Mon père croit que j’ai 10 ans.

Donc, comme tu l’auras compris en lisant le titre, pas la peine de venir me challenger dans la catégorie « famille étouffante » parce que je gagne toujours.  Mon père a dû rester bloqué dans les années 90 et croit que j’ai 10 ans pour toujours. J’ai beau être casée, avoir un job et m’assumer comme une grande, son cheval de bataille, c’est de dégoter la moindre situation où il est possible de m’infantiliser. Dernier exemple en date : la lettre aux impôts (oui parce que ces braves gens avaient commis une légère erreur en me réclamant l’équivalent de 10 SMIC alors que j’avais perçu des revenus équivalents à… ben à ceux qu’un apprenti peut toucher, c’est dire si j’étais blindée). Bref, après avoir passé environ 5 heures au téléphone et parlé à 8 personnes provenant de 3 services différents, j’ai écrit une petite lettre recommandée afin de cracher ma haine signifier ma situation. Et c’est là que, tadaaaaam, mon père a absolument tenu à la relire avant envoi. Pour quelles raisons, ça je l’ignore (peut-être pour vérifier que je savais orthographier correctement le mot « finances publiques », moi qui m’en suis farcie deux semestres à la fac, quelle ironie).

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Outre cette absence de confiance pour ce qui est des démarches administratives (je pense aussi qu’il doit régulièrement se demander si je pense à payer mon loyer), mon père pense aussi que j’ai zéro capacité niveau humain.Donc, quand je lui ai annoncé que le père de JPS se faisait opérer la semaine prochaine, il a crû nécessaire de prendre un air de prof de CP pour m’expliquer, comme si j’étais une débile, ce que ça impliquait en termes de relations sociales :

– S’il est hospitalisé, ce serait bien que vous alliez lui rendre une petite visite tu sais…

NO SHIT SHERLOCK, moi qui pensais le laisser se débrouiller tout seul et aller le voir aux alentours de Pâques ! Non, vraiment, c’est à se demander comment je fais pour mener ma vie sans que papa me tienne la main. Ou plutôt, c’est à se demander comment lui fait pour mener sa vie sans nous tenir la main. Parce que se retrouver sans enfants à la maison, à la retraite, sans passion ni amis parce qu’on a passé sa vie à croire que le travail était l’élément central de l’existence, c’est coton. Alors forcément, regarder la télé, ça va cinq minutes et on s’ennuie vite. Et dans ces moments-là, il sort la carte joker, aka : le chantage affectif.

– On se voit le week-end prochain? Ca fait teeeeellement longtemps.

« Tellement longtemps », dans son langage, c’est  8 jours. Pour des parents « normaux », j’imagine que c’est rien, mais pour le mien, c’est comme si j’étais partie servir ma patrie à la guerre. Son passe-temps préféré, c’est se plaindre qu’il ne voit « ja-mais » ses enfants (« tellement longtemps » = 8 jours, « jamais » = 2 semaines, tu suis?). Ca donne des conservations merveilleuses avec les gens dont les enfants habitent à l’étranger :

– Je vois très très trèèèès rarement mes enfants. La dernière fois, ça devait être il y a… pfiou… 15 jours au moins…
– Ah. Moi mon fils vit à Sydney, je le vois une fois par an.

Je pense que son idéal de vie serait que l’on vive tous, parents, enfants, petits-enfants, dans un corps de ferme où on serait ensemble H-24. Il kifferait qu’on soit les Ingalls, quoi. Alors prend un air de chien battu pour me faire comprendre à quel point je suis ingrate, me faire culpabiliser et flinguer mes soirées. Parce que, quoi qu’on fasse, nous les enfants, on est toujours des gros égoïstes qui n’ont aucune reconnaissance, hein. C’est finalement ça, le plus dommage : parce que quand les enfants avaient 10 ans, là au moins, on pouvait les garder sous sa coupe.

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Le résultat d’un an sans vacances.

Pfiouuuuu, je sais que je me répète à chaque article, mais : CA FAIT UN BAIL. Et pourtant, je voudrais venir écrire ici plus souvent, mais depuis plusieurs semaines, j’ai redécouvert les joies de mon amie l’Insomnie et des opérations de veille prolongée sur Twitter aux alentours de 4h du mat’ (oui parce que SI ENCORE j’étais physiquement capable de faire quelque chose de productif pendant cet éveil forcé, passerait encore, mais regarder des gifs de chatons est le seul effort que soutient mon cerveau). Du coup, cette amputation de mon sommeil me vaut d’être lééégèrement fanée le soir (comprendre : je donne ses croquettes au chat et je file m’effondrer sur mon lit).

Et malgré tout, je n’en oublie bien sûr pas d’être réactive, professionnelle et efficace au travail parce que, qu’on se le dise, non, tout le monde ne part pas en vacances au mois de juillet et l’activité ne ralentit pas dutoudutoutdutout. Ceci est une légende inventée par ma boss pour éviter de me voir partir en burn-out avant l’été.

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Bref, à croire que la politique RH en matière de congés est désastreuse parce que les gens se croient obligés de rester tout l’été et, par la force des choses, de me refiler tous les dossiers bien crevards qu’ils n’ont pas eu le temps de traiter durant l’année (« tu veux faire un CDD de 80 mois? Moui, moui, alors vois-tu, je ne suis pas certaine que ce soit possible… »). Il y a aussi ces gens qui vivent sur une autre planète (une planète où les gens partent se faire dorer les miches en juillet, probablement), j’ai nommé LES CONFRÈRES, qui veulent te faire passer 1000 ans sur un dossier qui pourrait être réglé en 10 minutes. Exemple de la notaire qui pensait que j’allais appeler tous les garages de la Seine-Maritime pour leur proposer de racheter une Twingo modèle 1992 cotée 800€ à l’Argus (t’as raison meuf, j’ai que ça à glander) (surtout pour une opération qui, temps et coûts salariaux déduits, rapporterait la somme colossale d’environ 20€).

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Du coup, je suis à 2 doigts de prononcer des incantations pour que mon téléphone arrête de sonner, les mails de pleuvoir et les relous toquer à la porte de mon bureau. Mais z’ATTENTION, grande nouvelle, je vais bientôt avoir un nouveau collègue pour m’aider. Finalement, je ne suis pas sûre que ce soit une grande nouvelle, vue la difficulté à recruter quelqu’un de bien (spéciale dédicace au candidat qui m’a prise de haut et demandé avec mépris un café avant même que je le lui propose et qui, ôôôôôôh miracle, s’est radouci en 1/4 de seconde quand il a compris que je n’étais pas assistante parce que, c’est bien connu, une assistante, tu peux lui parler comme à de la bouse, mais aux autres non).

Braiffe, avec tout ça j’aurai pas volé mes prochaines vacances avec JPS, où j’ai essentiellement prévu de glander au bord d’une piscine, manger du gras, m’enduire de crème solaire indice 50+ (toutes ces années à regarder les vidéos d’Hélène MBDF ont porté leurs fruits) et regarder les nouvelles collections de robes de mariée.

A la tienne, Etienne.

Moui, donc c’est officiel, après 30 années sur cette Terre (bon, pas encore, mais je le dis pour m’habituer), rendons-nous à l’évidence : je n’aime pas rencontrer de nouvelles personnes. Enfin nuançons quand même : je n’aime pas rencontrer trop de personnes en même temps. Parce que j’ai directement en moi une sirène qui s’allume en mode « MAYDAY, MAYDAY, crash prévu dans 3, 2, 1… » et l’envie de rentrer chez moi en courant.

Un  peu comme samedi, à une soirée où je devais rencontrer la moitié des collègues de JPS. Déjà j’avais la pression parce qu’il m’en parle toujours comme ses supers amis du bureau, « Oh oh, Gudule est trop marrant », « Jean-Mi m’invite à son mariage », « Jojo m’a raconté ses rencards Tinder » et ils font comme les ados à la sortie du lycée : ils continuent à se parler sur What’s app. Bon, c’est une chance de bien s’entendre avec ses collègues, je dis pas hein, mais quand ça implique que je les rencontre, c’est la PANIQUE.

Déjà, il a fallu trouver une tenue potable, c’est-à-dire une avec laquelle je n’ai pas envie de casser le miroir en me voyant. Ça a pas l’air comme ça, mais c’est déjà une étape conséquente étant donné que j’ai accumulé beaucoup trop de bedaine (et de fesses, et de hanches) mais que, ô joie, j’ai un traitement médical qui m’oblige à être aussi bourrée d’hormones qu’un poulet en batterie, et que le sport ne m’est d’aucune aide pour perdre du poids (« si t’es fier d’être un boudin, tape dans tes mains », clap clap) .

Whatever, j’ai décidé de porter une robe Etam parce que je me suis souvenue que ma boss avait dit qu’elle m’allait bien, et des sandales nouvellement shopées une bouchée de pain chez André (un jour, je vous raconterai comment j’ai fondé une religion basée  sur le fait qu’il est rigoureusement INTERDIT d’acheter chez André ou Sephora en dehors des soldes).

Et donc, la soirée arriva. Dans un bar à vin : déjà ça partait pas super vu que j’ai horreur de ça. Parce que non, j’aime pas trop l’alcool, et c’est apparemment le 8ème pêché capital vu la manière dont les gens me regardent en l’apprenant :

– Comment ça tu bois pas d’alcool? C’est religieux, c’est ça?
– Non non, c’est juste que je…
– Et les chatons tout mignons, t’aimes pas ça non plus?– Hein?
– Et un bébé chimpanzé avec une couche, ça te dégoûte ?
– ?

Ajoutez à ça que je ne fume plus et donc, ça y est, je suis l’Ennui personnifié. Du coup, j’ai voulu en rajouter une couche quand on m’a demandé quel était mon métier, parce que « juriste », ça fait marrer personne, avouez-le,  alors j’ai fait une petite boutade et JPS m’a engueulée :

– Pourquoi tu te moques de toi? C’est très bien, comme métier !
– Non mais ça fait rêver personne…
– Mais si, mais si. T’as de la chance, t’as tous les codes que tu veux : le code civil, le code du travail, le code de la construction… T’écris des trucs comme « nonobstant », « superfétatoire », c’est super !

(Cet homme m’aime). (Mais il se rend pas compte, je crois). (Ou alors il est de mauvaise foi).

Bon bref, à mesure que la soirée avançait, que tous les taux d’alcoolémie grimpaient sauf le mien, que j’avais de plus en plus froid (parce que j’avais pas de collants sous ma robe Etam, j’ai oublié de préciser), je me rendais compte que je ne suis définitivement pas comme tous ces gens capables de tenir une conversion à un parfait inconnu comme si c’était un pote de régiment et que j’ai beau avoir bientôt 30 ans (c’est toujours pas pour demain, mais je me prépare à la dure réalité), je suis aussi timide que lorsque j’en avais 4. Et forcément, par rapport à un JPS qui attire tout le monde tant il est à l’aise et confiant, je fais tâche (au mieux), potiche (au pire). Alors quand il a été temps de rentrer, j’étais à la fois en colère contre moi-même, soulagée de retrouver un endroit familier, mais dépitée par ce que je suis. Parce que même en me forçant, je ne serai jamais vraiment à l’aise dans ces circonstances, que je préfèrerai toujours rencontrer 2 nouvelles personnes dans la chaleur d’une maison plutôt que 15 dans les tréfonds d’un bar, mais que ça, ce sera toujours incompris et mal vu.

Next time, je reste chez moi, je crois.

Farewell, dude.

Yo les petits amis ! 2015 est en train de boucler ses valises pour rentrer chez sa mémé et je ne peux m’empêcher de dresser un petit bilan. L’an dernier, c’était pas jojo, ça sentait même méchamment le Prozac (et encore, si on m’avait dit tout ce qui m’attendait…).

Par superstition, je ne dirais pas que cette année était le pire du pire concentré en 365 jours parce qu’objectivement, il y a toujours plus difficile. Mais je ne pense pas exagérer en disant que j’en ai (bien, bien chié) bavé. Malgré tout, j’en retire un tas d’enseignements, de bons souvenirs parmi les mauvais et des succès dont je peux être fière.

  • Avoir vaincu la séparation géographique avec JPS (ou « Paris-Londres pendant 8 mois ») : certainement la décision la plus difficile à prendre de toute ma vie. 8 mois d’allers-retours, de gros chagrins le dimanche soir, de manque, de solitude, de pieds froids la nuit, de découragement. Mais on a réussi. On est réunis.  Le quotidien reprend ses droits dans tout ce qu’il a de plus banal, mais aussi de plus parfait. Et on est restés une famille, comme on se l’était promis.
  • Avoir tout reconstruit après avoir tout perdu : en rentrant en France, je n’avais plus de toit, plus de meubles, plus de repères. Revenue chez mes parents, je n’avais plus rien qui m’appartenait (ouais OK, j’avais le chat), j’étais dépendante. Comme une enfant, en fait. Petit à petit, j’ai dégoté du travail, un appartement, j’ai recréé un cocon pour retrouver ma place. J’ai appris à relativiser, à cesser de chercher la perfection, à me contenter de moins. J’ai réalisé que je pouvais ressentir du bonheur même dans une situation précaire, un peu bancale, parce que le peu que j’avais, je ne le devais qu’à moi-même.
  • Avoir trouvé mon premier vrai job : après avoir posté des centaines de candidatures, désespéré autant de fois et m’être dit qu’aucun employeur ne voudrait jamais de moi, j’ai fini par trouver. Peut-être pas le job de mes rêves, mais c’est un début. Il m’a permis de dépasser ma peur de la vie active. Je fais mes premiers pas, je découvre la vie en entreprise, ses écueils, ses pièges, je me mange des claques parfois, mais j’éprouve beaucoup de satisfaction malgré tout.
  • Avoir commencé la sophrologie : sortir des bouquins et entamer de vrais cours avec une pro. Même si je ne suis pas épargnée par l’anxiété et la colère, j’ai maintenant des clés qui m’aident à les gérer un peu mieux au quotidien.
  • Avoir cultivé de vraies amitiés : je n’ai jamais eu beaucoup d’amis (soyons honnêtes, je suis associable) mais l’amitié représente pour moi un sentiment, une valeur fondamentale. Quand je suis déçue par quelqu’un, il est en général très difficile de réparer les pots cassés. Avoir été dans la mouise cette année m’a permis de distinguer ceux qui étaient vraiment présents de ceux qui envoyaient un texto tous les 4 mois. Je n’ai pas été surprise. Mais j’ai appris à prendre de la hauteur, à ne pas réagir de façon viscérale, à constater sans me faire de mal. Et à me rendre compte que j’avais, malgré des déceptions, un petit cercle de personnes merveilleuses, solides et qui m’aiment réellement.

Finalement, pour une année pareille, c’est pas si mal ! Je suis heureuse d’avoir résisté, d’avoir activité le mode « survie » et de ne pas avoir renoncé, même dans les moments les plus terribles. Je me sens si chanceuse aujourd’hui. Même si tout n’est pas parfait, même si chaque jour, je relance les dés, même si tout est une succession de mini-batailles, plus ou moins grandes. Je suis fière, apaisée et bien plus sereine qu’il y a un an. Victoire, les mecs.

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LIBERATION (comme le journal) (c’est miteux, je sais).

Mes amis, battez tambours et sonnez trompettes car je suis en V A C A N C E S ! (c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup)

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Et il était temps, parce que j’étais sur le point de casser quelques gueules au boulot (non en fait c’est pas vrai parce que 1) j’ai de mini-poignets ; 2) j’ai horreur de la violence, je me cache les yeux devant toute scène de bagarre à la télé et 3) ça va, je sais me contenir, ma mère m’a bien élevée). Il faut dire que je suis toujours la seule de mon service (because ma boss s’est cassée juste après mon arrivée, remember) et qu’apparemment, je gère teeeellement bien qu’on s’est dit que recruter quelqu’un pouvait bien attendre encore un peu (attendre mon burn-out, sans doute).

Du coup, ma vie professionnelle ces derniers mois a principalement consisté à apprendre à gérer des trucs auxquels je pige rien, c’est-à-dire à 1) masquer ma panique quand un mec ayant BAC + 25 me parle d’un projet avec des concepts tellement compliqués que je me demande si on parle le même langage ; 2) réussir  à ne pas pleurer ; 3) répondre à sa demande ; 4) prier très fort pour ne pas avoir fait n’importe quoi.

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Mais c’est fini, disais-je, je prends un break durant quelques jours et je compte bien en profiter. A la base, mon programme devait consister à me coucher à 5 heures et me réveiller à 14, glander devant les saisons 1 à 11 d’ « Une famille formidable » et à trouver des idées de déco pour le futur appart’, mais finalement, je vais jouer les baby-sitters pour mon neveu (faut dire qu’il DETESTE le centre de loisirs et qu’il fait une petite tête de koala triste à chaque fois que sa mère lui dit qu’il va y aller, alors forcément, je craque, je veux lui épargner une enfance difficile, à ce pauvre chou). Ce qui veut dire me lever à 7h30 et trouver des idées pour qu’il s’amuse (je tiens à cultiver ma réputation de tante marrante), sans toutefois allumer la télé (je veux faire genre je suis une intellectuelle, voyez?).

AH, et puis j’avais aussi prévu de passer voir ma grand-mère,  je devais lui donner son cadeau de Noël alors j’étais excitée comme un maternel ramenant un collier de nouilles à sa mère, mais il a fallu que MamieChérie décide que ce serait meeeerveilleux que se joignent à nous mon cousin (Prix Nobel de l’Egoïsme de 2007 à 2016, ne lèvera JA-MAIS un petit doigt pour t’aider, et qui compense un vraisemblable petit kiki par une GROOOOSSE moto), sa femme (Prix Nobel de la Godiche since 1991, s’habille à 40 ans comme si elle en avait 17, a le QI d’un beignet et aime plus que tout se la péter avec le fric de son mari parce que sa mère avait raison, « l’important c’est de trouver un homme qui t’entretienne ») et leurs cas soc’ de gosses (la fille a pleuré à Noël parce qu’elle a eu un Iphone 5S et pas un 6, c’est vous dire). Ah, et précisons que je les méprise depuis que Gourdasse 1ère a témoigné quelques réticences à m’inviter aux 40 ans de mon cousin « parce que ça coûte des sous, le repas » (la nana, son mari tape un salaire mensuel à 5 chiffres, non mais faites moi rire). Et j’aime beaucoup ma grand-mère, mais là, c’était trop à supporter, un après-midi entier à prendre sur moi pour sourire et être gentille avec eux, non non et non. Alors ma grand-mère est triste, ma grand-mère fait la gueule et m’envoie des textos lapidaires (et pas uniquement parce qu’elle sait pas écrire le français). Mais bon, c’est comme ça les amis, faut pas trop tirer sur la corde.

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Allez, à plus les choupinets*, maintenant que je prends du repos, je vais pouvoir recommencer à écrire ici.

* Oui oh ça va, moi aussi je veux faire comme toutes ces youtubeuses beauté qui appellent leur public « mes chaaaaats » ou « mes amours ».

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Bref, j’ai passé un entretien d’embauche.

On a beau entendre Jean-Pierre Pernault nous raconter que « trouver du travail, pour les jeunes, c’est pas facile-facile », je crois qu’on ne réalise vraiment à quel point c’est problématique qu’une fois confronté au problème. J’ai beau chercher, je vois pas comment on peut intituler une offre d’emploi « cherche juriste débutant » et demander « 3 à 5 ans d’expérience ». Toi, nouvel arrivant sur le marché de l’emploi, toi qui viens tout juste de sortir de ta fac comme un jeune oisillon viendrait de quitter le confort de son nid, sache une chose : pendant 3 à 5 ans, tu n’existeras pas, tu ne pourras prétendre à aucune position parce que, malheureux, tu aurais dû assumer un job à temps plein pendant que tu suivais tes cours. Et là, je te parle pas de tes vulgaires stages hein, parce que ça, on s’en carre : tu as pu passer des mois entiers à effectuer e-xa-cte-ment le même travail qu’un salarié, pour la somme exorbitante de 436 euros par mois (toi-même tu sais, big up à tous les larbins stagiaires de France), ça ne compte pas (ou si peu).

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Courage, copain. Courage d’une fille qui doit en être à son 200ème CV. Non mais je me plains pas hein, une fois, un recruteur a pris la peine de ME TELEPHONER pour me demander des informations supplémentaires sur mon expérience :

Ah, je vois que vous avez suivi votre Master à l’université de BeauxgossesLand, c’est un programme très réputé ! Et puis, vous avez aussi fait beaucoup de stages, vous ne prenez pas beaucoup de vacances, vous ! Non, vraiment, vous avez un très beau parcours, félicitations !
– Ça veut dire que vous allez me convoquer pour un entretien ?
– Euh non, jeune fille, tu t’enflammes un peu trop là.

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Et puis, l’autre jour, GROS MIRACLE. Je crois que mes prières à Sainte Rita ont été entendues, j’ai été contactée pour passer un entretien d’embauche. Ça peut paraître con, mais le fait que quelqu’un accepte enfin de me voir, en vrai, qu’une de mes candidatures n’ait pas terminée au fin fond d’une corbeille à papier, j’ai eu envie de pleurer de joie et d’apporter des Ferrero Rocher à la recruteuse pour la remercier (quand j’étais en 5ème, à la réunion parents-profs, la mère d’une fille de ma classe avait amené des Ferrero Rocher aux enseignants, j’avais trouvé que c’était le stade maximal de la lèche).

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Rendez-vous est donc pris et je passe les jours suivants à lire tout ce que je peux sur la boîte en question, j’arrête de dormir, je saoule JPS avec mes « tu crois que je vais y arriver ? » 50 fois par jour, je stalke la recruteuse, le DRH, le PDG, la réceptionniste,  je lis les Echos au petit déj (non, ça c’est pas vrai), je maîtrise tous les chiffres, toutes les données récentes et je parviens à me sentir prête.

Et puis, la veille de l’entretien, alors que je m’apprêtais à choisir la tenue qui me ferait directement passer pour quelqu’un de compétent, responsable, dynamique et au physique de rêve (oui, j’ai des exigences assez sérieuses, ainsi qu’une certaine tendance à l’utopisme), j’ai commencé à me sentir genre très très mal. Quelques heures plus tard, quand je me suis retrouvée la tête dans la cuvette des toilettes à vomir mes tripes, j’ai eu une pensée émue pour la quiche que j’avais mangée le midi à la cantine. Ce fut le début d’une longue et douloureuse matinée durant laquelle j’ai lutté contre l’évanouissement à chacun de mes nombreux allers-retours entre le canapé et les toilettes. Grosso modo, je devais passer mon entretien 8 heures plus tard, et j’avais la tête d’Iggy Pop après une soirée bien arrosée. Si j’avais dû passer une audition pour incarner le rôle d’une junkie sur le point de faire une overdose, laisse moi te dire que j’aurais eu le rôle direct.

A midi, quand mon corps a enfin décidé qu’il était temps de m’accorder un peu de répit, j’ai commencé une sieste. Enfin, disons que j’ai essayé : tout tournait autour de moi, je voyais le chat en double et je réussissais l’exploit d’avoir faim tout en étant écœurée. A mon réveil, vers 16 heures (H-2 avant l’entretien, donc), j’ai vidé la boîte de comprimés anti-nausées et mis à profit tous les tutoriels « maquillage anti-fatigue » que j’avais vus sur Youtube. J’ai craqué mon slip et appelé un taxi parce que, tout vaseuse que j’étais, je me sentais incapable d’affronter le métro aux heures de pointe. Pendant que la voiture roulait, je pensais alternativement : « une heure, c’est juste une heure à tenir, une heure pendant laquelle tu dois paraître en forme », « putain, putain, pour une fois que j’ai un entretien, je suis malade » et « OMG, je vais me remettre à gerber ».

Long story short, l’adrénaline aidant, j’ai réussi à jouer la parfaite petite candidate, fait des sourires, prétendu que j’allais « trèèèèès bien, merci »,  sans rendre mes tripes ni finir embarquée par les pompiers. Alors merci les hormones, merci le corps humain, et mort à la quiche de la cantine.

 (Par contre, quand je suis rentrée chez moi, j’ai aussitôt filé au lit et dormi 10 heures consécutives).

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Ma recherche d’emploi et moi.

Et c’est r’parti.

Dans mon précédent article, je te racontais que j’étais décidée à passer le concours de professeur des écoles pour enfin donner un peu de sens à ma vie. Pas de bol (une fois de plus), des contingences extérieures m’ont forcée à admettre que ce ne serait pas pour cette année. J’ai réveillé Monsieur Star une nuit pour le lui dire et on a fini par pleurer sur notre malchance, tous les deux, dans le noir.

Le jour suivant, mon bébé neveu n°1 (qui, techniquement, n’est plus un bébé puisqu’il ne fait preuve d’aucune magnanimité quand il me marave la tronche avec son épée en plastique) m’a appelée sur Skype pour me dire que « Tata, Tata, moi demain je pars à l’île Maurice » avec Papa, Maman et bébé neveu n°2 (tout excité qu’il était en me faisant des grimaces à la caméra ponctuées de « caca/prout/pipi », son entrée en maternelle étant synonyme d’entrée dans l’âge bête). Pour la première fois, j’ai dû me mordre les lèvres pour rester digne, ne pas fondre en larmes et lui balancer  » TATA FRÔLE LA DÉPRESSION, TU SAIS PAS CE QUE C’EST MAIS C’EST NORMAL T’AS QUE TROIS ANS ». A la place, j’ai vérifié qu’il avait bien emporté ses brassards et sa crème solaire dans ses bagages, il m’a dit « oui », j’ai dit « c’est bien », j’ai fait une blague pas marrante et je lui ai souhaité bonnes vacances.

Depuis, je suis à nouveau abonnée aux offres de jobs, je me renseigne même sur les concours de la fonction publique (achevez moi), et je repars en quête d’un poste de juriste en France. Parfois, ma mère tente de m’aider en m’apportant des idées très innovantes du genre « tu devrais aller sur un site qui s’appelle Monster, c’est pas mal ».

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Are you kidding me?

Comme bon nombre de jeunes diplômés qui recherchent un emploi (j’exclus les ingénieurs, vous êtes une bande à part, le monde entier vous veut), j’ai le sentiment qu’on ne veut pas de moi et que je ne parviendrai jamais à décrocher un job. Je sais que la conjoncture y est pour beaucoup, mais il reste difficile de ne pas se laisser envahir par le vide, l’impression d’être inutile et de ne rien valoir. J’ai fait 8 ans d’études, travaillé tous les étés depuis que j’ai 19 ans, accumulé les stages et les références, et pourtant, je me prends refus sur refus sans même avoir décroché un seul entretien. Et en même temps, quand une annonce a pour titre « Recherche juriste JUNIOR » et énonce comme critère « 3 à 5 ans d’exp. », il y a effectivement de quoi se demander par quel miracle j’arriverai à décrocher mon premier emploi.

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Malgré tout, j’essaie de ne pas me laisser aller. Si si, vraiment. Je pars en quête de spiritualité, j’essaie de trouver le positif dans ce qu’il me reste. Les petits bonheurs ne sont pas nombreux en ce moment, alors c’est d’autant plus facile de les repérer. Comme quand je regarde l’homme le plus amoureux que j’aie jamais vu, la pêche qu’il a quand il rentre retrouver celle qu’il aime et comme ces deux-là sont soudés. Et que je réalise que ces deux-là, c’est nous. Que l’on est tellement solides. J’aime avec une telle force que finalement, je l’ai, l’important.

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