Swap Ifeelblue :)

Je ne lis pas beaucoup de blogs car rares sont ceux qui m’intéressent vraiment. Je suis un peu une ermite sur la blogosphère ; je dis « ermite » alors qu’en vrai, je veux dire « profondément associale », mais « ermite » sonnait mieux, je trouve. Bref.

Parmi les blogs que je suis régulièrement, il y a Ifeelblue. Et dernièrement, l’auteur a gentiment proposé d’organiser un swap pour fêter l’anniversaire de son blog. Le principe était simple : envoyer un colis-mystère à une participante, ledit colis devant impérativement contenir une carte, quelque chose de bleu et quelque chose à manger. Évidemment, quand j’ai vu que ça parlait bouffe, j’ai tout de suite voulu participer.

J’ai donc reçu le colis de ma swappeuse Alessia qui, visiblement, a bien cerné ma boulimie en matière de sucre et de maquillage. Oui Alessia, si tu lis cet article, sache que t’es tombée PILE POIL !

photo(1)

Le colis contenait donc :

-Des chocolats et des « Bouchons Vaudois » : je ne sais pas ce que c’est, mais ça a l’air sucré et gras, j’adhère. (nb : quand je dis « je ne sais pas ce que c’est », je parle des Bouchons, pas des chocolats, vous l’aurez compris).
Un livre intitulé « Comment domestiquer son maître quand on est un chat » : je le lirai avec plaisir, même si force est de reconnaître que mon chat n’a absolument pas besoin de bouquin pour faire de moi son esclave (qui d’autre que moi se lève gratos à 5 heures du matin pour l’accompagner manger alors que sa gamelle est pleine, simplement parce que ce dictateur aime qu’on le caresse pendant qu’il mange? Je suis prise au piège, je vous dis).
des petits carnets Moleskine : moi qui les griffonne par dizaines, je pouvais difficilement mieux tomber !
– un rouge à lèvres : parce que, non, je regrette, collectionner les bâtons comme je le fais n’est PAS futile (bon, je sais très bien que si, mais laissez-moi tranquille, j’ai pas eu une enfance facile, okay?)
– des vernis, dont UN A PAILLETTES OH MON DIEU !

Un immense merci à Alessia et à Ifeelblue pour leur gentillesse !

 

Publicités

Comme un pansement

Comme un pansement.

th

Le jour où j’ai refermé la porte de mon ancien stage pour la dernière fois, c’étaient cotillons, trompettes et ballons dans ma tête. La fin de six mois de stress permanent et d’angoisses qui me prenaient à la gorge sitôt installée à mon bureau. Enfin, plutôt devrais-je dire la planche de bois de 50 centimètres de long qui me servait de bureau. Le truc qui se cassait la figure si j’avais la bêtise de poser plus de deux bouquins dessus. Mais bon, je n’étais que stagiaire, alors je ne méritais pas de travailler dans de meilleures conditions.

Je n’avais jamais vécue de mauvaise expérience en stage. Jusque là, j’avais toujours été appréciée, chaudement remerciée pour le travail fourni et j’avais gardé de bonnes relations avec mes anciens collègues. Mais là, c’était tout le contraire. Six mois de cata, sans parvenir à m’intégrer et à trouver ma place. Six mois à bouffer seule pendant que les patrons mangeaient tous ensemble. Six mois à rendre du boulot sur lequel je n’avais jamais de retour (je progresse par la simple action du Saint Esprit?). Six mois à entendre « bonjour », parfois « au revoir », mais rarement plus. Six mois à faire des bourdes que je n’aurais jamais faite si je ne m’étais pas sentie aussi mal dans ce taff. C’est un cercle vicieux, en fait : être mal, donc faire mal, donc se sentir mal, etc…

Je suis donc partie soulagée en me disant que je n’aurai plus à y mettre les pieds. Manque de bol, j’avais oublié mes lunettes. Et après plusieurs mois à plisser des yeux pour voir les panneaux indicatifs, je me suis dit qu’il serait bon de les récupérer. C’était un peu comme un pansement : on appréhende longtemps de l’enlever, alors qu’il vaut mieux l’arracher d’un coup sec. Alors j’y suis allée. J’ai constaté que mon corps, lui, se souvenait très bien du malaise que je ressentais quand je bossais là-bas : à peine étais-je dans la rue où se situent les bureaux que j’ai éprouvé les mêmes sensations de chaleur, de gorge nouée, de ventre douloureux. J’ai essayé de me consoler : c’est fini ce temps là, maintenant je travaille ailleurs, je fais du bon boulot et je suis très bien intégrée. Je ne leur dois plus rien à ces anciens patrons qui ne daignaient m’adresser un regard que pour me faire comprendre que j’étais un boulet. Je ne leur envie ni leur boulot, ni leur vie.

– Bonjour Clémentine !
– Je ne m’appelle pas Clémentine…
– Ah. Bonjour euh… l’ancienne stagiaire.

Rien n’avait changé, si ce n’est qu’il y avait une nouvelle stagiaire, que j’ai plaint en silence. C’était toujours la même atmosphère, la même froideur. J’ai pris soin d’être joviale, agréable et empathique, peut-être pour leur montrer que j’étais mieux loin d’eux. Que contrairement à eux, j’avais changé en bien :

– Ton nouveau stage se passe bien?
– Oui, c’est très intéressant, je fais des…
– Oui oui mais je m’en fous, j’ai du boulot en retard là, tu me déranges !

Finalement, j’avais appréhendé pour pas grand chose. Pour quelques minutes à s’échanger des banalités, à parler majoritairement toute seule parce que, soyons francs, ils n’ont rien à faire de mon sort. Je leur ai dit « au revoir et à bientôt » tout en sachant que je ne les reverrai plus. J’ai pensé qu’ils m’avaient donné ma chance, que je remerciais pour cela, mais pas pour le reste. Y retourner a posteriori m’a permis de tirer un trait sur tout ce que j’avais éprouvé et la honte que je ressentais jusqu’alors : celle d’avoir merdé, d’être passée pour quelqu’un d’incompétent. J’ai décidé de me pardonner de tout ça et de me dire que c’était loin d’être entièrement ma faute. Et de me concentrer à présent sur ce que je peux donner de bien dans mon travail, avec des gens qui savent me le rendre, qui ont envie de m’apprendre des choses et de me permettre de progresser.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Si tu as peur du vide, vide, mon enfant.

Souvent, j’ai l’impression de peser des tonnes. Je t’arrête tout de suite, si tu penses trouver un article sur la perte de poids via Weight Watchers, tu fais fausse route, je suis méga bonne, si tu savais (…). Je parlais plutôt du poids sur le coeur, sur le ventre, dans la tête. Souvent, dans le métro, je m’amuse à essayer de deviner la vie des gens. Et je me demande régulièrement s’ils ont ce même poids en eux, quel est l’état de leur fardeau. Si, eux aussi, ils sont constamment tendus, physiquement, mentalement, au point que cet état quotidien soit devenu leur seule façon d’être.

J’aimerais avoir un bouton « reset ». Repartir sur des bases nouvelles, libre. Je rêve d’avoir assez de recul pour ne plus avoir mal. De rencontrer l’enfant que j’étais, la serrer dans mes bras et lui dire « sois forte, tout ira bien ». Lui dire de jouer avec ses camarades au lieu de rester toute seule à la récré. Que le monde n’est pas méchant, malgré ce qu’on lui en a dit. De ne pas avoir honte de ce qu’elle est. Qu’elle ne doit pas avoir peur d’essayer, de se planter, que tout ça c’est pas grave. Guérir. Guérir des chagrins, des déceptions, des deuils, des peurs, de tout ce que j’ai loupé. Relever la tête, me dire que je suis quelqu’un de bien et me mettre, enfin, à profiter de la vie. Être plus forte, plus apaisée, moins sensible. Ne plus être paralysée par cette trouille constante qui habite mon corps. Peut-être qu’alors, enfin, tout serait plus facile.

Si tu as peur de la foule mais supporte les gens,
Si tes idéaux s’écroulent le soir de tes vingt ans,
Et si tout se déroule jamais comme dans tes plans,

Si tu n’es qu’une pierre qui roule, roule mon enfant…

 

Rendez-vous sur Hellocoton !