Juste une étape.

Or donc, je commençai il y a quelques temps un nouveau chapitre du reste de ma vie. J’utilise le passé simple pour faire plus littéraire, mais en vrai, j’aurais aussi bien dire : ben voilà, Londres, c’est fini, je suis de retour en France et j’habite chez PapaMaman.

J’ai souvent entendu des histoires de gens qui se retrouvent à des carrefours dans leurs vies et qui, après avoir essuyé des échecs professionnels ou sentimentaux, se retrouvent seuls avec eux-mêmes, à devoir reconstruire leurs existences. Ben ça, c’est un peu aujourd’hui : moi et mes 27 balais, assise sur le lit de ma chambre d’adolescente.

bridget

J’ai décidé de faire beaucoup d’efforts avec PapaMaman. C’est la moindre des choses, étant donné qu’ils me fournissent le gite et le couvert. Même si, soyons honnêtes, ils aiment beaucoup m’avoir sous leur toit, ça les rajeunit de 15 ans et hop, finie la dépression ancestrale due au temps qui passe, qu’on est vieux tu te rends compte, ohlala mais il va falloir réfléchir à faire aménager une chambre au rez-de-de-chaussée pour quand on ne pourra plus monter les escaliers, et puis rhalala qu’est-ce que j’ai comme rides, et … Bref, je fais beaucoup d’efforts pour supporter leur (mauvaise) humeur et leur spleen (constant). Alors certes, c’est temporaire, le temps de trouver un appartement, mais disons que si tu t’appelles Emilie et que tu es l’agent immobilier à qui j’ai envoyé mon dossier pour un petit studio avec kitchenette et balcon, ce serait sympa de me répondre, merci.

giphy

Et puis à côté de ça, il y a le taff. Et je vais bien évidemment en toucher deux mots, je sais que ça passionne toujours les gens d’entendre des histoires de boulot sur tes collègues qu’ils ne connaissent pas, des blagues à la portée bien restreinte du genre « ah ah, tu sais pas la dernière de Jean-Mi de la DSI? » et autres récits passionnants sur le menu de la cantine. J’étais quand même un peu contente de reprendre le boulot parce que j’allais retrouver mes supers anciens collègues qui, du coup, allaient redevenir des collègues tout court. Alors oui, il y a toujours la Vieille Chiante qui est là, toujours aussi aigrie, toujours aussi peu baisée sans doute, mais elle fait partie du décor et, même elle, ça m’a fait plaisir de la revoir. J’ai une nouvelle co-bureau qui a tout le temps mal quelque part (l’hypocondrie est son amie) et qui s’est mise à pleurer d’un coup d’un seul un midi en nous racontant une sombre histoire d’impôts (autant je suis assez douée quand il s’agit de réconforter les gens qui ont des difficultés familiales ou professionnelles, par exemple, mais là je me suis trouvée assez pantoise face à ces histoires fiscales).

Alors bon, c’est pas l’éclate et je suis toujours dans le début de cette reconstruction qui, malheureusement, va sûrement prendre des mois et des mois. J’ai bon espoir d’y arriver, jour après jour, en faisant de tout petits pas. D’ici là, JPS et moi on se retrouvera le plus possible au pied de l’Eurostar, à attendre impatiemment de se retrouver et d’être ensemble, même si le week-end passe vite, même si la semaine, sans lui, c’est nul, parce que c’est juste une étape.

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