(en vrac) (mariage, respect et bouffe)

Je n’ose commencer ce post par un « ça fait un bail que j’ai pas écrit », ça pourrait devenir une habitude, même si effectivement, ça fait un bail que j’ai pas écrit. Mais bon, après tout, est-ce ma faute si j’ai une vie palpitante et si je dois accomplir des tâches de premier plan comme faire un benchmark de pralines pour le mariage (ça, c’était pour donner du grain à moudre à ceux qui se croient anticonformistes en clamant que le mariage, c’est so riiiiing’ et qu’ils ne voient pas l’intérêt. Tût tût les rageux !).

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Comme je ne sais pas par où commencer et qu’il n’y a ni ordre ni lien à ce que j’ai à raconter, on va revenir à la bonne vieille technique des bullet points (« boulettes points » comme dirait ma patronne) :

  • Ma patronne justement. Ces derniers mois, elle me donne de nouvelles responsabilités à haut risque telles que rédiger des courriers parce qu’elle a la flemme de le faire elle-même ou constituer des dossiers de 800 pages qu’elle ne lit jamais. Son argument de choc? « Vous rédigez si bieeeeeen, vous avez un réel tâââââlent, vous n’avez jamais pensé à faire Science Pôôô? » (elle pense sûrement que les sirènes du compliment vont susciter chez moi une soudaine inclinaison à faire les basses besognes).
    En vrai, j’ai surtout le syndrome de la bonne élève qui ne sait pas dire non, et je crois que mes collègues l’ont vite compris. Mon défi en ce second semestre 2017 : apprendre à envoyer bouler fermement et proprement. Et justement, j’ai eu mon premier exercice pratique (cf. point suivant)
  • L’autre jour, j’étais en réunion avec Jean-Mi du marketing et sa clique, et Jean-Mi, qui aime se faire mousser en balançant des vannes à la Guy Montagné, a fait une remarque devant tout le monde sur… mon salaire. Comme ça, pour rien, gratos, tiens voilà c’est cadeau. Ah ben c’est sûr qu’à côté de Jean-Mi, qu’on engraisse d’un salaire annuel à 6 chiffres, je fais petite joueuse. J’aurais dû acheter mon diplôme dans une école de commerce à 30k/an et faire des pince-fesses, moi aussi à l’heure qu’il est, je pourrais me foutre de la gueule d’une collègue sous prétexte qu’elle a 20 ans de moins et des seins. Mais bon, je ne suis pas Jean-Mi, mon métier ne consiste pas à inviter des gens à bouffer et à les ajouter sur LinkedIn.
    Bref, il se gausse donc de mon salaire (dont il ignore le montant by the way) et je reçois ça en pleine figure, complètement paralysée et sous le choc. Je fulminais à tel point que j’avais des plaques rouges sur la moitié du corps (la dernière fois que j’ai autant enragé, c’est quand une ancienne consoeur m’a filé ses écritures à 2h du mat’ la veille d’une audience).
    Et ce fut ma première mise à l’épreuve. Avec sa réflexion de gros beauf qui se croit spirituel, Jean-Mi m’a poussée dans mes derniers retranchements. Il est devenu évident que je devais me protéger. Et la première des choses à faire, c’était de répliquer. Quelques heures plus tard, une fois calmée (merci à mon collègue D. d’avoir supprimé les objets contondants de mon bureau), j’ai envoyé un mail à Jean-Mi. Concis, incisif et ce qu’il fallait de méprisant pour lui dire qu’à l’avenir, il garderait ses remarques philosophiques pour sa grand-mère. Ca a marché. Jean-Mi ne me dit plus bonjour dans les couloirs (grosse grosse perte) mais j’ai retrouvé un peu de fierté. Ce n’est qu’un début, ce n’est pas grand chose, mais j’ai retrouvé un peu de dignité.

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  • Sur un sujet plus léger (parce que booooon, je sens que j’ai cassé l’ambiance), on a enfin goûté le repas du mariage et quand je dis « on » c’est-à-dire parents included (jusqu’ici, on s’était bien gardé de leur demander leur avis sur un quelconque aspect du mariage, principalement parce que si on avait fait ça, je me marierais sûrement dans le château de Cendrillon avec DJ Serge Reggiani). Mais je savais que le repas, c’était important pour eux, et puis JPS voulait constituer un comité de sélection parce qu’il savait que si ça ne tenait qu’à moi, on mangerait des coquillettes au beurre avec des nuggets. Bref, comme mes parents me demandaient toutes les semaines « quand est-ce qu’on goûte, quand est-ce qu’on goûte, quand est-ce qu’on goûte? », je pensais qu’ils seraient un peu saucés. J’avais vu trop ambitieux, je crois :
  • – Mardi soir? Ah non, je peux pas.
    – Pourquoi?
    – J’ai mon cours d’anglais.
    – Mais Maman, t’es bilingue ! Je comprends même pas pourquoi tu prends des cours d’anglais !
    – Et puis j’ai déjà séché y’a trois semaines à cause de la kermesse de ton neveu. 
    – Tu sèches pour la kermesse de l’école maternelle mais pour mon mariage non?
    – C’est parce que je tenais un stand et je devais préparer un gâteau. 

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  • J’ai enterré ma vie de jeune fille. Enfin je dis ça, mais tout le monde sait que je resterai à jamais une jeune fille, que j’aimerai toujours les paillettes et les figurines en pâte fimo à 70 ans, et que je ne dirai jamais non à des oursons en guimauve. En vrai, c’était surtout un prétexte pour faire un week-end avec mes meilleures potes et avoir les nanas que j’aime le plus dans une même pièce. J’avais fait jurer à Camcam de ne pas me déguiser une lapine Playboy ou de me faire récolter des numéros de téléphone d’inconnus. Sur le plan du strip-teaser, je craignais pas grand chose : je savais que de toute façon, elle aurait bien trop honte de téléphoner. Ce fut doux, tranquille (sauf quand j’ai conduit un bateau et que j’ai clairement failli faire un remake du Titanic). En plus ma copine Fiona m’avait ramené une cargaison de chocolat suisse. J’ai trouvé merveilleux de les voir réunies, toutes différentes, avec des parcours et des vies sans comparaison possible, rire, apprendre à se connaître pour certaines. Je me suis sentie reconnaissante et fière de ces amitiés là, solides. C’était bienveillant, c’était simple, c’était naturel. C’était précieux. 

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(Wedding post) / J’ai le mari et les pompes, c’est déjà pas si mal.

En fin de compte, c’est pas si compliqué d’organiser un mariage. Certes, j’appréhendais un peu la préparation (mon optimisme légendaire, tout ça) à force de lire sur des forums des messages du genre « help, je me marie en 2019, et nous n’avons toujours pas défini la couleur des naperons et des chemins de table » (mais qui met des naperons et des chemins de table en 2017 déjà?). Bon, je dis pas qu’il m’arrive jamais d’avoir des sueurs froides quand j’ouvre le fichier Excel de nos dépenses, mais après tout, même s’il nous reste 0 économie, AND SO WHAT, est-il absolument nécessaire de se nourrir ?!

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Donc alleluia, cette semaine, j’ai coché 3 choses de plus sur la liste interminable des choses dont on pense ne jamais arriver à bout mais en fait si, à savoir :

1- Les chaussures : des mois entiers à Googler « chaussures paillettes », dans toutes les occurrences et dans toutes les langues, ça devenait un emploi à plein temps je vous dis. Après avoir éliminé les pompes de drag queen et les Jimmy Choo à 800 balles, j’ai songé un temps au DIY « bombez vos escarpins de colle glitter UHU » avant de me rappeler à quel point j’étais incompétente en travaux manuels. Bref, je finissais toujours par tomber sur d’obscurs sites asiatiques commercialisant des contrefaçons à 9 euros (pour ce prix-là, l’anthrax vient avec) et j’ai plusieurs fois invoqué l’esprit de Carrie Bradshaw pour me venir en aide.

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Ah, et pour votre parfaite information, la paire que porte Carrie Bradshaw à son mariage coûte 860 boules.

Finalement, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et j’ai embarqué Camcam pour faire les magasins (j’avais besoin d’un soutien moral car, disons-le, je commençais à me chauffer pour débarquer en Crocs – pailletées, of course). La suite, je vous la fais courte, enfin plus courte que cet après-midi où on a fait 10 boutiques pour finalement ressortir avec la toute première paire sur laquelle j’avais flashée. (Ma mère les déteste). (Je m’en fous). (Penser que j’allais porter des sandales blanches, c’est bien mal me connaître).

2. Les faire-parts : curieusement, c’était une étape bien bien reloue alors que je pensais que ça passerait comme une lettre à la Poste.

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(Lettre/Poste/Faire-part, t’as compris?) (Jeu de mots, Ramuchooo) (Hommage à ma grand-mère) #bigdil

L’industrie du faire-part, c’est quand même un truc curieux, parce que dès que tu veux sortir du traditionnel :

« Monsieur et Madame le Colonel Edmond FERRAND DE LA RISSAUDIERE,

Monsieur et Madame Charles-Patrice DE RESNAY DE SAINT MICHEL, Chevalier de la Légion d’honneur,

ont la joie de vous annoncer le mariage de leur enfants, Edouard et Cunégonde »

eh ben ACCROCHE-TOI A TON SLIP. J’avoue, je suis un peu la Kim Jong-un du faire-part, je ne tolère ni papillons, ni rose, ni dentelle, ni petits coeurs partout, ni papier irisé, ni arabesques, soit 95% de ce que propose l’internet mondial. Ca nous aura valu d’intenses débats avec JPS et à la fin, on était tellement saoulés qu’on a songé à envoyer une invitation Google Calendar à tout le monde.

Anyway, on a fini par s’entretuer trouver un accord et une fois les fameuses invits reçues, il a fallu aller les poster (on en revient toujours à cette histoire de lettre à la Poste, vous remarquez).

Alors c’est fastoche pour les invités vivant en France, mais on avait surtout une bonne vingtaine d’invits à envoyer à l’étranger, et c’était quasiment JAMAIS le même pays. Dooooonc je me rendis joyeusement à la petite borne « affranchissement » de la Poste pour timbrer tout ça, parce que je sais pas si vous connaissez le tarif pour St Barth mais moi non (ouais, j’ai un ami qui habite à Saint Barth, il connaît même Johnny mais je raconterai ça une autre fois).

Et c’est là que les réjouissances commencent. Parce que pour commander une vignette, il faut:
– cliquer sur « Affranchir une lettre »
– puis sur « Monde »
– taper le nom du pays
– cliquer sur le nom du pays
– valider le nom du pays
– peser la lettre
– choisir si on veut un envoi simple, suivi ou par pigeon voyageur
– choisir le nombre d’étiquettes
– re-valider à nouveau
– choisir « affranchir un autre envoi »
et ainsi de suite pour chaque pays. VINGT FOIS DE SUITE DONC
En plus, avec mes petits doigts boudinés, j’avais tendance à appuyer sur les mauvaises touches, du coup ça faisait « JABON », la borne ne reconnaissait pas le pays et j’étais là « mais J-A-P-O-N bordel à nouilles, JA-POOOON », parce que franchement, à une lettre près, elle pourrait s’en douter.

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J’ai mis une bonne demie-heure à tout commander, puis j’ai enfin validé et un code de carte bancaire plus tard, la borne a commencé à imprimer les vignettes. Et là, c’est le drame : Y’AVAIT PAS LE NOM DES PAYS DESSUS. Et évidemment, j’avais pas retenu les tarifs exacts pour chaque destination, je me souvenais seulement m’être dit « ah ça va, c’est pas si cher la Nouvelle-Zélande vu la distance, je devrais écrire plus souvent à Thomas », mais c’est tout.

Du coup, j’ai dû à nouveau simuler une commande, avec la borne et mes doigts boudinés, et noter un à un les tarifs. J’ai jamais passé autant de temps à la Poste, mais voyons le côté positif : je pense que je peux maintenant demander une VAE affranchissement.

3 – La coiffure :  bon, en vrai, ce point n’est pas du tout réglé. Déjà parce que je ne trouve pas le sujet passionnant en soi et que même quand je me motive pour me faire un super brushing, j’ai l’air d’un bobtail une heure après. Ensuite parce que la grande tendance chez les mariées en ce moment, c’est la couronne de fleurs : déjà que je me marie à la campagne, autant dire que je souhaiterais limiter le côté Caroline Ingalls.

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J’ai quand même poussé la porte du salon de Léon, le coiffeur de ma belle-mère, « celui qui est homosexuel mais qui coiffe très très bien » (2017, oui, on est en 2017). On a commencé à discuter et au bout de 5 minutes, il me racontait la vie de la moitié du village :

– Madame Cresson, que j’ai coiffée pour son mariage, elle a trompé son mari le soir même de leurs noces ! (nb : A partir de là, je me suis jurée de ne jamais rien dévoiler de personnel à Léon).

Direct, il a semblé comme pris d’une révélation divine, il m’a regardée attentivement et m’a dit « aaah, j’ai une idée qui me vient tout de suite en vous regardant, quelque chose qui vous irait SU-PER bien ». Moi, j’avais glâné 2-3 photos sur Pinterest sans grande conviction, et il avait l’air si inspiré que j’ai dit « banco, you can do what you want, what you really really want ».

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=> Leçon à retenir : arrêter de faire confiance aux inspirations des gens qui ne me connaissent pas.

C’était pas vilain, hein. Mais Léon, en tant que coiffeur, il doit lire « Gala » et « Point de vue » toutes les semaines, ça doit influencer son travail et du coup il m’a fait un chignon dans le style « Tatiana épouse le Prince Philip de Suède », qui ressemblait à tout sauf à moi. Même JPS m’a pas reconnue :

– Non mais c’est bien fait hein…
– Ca va, je compte pas garder cette coiffure pour le jour du mariage
– Ah ouf, tu me rassures !

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Retrouvez-moi en jogging le jour du mariage

L’autre jour, ma mère, Camcam et moi, on avait rendez-vous pour que je réessaie ma robe de mariée. J’étais impatiente parce que la dernière fois remontait au début de l’année et « robe de mariée », c’était beaucoup dire, vu que j’essayais une toile, c’est-à-dire un pseudo tee-shirt grossièrement découpé dans un tissu qui se rapproche de la toile de jute. Cette fois, ça devenait un peu plus concret : le couturier avait pris les mesures de chaque recoin de mon corps y compris mes aisselles (il a forcément dû constater à quel point je suis bombasse),  j’allais enfin voir le résultat. Et le résultat, je l’ai vu, parce qu’à peine la robe enfilée, je me suis mise à chialer, au point que Camcam a dû me filer ses deux paquets de mouchoirs et me prêter sa Ventoline. J’avais l’impression d’avoir des seins encore plus gros qu’à l’accoutumée (merci la génétique familiale), des fils pendaient de partout et j’avais juste l’air ridicule et déguisée. Là, j’ai supplié le couturier de changer de modèle, parce que j’étais moche et que JPS le penserait sûrement aussi.

Et puis je me suis réveillée.

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Donc ça, c’est moi depuis bientôt deux mois.  Alors oui, j’en conviens, il y a des choses plus importantes dans la vie surtout en ce moment (je pourrais potentiellement être amenée à me marier devant le portrait d’une sorcière blonde, mais dans ce cas, JPS et moi on a convenu qu’on décalerait le mariage de 5 ans).

Il faut dire que ma mère n’arrange pas les choses. Ma mère, c’est la Prêtresse du Doute niveau 115 et croyez-moi qu’en la matière, elle pèse dans le game. Et comme en plus, elle est du genre  »  »  »  »  » « légèrement »  »  »  »  »  » anxieuse (et c’est comme les gros seins, j’ai eu ça en héritage), rien de mieux que de reporter ses angoisses existentielles sur ma personne. Du coup, le dernier truc qu’elle ait trouvé, c’est de me montrer les photos qu’elle a prises lorsque j’essayais d’autres robes que la mienne :

– Elle était belle celle-ci aussi… Tu la trouves pas mieux que celle que t’as choisi finalement? Non quand même, tu es sûre d’avoir bien réfléchi? Parce que là t’étais vraiment canon. T’es bien sûre de toi hein? hein? hein? HEIN?

(Non, je ne suis pas sûre de moi, et franchement, tout ça me perturbe).

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Craquage nerveux in process

Le temps passe passe passe et beaucoup de choses ont changé comme diraient Jacky et Ben-J, mais une chose persiste : ma bronchite, dont nous célébrons la 4ème semaine d’existence. Pour fêter ça, mes allergies à l’ensemble des arbres et pollens recensés dans le Larousse jardinage reviennent, et j’ai aussi hérité d’une conjonctivite. Bref, reniflante, le nez pelé et borgne, laissez-moi vous dire que mon potentiel séduction est à son maximum.

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Bon mais à part cracher mon appareil respiratoire, j’essaie aussi de travailler, et parfois je me demande à quoi ça sert vu que de toute façon, un client, ça n’entend que ce que ça veut. Exemple : les deux types qui sont venus y’a 6 mois (je les appelle Minus et Cortex parce que l’un est petit et trapu et censé être le cerveau du duo, alors que l’autre est grand et tout maigre, il acquiesce bêtement à tout ce que dit son pote et il a 0% de libre arbitre) pour une histoire de travaux avec un entrepreneur. Je leur ai dit que j’avais besoin de lire le contrat pour être en mesure de donner un avis (tu demandes pas à un médecin de faire un diagnostic sans t’ausculter), et rien que ça, ça a pris 8 semaines parce qu’en 2017, c’est apparemment très technique et complexe d’envoyer un mail avec pièce jointe.
Ensuite, leur contrat, je l’ai lu, c’était une grosse daube, je leur ai dit « non non non, signez pas ça, si les travaux merdent ou prennent trois siècles de retard, vous pourrez JAMAIS être indemnisés ». Ils m’ont demandé si j’étais sûre, si y’avait pas moyen de, non parce que quand même, et je leur ai répété nein nein nein, signez pas, c’est une grosse arnaque.

Et devine qui a signé quand même parce que « bouaaaarf, on prend le risque, de toute façon, ce genre de trucs n’arrive JA-MAIS  » ?

Et qui revient maintenant me dire que « c’est la cata, les travaux vont avoir minimum 8 mois de retard, ils se sont trompés sur les plans, ils ont construit des chiottes en plein milieu d’une salle de réunion » (sans déc, même moi qui sais pas lire une carte, je serais pas aussi nulle) et qui me demande si, par hasaaard,  « juridiquement je connais quelque chose à faire » (je suis pas magicienne) (bien fait) (essaie un cierge à Ste Rita, t’as p’tètre une chance).

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Sinon, dans la série « je pisse dans un violon », parlons du client qui nous a envoyé un chèque et, pas de bol, le chèque s’est fait intercepter sur le chemin postal, un malfaisant a rayé « à l’ordre de Mademoiselle Hortensia » pour écrire à la place  « à l’ordre de Bidule Chouette » et encaisser 300 euros tout chauds. Bon, ben c’est dommage, mais j’y peux rien, moi-même j’ai un colis en attente depuis 4 mois à la plateforme Briard que j’arrive pas à débloquer alors voyez-vous, je n’ai pas mes entrées à la Poste. Donc j’ai conseillé au client susmentionné d’aller porter plainte s’il voulait se faire rembourser par son assurance, mais il avait décidé que c’était à moi d’y aller, et il a fallût que je m’y reprenne à cinq fois pour lui expliquer que je n’étais pas le tireur du chèque et que ça ne servirait à rien (au départ, il a vaguement menacé d’appeler 60 millions de consommateurs et puis il a dû faire une rapide recherche Google et voir que j’avais raison, la foi en l’internet est plus grande qu’en quelqu’un dont c’est le métier, que voulez-vous).

Cet épisode passé, ma boss, qui pense sans doute que je m’ennuyais le week-end, m’a proposé de venir également travailler le samedi :

– On pourrait faire plein des choses le samedi ! Organiser une course en sacs, vendre des gâteaux, ranger les dossiers…Qu’en pensez-vous, ça peut être bien, non ?

Sans complément de salaire ni jour de rattrapage, bien évident. De toute évidence, de longues semaines sans interruption devant l’écran de son ordi l’ont empêchée de voir qu’on avait inventé un truc pratique appelé CODE DU TRAVAIL. J’ai dû user de toute la diplomatie du monde pour lui expliquer que j’avais ce qui s’appelle UNE VIE après le boulot, avec plein d’activités passionnantes pour la remplir (même si mon activité principale, c’est choisir les faire-parts de mariage avec JPS, mon rôle consistant surtout à critiquer les nombreux modèles niais/moches/ringards que je vois, ça prend du temps).

Bref, comme vous pouvez le constater, je suis sur les rotules, vous pouvez m’envoyer des Shoko-bons pour me réconforter (pas trop, parce que ça vaut 2 points WW) ou, à défaut, des bisous, je prends aussi. A plus guys.

bye

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Allô Maman Bobo.

Bon, ça faisait quand même 6 mois que mes fonctions vitales étaient bonnes, du coup mon corps a jugé qu’il était grand temps de tomber malade et qu’une solide rhino-bronchite avec crachage de poumons en règle était de bonne augure. Tout ça évidemment pile quand ma boss m’assomme de taff ras-la-tronche avec des délais plus serrés que le string de Kim K. :

– quand vous aurez fini d’étudier les 4500 pages du business plan du rachat de la multinationale concurrente, vous me ferez un rapport synthétique sur l’évolution de la législation de 1974 à nos jours.
– d’accord…
– bon c’est bon, il est fini, ce rapport ?

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Comme la station debout m’était passablement difficile vu que j’avais envie de vomir chaque fois que je posais le pied à terre, je me suis dit, une fois n’est pas coutume, tu vas rendre visite à ton médecin que tu n’as pas vu depuis 2014. Bon ben déjà c’était pas lui : il a eu l’indécence de se barrer en vacances pile pour ma visite trisannuelle, le mufle. A la place, il y avait son remplaçant, qui, visiblement, avait dû financer ses études de médecine en faisant du mannequinat, à en croire ses yeux bleu azur et ses dents parfaitement blanches.

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Bon, soyons clairs, c’est pas emmitouflée dans un pull trop large en mode Deschiens, puant le Vicks Vaporub et les yeux éclatés que je dégageais un quelconque sex appeal (JPS, si tu passes par là, de toute façon t’es le seul que j’aime).

Et donc, quand le Doc m’a dit que j’étais hyper contagieuse et que ça méritait bien plusieurs jours d’arrêt, devinez qui a répondu « ah non non, je peux pas, juste un jour ça ira, après j’ai le week-end pour me reposer » ?

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Et qui, après un jour d’arrêt et un week-end de repos est toujours aussi mal et a envie de crever sur place à l’idée de retourner au boulot demain? (bon, je remets pas le gif, mais vous êtes un public intelligent, vous aurez compris que c’est moi la bouffonne en chef).

Des fois, je me demande vraiment à quoi ça sert d’avoir de la conscience professionnelle, alors que de toute évidence, ma boss n’aura jamais la moindre reconnaissance (preuve en est ce lapidaire texto : « OK, bien noté » après que je lui ai dit que j’étais au fond du lit et que peut-être j’allais mourir). Bref, si demain je retourne au boulot en rampant, aphone, aussi essoufflée que MBDF après avoir fait la revue d’une crème hydratante, je sais que la seule chose que je récolterai, c’est une réflexion sur le fait d’avoir été en arrêt de travail pour la première fois depuis un an et demi.  Voyons les choses en face, ce n’est pas ma nouvelle collègue de boulot qui pourra me sauver la mise, vu qu’elle s’applique à faire du 10h – 17h45 alors qu’elle est encore en période d’essai, pour un salaire d’environ 2 fois le mien. Well, well, well, sur ce, je retourne analyser les traumatismes d’enfance liés à ce sentiment de culpabilité permanent (bon en fait, je vais méditer sur mon immense connerie, quoi). A plus les mecs, kiff sur vous.

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Le quart d’heure autocentré de la future mariée

Alors je sais, j’avais promis d’éviter de briser les nerfs de tout le monde en parlant « mariage », « mariage », « mariage », comme si ça intéressait d’autres gens que mon mec et moi, mais il est à présent essentiel pour ma santé mentale que j’évacue mon stress par l’intermédiaire d’une méthode saine. Alors j’ai d’abord pensé à grignoter mes cheveux un à un, et puis je me suis dit qu’on avait quand même déjà fait plus sain dans la vie. J’ai aussi pensé à acheter une toile vierge pour y coucher mes angoisses, mais comme je dessine comme un moyenne section de maternelle, là encore ce serait juste nul. Alors voilà, pas de bol, ça tombe sur vous.

Alors jusqu’à présent, les préparatifs, c’était trop fastoche (ou « fastouche », si tu te la pètes). J’ai regardé toutes les saisons de « 4 mariages pour 1 lune de miel », je suis super calée en papier crépon et en buffet campagnard. On a même trouvé un super DJ qui a réussi haut la main mon terrible questionnaire maison :
– Vous passerez du Britney?
– Si vous voulez.
– OK, très bien.Et les Spice girls?
– Euh, ben si ça vous fait plaisir, pourquoi pas…
– Super. Autre question : partenaire particulier cherche quoi?
– Euh… une partenaire particulière ?
– BRAVO ! Et pour finir : vous comptez faire des animations genre parler très fort dans un micro, imiter Frédéric François ou faire des jeux de mots sur nos noms de famille?
– Ah non, moi j’approche pas du micro.
– Parfait, vous êtes engagé.  

Après plusieurs journées d’errance, j’ai même réussi à choisir ma robe de mariée. Ce qui n’a pas été une mince affaire puisque oui oui, j’avoue, j’y pense depuis très longtemps, c’est mon petit côté princesse ayant trop regardé Hélène et les garçons. Le couturier est très, très gentil. Très patient aussi. Même si je sens bien qu’il se retient de me mettre la tête dans les toilettes quand je demande à réessayer un truc pour la 3ème fois.  Des fois, il me fait flipper aussi :
– Ca va, vous cauchemardez pas trop?
– Comment ça?
– Les mariées font souvent des cauchemars, surtout sur leurs robes… Elles rêvent qu’elles l’oublient ou qu’elles sont moches dedans. Pas vous?

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Voilà-voilà ,merci Copain, depuis cette conversation ça va faire une semaine que je me réveille toutes les nuits en transpirant. Et là, toutes les angoisses sont permises, avec, par ordre alphabétique : Avoir l’air méga cruche, Etre moche, Que mon mec se dise « bof » en me voyant arriver, Regretter de ne pas avoir choisi un autre modèle et Ressembler à une mariée de « 4 mariages pour 1 lune de miel ». Boooon, ben on est bien bien bien, là.Plus qu’une moitié d’année à faire des insomnies, c’est bon, je peux le faire. Bon allez, je vais aller peindre mes cheveux, et puis je reviens.

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Hello 2017.

Youhouuu, bonne année les djeun’s ! Alors certes, je ne suis pas spécialement en avance, mais je pourrais déployer toute ma vieillerie pour vous rappeler qu’on a jusqu’au 31, non mais.

Vous connaissez mon côté timoré, je ne vais pas partir dans de grandes envolées lyriques à base de « je vous souhaite amour, gloire et beauté, et aussi de gagner à l’euromillion », non. Si on passe une année tranquille, avec de bons moments de temps à autre pour l’égayer, ce sera déjà très bien. Alors je vous souhaite plein de petits déjeuners au lit, des dîners de retrouvailles avec vos amis, une peau pas trop grasse, de retrouver de l’argent dans les poches d’un manteau, de lire des bouquins géniaux, d’apprendre un ou deux trucs nouveaux, de réussir à vous aimer un peu si vous avez du mal, d’avoir une personne sur qui compter, de manger une fondue cet hiver, de décrocher un peu des réseaux sociaux, de vous réveiller en plein milieu de la nuit et de vous apercevoir que vous avez encore 4 heures de sommeil devant vous, de vivre un moment de quiétude devant un beau paysage, de prendre beaucoup d’apéros, de rencontrer des gens sympas et de ne pas choper la grippe cet hiver.

Pour ma part, je compte bien essayer de m’accepter un peu plus (car comme le dit  Natasha St-Pier : « comme tout le monde, j’ai mes défauts »), aller enfin boire un verre avec Anna, lire beaucoupbeaucoup et surtout, vivre un suuuuuper mariage.

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Cependant, rassurez-vous, je compte bien éviter de pondre des articles où je m’interroge tour à tour sur la couleur des fleurs et la typographie des faire-parts. Je ne suis même pas en mesure de publier un billet « robe de mariée » parce qu’après en avoir essayé au moins 50, je vous annonce que pour le moment, j’y vais en slop. Et puis, de manière générale, j’hallucine un peu en parcourant les forums sur le mariage (oui, je sais, j’ai bien changé) en lisant des posts du type : « ma demoiselle d’honneur ne s’intérèsse pas du tout a mon mariage (nb : déjà, je pige pas le concept d’avoir une demoiselle d’honneur de plus de 10 ans, mais ça c’est moi), elle refuz de porté une robe vert d’eau comme les otres (nb : là encore, j’ai du mal avec le fait d’imposer à mes amies de porter une couleur, justement parce que ce sont mes amies et qu’elles font bien ce qu’elles veulent, et surtout parce que j’ai bien autre chose à penser) (nb bis : et puis VERT D’EAU, mais qu’est-ce qui t’est passé par la tête, meuf ?), elle dit que je parle de mon mariage 24h/24 et ne s’intérèsse pas quand je lui parle de la déco de ma salle, elle veux meme pas m’aidé à faire des pompons en papier » (nb : là, carrément, je meurs).  Breeeeef, pas de panique, je ne vous demanderai pas de participer à mes ateliers travaux manuels ou de taper 1 pour veau aux cèpes et 2 si vous êtes plus pour canard à l’orange.

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