Allô Maman Bobo.

Bon, ça faisait quand même 6 mois que mes fonctions vitales étaient bonnes, du coup mon corps a jugé qu’il était grand temps de tomber malade et qu’une solide rhino-bronchite avec crachage de poumons en règle était de bonne augure. Tout ça évidemment pile quand ma boss m’assomme de taff ras-la-tronche avec des délais plus serrés que le string de Kim K. :

– quand vous aurez fini d’étudier les 4500 pages du business plan du rachat de la multinationale concurrente, vous me ferez un rapport synthétique sur l’évolution de la législation de 1974 à nos jours.
– d’accord…
– bon c’est bon, il est fini, ce rapport ?

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Comme la station debout m’était passablement difficile vu que j’avais envie de vomir chaque fois que je posais le pied à terre, je me suis dit, une fois n’est pas coutume, tu vas rendre visite à ton médecin que tu n’as pas vu depuis 2014. Bon ben déjà c’était pas lui : il a eu l’indécence de se barrer en vacances pile pour ma visite trisannuelle, le mufle. A la place, il y avait son remplaçant, qui, visiblement, avait dû financer ses études de médecine en faisant du mannequinat, à en croire ses yeux bleu azur et ses dents parfaitement blanches.

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Bon, soyons clairs, c’est pas emmitouflée dans un pull trop large en mode Deschiens, puant le Vicks Vaporub et les yeux éclatés que je dégageais un quelconque sex appeal (JPS, si tu passes par là, de toute façon t’es le seul que j’aime).

Et donc, quand le Doc m’a dit que j’étais hyper contagieuse et que ça méritait bien plusieurs jours d’arrêt, devinez qui a répondu « ah non non, je peux pas, juste un jour ça ira, après j’ai le week-end pour me reposer » ?

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Et qui, après un jour d’arrêt et un week-end de repos est toujours aussi mal et a envie de crever sur place à l’idée de retourner au boulot demain? (bon, je remets pas le gif, mais vous êtes un public intelligent, vous aurez compris que c’est moi la bouffonne en chef).

Des fois, je me demande vraiment à quoi ça sert d’avoir de la conscience professionnelle, alors que de toute évidence, ma boss n’aura jamais la moindre reconnaissance (preuve en est ce lapidaire texto : « OK, bien noté » après que je lui ai dit que j’étais au fond du lit et que peut-être j’allais mourir). Bref, si demain je retourne au boulot en rampant, aphone, aussi essoufflée que MBDF après avoir fait la revue d’une crème hydratante, je sais que la seule chose que je récolterai, c’est une réflexion sur le fait d’avoir été en arrêt de travail pour la première fois depuis un an et demi.  Voyons les choses en face, ce n’est pas ma nouvelle collègue de boulot qui pourra me sauver la mise, vu qu’elle s’applique à faire du 10h – 17h45 alors qu’elle est encore en période d’essai, pour un salaire d’environ 2 fois le mien. Well, well, well, sur ce, je retourne analyser les traumatismes d’enfance liés à ce sentiment de culpabilité permanent (bon en fait, je vais méditer sur mon immense connerie, quoi). A plus les mecs, kiff sur vous.

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Comme un pansement

Comme un pansement.

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Le jour où j’ai refermé la porte de mon ancien stage pour la dernière fois, c’étaient cotillons, trompettes et ballons dans ma tête. La fin de six mois de stress permanent et d’angoisses qui me prenaient à la gorge sitôt installée à mon bureau. Enfin, plutôt devrais-je dire la planche de bois de 50 centimètres de long qui me servait de bureau. Le truc qui se cassait la figure si j’avais la bêtise de poser plus de deux bouquins dessus. Mais bon, je n’étais que stagiaire, alors je ne méritais pas de travailler dans de meilleures conditions.

Je n’avais jamais vécue de mauvaise expérience en stage. Jusque là, j’avais toujours été appréciée, chaudement remerciée pour le travail fourni et j’avais gardé de bonnes relations avec mes anciens collègues. Mais là, c’était tout le contraire. Six mois de cata, sans parvenir à m’intégrer et à trouver ma place. Six mois à bouffer seule pendant que les patrons mangeaient tous ensemble. Six mois à rendre du boulot sur lequel je n’avais jamais de retour (je progresse par la simple action du Saint Esprit?). Six mois à entendre « bonjour », parfois « au revoir », mais rarement plus. Six mois à faire des bourdes que je n’aurais jamais faite si je ne m’étais pas sentie aussi mal dans ce taff. C’est un cercle vicieux, en fait : être mal, donc faire mal, donc se sentir mal, etc…

Je suis donc partie soulagée en me disant que je n’aurai plus à y mettre les pieds. Manque de bol, j’avais oublié mes lunettes. Et après plusieurs mois à plisser des yeux pour voir les panneaux indicatifs, je me suis dit qu’il serait bon de les récupérer. C’était un peu comme un pansement : on appréhende longtemps de l’enlever, alors qu’il vaut mieux l’arracher d’un coup sec. Alors j’y suis allée. J’ai constaté que mon corps, lui, se souvenait très bien du malaise que je ressentais quand je bossais là-bas : à peine étais-je dans la rue où se situent les bureaux que j’ai éprouvé les mêmes sensations de chaleur, de gorge nouée, de ventre douloureux. J’ai essayé de me consoler : c’est fini ce temps là, maintenant je travaille ailleurs, je fais du bon boulot et je suis très bien intégrée. Je ne leur dois plus rien à ces anciens patrons qui ne daignaient m’adresser un regard que pour me faire comprendre que j’étais un boulet. Je ne leur envie ni leur boulot, ni leur vie.

– Bonjour Clémentine !
– Je ne m’appelle pas Clémentine…
– Ah. Bonjour euh… l’ancienne stagiaire.

Rien n’avait changé, si ce n’est qu’il y avait une nouvelle stagiaire, que j’ai plaint en silence. C’était toujours la même atmosphère, la même froideur. J’ai pris soin d’être joviale, agréable et empathique, peut-être pour leur montrer que j’étais mieux loin d’eux. Que contrairement à eux, j’avais changé en bien :

– Ton nouveau stage se passe bien?
– Oui, c’est très intéressant, je fais des…
– Oui oui mais je m’en fous, j’ai du boulot en retard là, tu me déranges !

Finalement, j’avais appréhendé pour pas grand chose. Pour quelques minutes à s’échanger des banalités, à parler majoritairement toute seule parce que, soyons francs, ils n’ont rien à faire de mon sort. Je leur ai dit « au revoir et à bientôt » tout en sachant que je ne les reverrai plus. J’ai pensé qu’ils m’avaient donné ma chance, que je remerciais pour cela, mais pas pour le reste. Y retourner a posteriori m’a permis de tirer un trait sur tout ce que j’avais éprouvé et la honte que je ressentais jusqu’alors : celle d’avoir merdé, d’être passée pour quelqu’un d’incompétent. J’ai décidé de me pardonner de tout ça et de me dire que c’était loin d’être entièrement ma faute. Et de me concentrer à présent sur ce que je peux donner de bien dans mon travail, avec des gens qui savent me le rendre, qui ont envie de m’apprendre des choses et de me permettre de progresser.

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Typologie des clients chiants

Etre stagiaire, c’est aussi tester sa patience. 
A la base, je suis plutôt patiente avec les clients. Parfois, certains me posent des questions vraiment stupides comme « bonjour, je suis bien au cabinet d’avocats? » alors que j’ai décroché deux secondes plutôt en disant « cabinet d’avocats, bonjour », mais je me retiens de le leur faire relever. Peut-être qu’ils ont peur que je feinte en changeant de version : 
  – Cabinet d’avocats, bonjour? 
– Je suis bien au cabinet d’avocats? 
– Ah non, ici on toilette des caniches, Monsieur. 
Comme l’une de mes prérogatives de stagiaire est d’assurer le standard, je me rends compte de ce que les secrétaires de métier peuvent vivre tous les jours. Et croyez-moi, les pubs dans lesquelles les nanas sourient béatement en clamant que devenir secrétaire médicale a fait de leur vie un océan de douceur, c’est de la grosse, grosse, grosse connerie
Du coup, je commence à dresser une typologie des clients, qui se décompose comme suit : 
1. L’antipathique 

Ca m’attriste de dire ça, mais celui-ci, quand on lui dit « secrétaire », il pense tout de suite « grosse dinde qui tape sur une machine à écrire ». Automatiquement, il va adopter un air condescendant et te parler comme s’il était Louis Pasteur et toi Nabilla. Certains ne prennent pas la peine de dire bonjour, je suis sûre que ce sont les mêmes qui claquent des doigts en invectivant « GARCCCOOOON ! » dans les restaurants. 
Mon préféré, c’est le vieux shnocks qui m’a demandé de répéter son nom et ses coordonnées pour voir si j’avais bien suivi. Il pensait carrément que j’avais pas été au CP et que j’allais lutter pour noter un numéro à dix chiffres. Quand je lui ai répété mot pour mot les informations qu’il m’avait données, il a presque eu l’air déçu. Mais qui va raconter à Lucette que les jeunes, aujourd’hui, sont des incapables? 
Bien sûr, l’antipathique méprise les secrétaires, mais il est plus doux qu’un Ferrero Rocher avec son avocat.
 2. Le relou 
Il appelle 10 fois par jour, pour demander la même chose. Il veut que tu lui envoies l’adresse du cabinet par mail, par fax, par sms, par télégramme, par courrier recommandé avec accusé de réception et par pigeon voyageur. 
Le relou, il te demande toujours des trucs impossibles et il pense qu’en te harcelant, tu vas céder : 
– Je voudrais un rendez-vous samedi. 
– Ce n’est pas possible, le cabinet est fermé. 
– Même à 10 heures du matin? 
– Non. 
– Je peux venir plus tôt si vous voulez. 
– Non, c’est fermé. 
– Plus tard alors? 
– Non plus. 
– Et dimanche?



3. Le trop gentil

Il a sans cesse peur de déranger, s’excuse tout le temps et voit en son avocat un type aussi intouchable que Barack Obama. Il a un peu peur d’appeler et qu’on lui dise que non, se faire battre par son père c’est pas grave, on fait quand même pas des procès pour ça aux gens. 
Le trop gentil n’a souvent pas la bonne vision du métier d’avocat, notamment au niveau des horaires :
– Je voulais parler à mon avocat, mais il est 16 heures 30, il est sûrement parti chercher ses enfants à l’école. 
Note au trop gentil : sache que ton avocat voit ses enfants le dimanche quand il a le temps, et le reste du temps quand il les croise dans le couloir en allant pisser. 

4. Le mégalo
L’égocentrique par excellence, il pense que son dossier est le seul géré par le cabinet. Tout lui est redevable, tout de suite. Il s’impatiente quand il n’a pas eu de réponse une heure après l’envoi de son mail et il ne comprend pas comment son avocat peut être absent : 
– Je suis désolée, votre avocat est en pause déjeuner.
– Non mais attendez, déjà hier je l’ai appelé à midi, vous m’avez sorti la même excuse !
La plupart du temps, le mégalo a un dossier sans importance, mais pour lui, c’est la plus grosse problématique que connaît le monde actuel. Il conteste une amende pour excès de vitesse, et il voudrait que le FBI, la CIA et tout le Ministère de l’Intérieur soit sur le coup. Dans l’ordre des priorités, il EST la priorité. Le reste, il s’en fout un peu : 
– Comment ça il assiste à la reconstitution du meurtre d’un enfant de 2 ans? Attendez, moi je vous dis qu’EDF me réclame 30 euros pour rien !

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