses, solides et qui m’aiment réellement.

Finalement, pour une année pareille, c’est pas si mal ! Je suis heureuse d’avoir résisté, d’avoir activité le mode « survie » et de ne pas avoir renoncé, même dans les moments les plus terribles. Je me sens si chanceuse aujourd’hui. Même si tout n’est pas parfait, même si chaque jour, je relance les dés, même si tout est une succession de mini-batailles, plus ou moins grandes. Je suis fière, apaisée et bien plus sereine qu’il y a un an. Victoire, les mecs.

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Ma (nouvelle) vie anglaise – Week #1

Cela fait une semaine que je suis arrivée en Angleterre et celle-ci fut tellement chargée que je sais à peine par où commencer. Par le plus évident, peut-être : ma rentrée à l’université. C’est sans doute ce qui m’effrayait le plus : arpenter des lieux inconnus, faire face à de nouveaux visages, étudier de nouvelles matières et, surtout, éprouver des cours en anglais. Bouais, autant dire que je ne faisais pas la fière.

Dès le premier cours, j’ai pleinement réalisé que les systèmes éducatifs anglais et français n’avaient rien à voir. En France, j’ai passé des années assise sur une chaise, à écouter un professeur parler (ou s’écouter parler, parfois). Rares sont les élèves qui osent interrompre un cours en amphi et le professeur d’université est souvent placé sur un piédestal (comprendre : il a une agrégation, pas toi, donc IL sait et pas toi). En Angleterre, il règne une proximité entre professeurs et élèves dont je n’ai pas l’habitude. Le prof, si tu l’appelles « Monsieur Machin », il rigole et se moque de toi, parce qu’il veut que tu l’appelles par son prénom. Le déroulement des cours n’est pas le même non plus : ici, on forme fréquemment des petits groupes, on discute librement, chacun donne son avis, débat. Contrairement à la France, il est inconcevable de rester 3 heures à écouter un cours sans bouger ou parler. Les anglais semblent avoir parfaitement intégré que tout individu normalement constitué a besoin de se dégourdir les jambes, de faire le vide, ou simplement d’aller prendre l’air frais, régulièrement, s’il veut rester concentré sur la durée.

Tout cela est très positif, mais bizarrement, j’ai un peu de mal à m’y faire. En même temps, après avoir passé plus de 20 ans dans un système totalement différent, c’est sans doute normal.

Le plus dur est sans doute la barrière de la langue. Même si j’ai un bon niveau en anglais, je ressens cruellement mon manque de pratique de ces dernières années. J’ai beaucoup de mal à comprendre certains accents, la manière de parler de certains. Quand nous sommes en petits groupes, je reste en retrait et j’essaie de me concentrer pour comprendre les gens. Pour quelques uns, je n’y arrive tout simplement pas. Je peux ainsi rester de (longues) minutes sans comprendre ce qui se dit. C’est bien beau de regarder des tutos maquillage en anglais sur Youtube, mais quand il s’agit de parler de sujets sérieux, tout de suite, j’ai plus de mal. J’ai également beaucoup de mal à exprimer mes idées. Quand je veux prendre la parole (parce que j’ai beau me cacher, parfois, il le faut bien…), je bafouille, je cherche mes mots, rien n’est naturel ni cohérent, former une phrase construite me demande beaucoup d’efforts. Je me dis que les autres étudiants doivent me trouver bien stupide.

Mais je sais (j’espère) que ça ira. Il y a cette nécessaire phase d’adaptation. Faire face au  décalage qui existe entre ce que l’on attendait d’une situation et ce que l’on trouve réellement. Il va me falloir être forte pour affronter les difficultés car je le savais, je l’ai toujours su : des problèmes, il y en aura forcément. Mais garder en tête qu’au vu de ma situation et malgré tout ce que je pouvais faire, rien de bien ne m’attendait en France, que j’avais ce réel besoin de partir.

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