Rebirth?

 
Ça c’est sûr, j’en aurai mis du temps pour revenir écrire. Parfois, ma vie, j’ai l’impression que c’est une succession de semaines où il ne se passe pas grand-chose. Et puis, d’un coup, comme un mécanisme qui s’enclenche, vient une période de multiples changements, d’enchaînements, de trucs qui me dépassent. Quand le monde me paraît un peu trop lourd, je mets au point une stratégie imprenable : rester à vie sous la couette avec le chat pour me tenir chaud et une bouilloire électrique près du lit pour satisfaire mes apports en théine.
 
Il y a eu la vie de stagiaire et les moments difficiles à assumer. Comme le patron sur ton dos, comme un poisson pilote suivant de près un requin. Au bout d’un moment, je devenais allergique à mon propre prénom tellement je ne supportais plus de me faire convoquer vingt fois par jour dans son bureau. Au début de la vie d’avocat, tu réalises surtout que tu ne sais rien. Comme si toutes tes années d’études n’avaient jamais existé, comme si tu avais passé des heures à bûcher sur du vent. Et ça, mon boss me le faisait bien comprendre :

J’ai bien reçu l’assignation que tu m’as transmise…

Ah !
C’est nul. Recommence.

« 100 fois sur le métier, tu remettras ton ouvrage… ». Moi c’était plutôt 15 000. Avec le client qui t’engueule, le boss qui te met la pression et l’envie de leur jeter la convention collective de la conchyliculture à la figure. Hey, toi, le type qui t’es fait passer pour un flic pour arnaquer une mémé et lui soutirer de l’argent, sache que j’ai passé cinq jours à pondre des conclusions pour te défendre.

 Il y a eu la saga de la vie de ma patronne, avec un plus grand nombre d’épisodes que les feux de l’amour. Hey, si un scénariste de « Plus belle la vie » passe par ici, contacte-moi, j’ai plein d’idées à te filer. Trahisons, vengeances, coups de foudre, sexe et enfants qui n’arrivent pas à s’asseoir sur le pot. Parfois, je savais pas quoi dire. Quand je trouve que je raconte un peu trop ma vie aux gens, je me compare à ma boss et ça va tout de suite mieux :
 
  Ca va ?
Super ! Je vais divorcer !
Ah.
C’est pas grave, il en a une toute petite ! Attends, je vais te montrer la photo que j’ai postée sur Instagram !
 
Il y a eu ma timidité et les problèmes qu’elle m’a parfois causés. Quand j’étais petite, j’avais un ami imaginaire pour me distraire. Maintenant, c’est plus difficile de parler à mon ombre sans me faire interner.

Il y a eu les rencontres, les déceptions parfois aussi. Penser avoir rencontré quelqu’un de chouette et tomber de haut, même à 25 ans et des poussières. Se remettre en question, mais sans tout de suite conclure que c’est parce que je suis nulle et que je ne mérite pas d’être connue.

 
Il y a eu les parents qui déraillent, le frère qui s’éloigne, le cœur éparpillé, les efforts déployés pour m’en sortir, trouver une voie, regagner l’Angleterre, refaire surface. Construire un échafaudage, petit à petit, pièce par pièce. Pour avoir à nouveau l’envie de respirer et de raconter des trucs marrants sur ce blog (OK, ça commence mal avec cet article). Et le cœur en bandoulière, on y retourne.
 
 

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4 réflexions sur “Rebirth?

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