Je n’écris plus d’articles drôles, c’est vrai. Parce qu’il y a quelques temps, ma vie n’est plus devenue drôle du tout. Ça reviendra sûrement, la drôlerie, les sourires, l’espoir, et peut-être qu’alors mes écrits seront teintés de cette légèreté retrouvée. Mais ce n’est pas pour tout de suite.

Le temps qui s’étire, les journées au lit, le cerveau qui cogite. Peu à peu, il a fallût se rendre à l’évidence : le rêve est brisé, Londres n’est plus celle que j’espérais et rien de bien ne m’attend ici. Alors, quand mes anciens collègues juristes m’ont proposé un job, on s’est demandé : « Qu’est-ce qu’on fait? ». C’est la première étape pour rentrer en France. Ben oui, mais toi, tu as ton boulot ici. Ça veut dire qu’on devra vivre séparés? Pour un boulot? « Juste » pour un boulot? Mais moi je t’aime, tu éclaires ma vie tous les jours, comment je vais faire si tu n’es plus là? On va recommencer comme il y a dix ans, quand on prenait le TGV un week-end par mois pour se voir et que tu me manquais tout le temps? Mais je veux construire ma vie avec toi, moi. Je veux te retrouver tous les soirs quand je rentre, que tu me racontes ta journée, qu’on regarde des trucs nuls à la télé en s’ennuyant un peu, que l’on commande à manger parce qu’on a la flemme de cuisiner. Je veux continuer à te faire des chorés débiles et à t’inventer des chansons, faire parler le chat et te poser des dilemmes pour savoir si tu préfèrerais qu’il te pousse une trompe ou avoir la voix de Mickey Mouse. Je veux notre quotidien, les petites habitudes auxquelles on ne fait plus gaffe, retrouver tes bras tous les soirs parce que c’est la seule chose qui me fait du bien même quand tout le reste va mal.

Et devoir renoncer à ça, même si c’est juste une phase à traverser avant que tu puisses retrouver du travail en France toi aussi, j’en crève. Ça me déchire de l’intérieur, je culpabilise comme jamais, et je me demande comment j’en arrive à systématiquement faire les mauvais choix dans ma vie. Ça me bousille, parce que je laisse la seule chose que je n’avais pas encore perdue et la plus précieuse aussi. Le pilier de ma vie. Mon monde. Et quand serons-nous réunis à nouveau? C’est cette absence de certitudes, ce flou total sur l’avenir qui me donne envie de pleurer à chaque fois que j’y pense. Et ça, ça mon amour, ça c’est insupportable : plus que le chômage ou n’importe quoi d’autre.

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