Oh, Névrose.

Pfiou les amis, je me demande si j’ai pas été recrutée avec la mauvaise fiche de poste parce qu’au boulot, je passe 1/3 de mon temps à être assistante sociale (assistante sociale forcée, précisons). Ça doit être mon éducation de petite fille baptisée et communiée : je ne sais pas rabrouer quelqu’un, même quand il est ennuyeux à mourir, même quand il passe sa vie à se plaindre… Oh wait, un peu comme ma collègue Névrose (sobriquet issu de ma méchanceté, tiens, c’est gratos).

Névrose, c’est le genre à se noyer dans un verre d’eau de la taille d’un shooter. Du genre si deux personnes lui proposent un rendez-vous à 15 heures, elle fait un mini AVC en vociférant « mais que vais-je faiiiiiire?« , il lui viendrait pas à l’idée de décaler l’une des deux. Une fois, elle a envoyé un mail en oubliant la pièce jointe et quand quelqu’un lui a fait remarquer, elle a dit que c’était du harcèlement moral.

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Le plus merveilleux, c’est sa propension à analyser TOUT ce que les gens lui disent, dans les moindres détails, pour se monter le bourrichon toute seule et trouver de nouvelles raisons de se plaindre. Ah, elle a aussi un petit pêché mignon : propager des ragots dans toute la boîte.

– Tu sais pas ce que m’a dit Isabelle? Elle part chez ses parents sans son mari pendant une semaine.
– Ah. Elle prend des vacances, en fait.
– Toute-seule-avec-son fils ! Elle doit avoir de gros problèmes de couple pour en arriver là… Je voudrais pas dire (ben ne dis pas, alors) mais ça sent le divorce… C’est comme la secrétaire du 4ème, son mari l’a trompé avec une stagiaire de son service…

Récemment, Névrose a décidé que c’en était trop du stress de la vie parisienne et qu’elle voulait s’encanailler en province parce que, c’est bien connu, l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Elle a essayé de refourguer son appart’ à tout le monde et en parlait dix fois par jour : emplacement, surface, prix, transports, interphone, impôts fonciers, j’avais l’impression d’être Stéphane Plaza. Chaque jour, j’avais le droit à une update détaillée des visites, comme si ça m’intéressait de savoir que Machin avait trouvé l’appartement lumineux ou que Untel avait apprécié le bon état des parties communes.

Je serrais les dents en tentant d’envoyer des messages subliminaux du type « j‘en ai rien à secouer » (regards insistants à ma montre, regard dans le vague, absence de réponses) mais rien à faire, elle était en B.O.U.C.L.E.

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Et puis, enfin, elle a VEN-DU sa bouse. Ce jour-là, la terre entière en a entendu parler, mais on pensait que ses interminables monologues immobiliers étaient enfin finis. Que nenni, très cher ! La veille de la signature chez le notaire, elle a débarqué en furie dans mon bureau « parce que olalalala j’ai besoin de conseils juridiques là, je streeeeeeeesse« . God, il était 9h, je venais de poser mon sac et j’avais pas encore avalé mon thé. En vrai; elle avait même pas besoin d’aide, juste de se plaindre une nouvelle fois qu’elle était stresséééééééée, que la banque avait oublié de lui donner un papier, qu’oh mon dieu que le reste du monde est méchant avec elle et que blablabla… J’étais encore plus saoulée que quand j’ai vu une mise en scène de Hamlet de 6 heures.

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Prochaine leçon de vie : apprendre à envoyer ch*** les gens.