L’art du sabotage et du manque de confiance en soi (Partie 1)

funambule

Ces derniers jours, I screwed up. Twice. En français dans le texte, et pour parler clairement, j’ai chié – dans – la colle – et – si – j’avais – voulu – faire – pire – j’aurais – pas – pu. Des fois, j’ai envie de me dédoubler et de mettre une petite tape derrière la tête de mon premier Moi en lui disant « Mais t’es CON ou quoi? » . Le pire, c’est que je suis tellement paralysée par la peur et l’inconnu que je n’aurais même pas l’audace de me la foutre, cette claque. Je suis comme engluée dans une prison intérieure dont je n’arrive pas à trouver l’issue. Je tente des choses, je désespère mais j’essaie quand même. Mais au final, toujours la même issue : je me sabote. Exemples, cette semaine :

Echec n°1 : je décroche un entretien d’embauche. Au téléphone, le recruteur est sympa. Il me prévient en revanche que le boulot est très prenant, qu’il est très exigeant, qu’il souhaite quelqu’un d’ambitieux. En même temps, l’inverse m’aurait étonné :

– Sinon, au niveau des qualités pour ce poste, je cherche quelqu’un de flemmard, qui ne prenne aucune initiative, si possible qui arrive en retard un matin sur deux, et qui adore les fautes d’orthographe.

C’est difficile à expliquer mais pour le moment, je ne me sens pas la force d’occuper un poste trop exigeant. Alors oui, ça fait un peu « mémère pépouze qui cherche juste à faire ses horaires » dit comme ça, mais je crois que l’avocature m’a crevée pour un petit moment. Je souhaiterais un job qui soit à ma portée, et surtout, qui pourrait me redonner confiance en moi. C’est ce dont j’ai le plus besoin : être rassurée quant au fait que je peux faire quelque chose, et le faire bien.

Quoi qu’il en soit, même si je savais que le poste en question n’était pas pour moi, je m’étais dit « tu vas aller à l’entretien d’embauche quand même, ma fille, ça te fera un entraînement, et puis t’as rien à perdre » . Jusqu’au matin dudit entretien. Après m’être réveillée et avoir ressorti les notes que j’avais prises en prévision de l’interview, j’ai soudain été prise de panique. Comme une évidence : non, je ne peux pas y aller, je ne suis pas préparée, je n’ai rien à dire, je suis nulle, laissons tomber. J’ai envoyé un mail au recruteur en prétextant une excuse bidon. Et passé le restant de la journée à dormir.

Echec n°2 : la fête entre expatriés. Je repère sur internet une petite rencontre entre expats dans un pub de Londres. Je discute un peu avec l’organisateur de l’évènement, qui a l’air très sympa et m’invite à les rejoindre. Les jours précédents, je suis heureuse à l’idée d’y aller. Je ne connais personne ici, et j’ai franchement envie de me faire des potes. Et puis, quelques heures avant le rendez-vous, je flippe. Je ne sais pas parler aux inconnus. En soirée, je suis toujours celle qui écoute, verre à la main, cigarette au bec, pour éviter d’avoir à parler. Je n’ai rien d’intéressant à raconter et je ne saurais pas comment commencer une conversation. J’ai du mal à aller vers les gens, à faire confiance à quelqu’un et je crois que c’est comme ça depuis la maternelle. Alors j’ai eu peur. Peur de faire tapisserie, peur de mal parler anglais, peur de passer pour une conne. C’est irrationnel hein, d’autant plus que n’importe quel être humain normalement constitué me répliquerait : « et au pire? Tu les connais même pas ces gens, qu’est-ce que t’en as à faire? » . Tout? Rien? Je ne sais pas. Tout cela n’a pas de sens, et je le sais parfaitement. Je ne suis ni meilleure, ni pire qu’une autre, et peut-être que j’aurais eu ma place à cette rencontre. Peut-être aurais-je pu rire, faire rire, intéresser quelqu’un. Mais cette putain de boule au ventre, de tétanie qui me paralyse, a eu raison de moi, une fois encore.

J’étais venue à Londres pour m’ouvrir, et je me recroqueville plus que jamais. Pourtant, ces réactions entraînent avec elles leur lot de réflexions et me forcent à m’interroger sur ce que je suis et les raisons pour lesquelles je me comporte ainsi. Soyons clairs : je n’ai pas envie de rester une Zezette épouse X affalée devant sa télé, à passer à côté de sa vie parce qu’elle a peur du monde extérieur (parce que, pour être entièrement honnête, j’approche dangereusement du statut d’épave). Mon amoureux est un type bien, sur lequel je peux compter, je vis dans ma ville de coeur et je veux croire que j’ai des ressources. J’ai tiré un trait sur mon ancienne vie pour en construire une nouvelle, qui me corresponde, je ne veux pas répéter ce schéma. Mais ces nouveaux échecs sont aussi l’occasion de prendre le recul nécessaire à mon introspection et je pense avoir à présent réalisé certaines choses. Suite au prochain épisode article…
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