Want somebody come take me home

Loin de toi, je suffoque.



Il y a bientôt 5 ans que je suis partie à Londres. Rien que quelques mois, le temps d’un Erasmus express et d’un été grignoté sur la date de retour en France. Et depuis ce lundi froid de janvier où j’ai débarqué en la Perfide Albion, cette ville n’a plus jamais cessé de me quitter. A en avoir mal au cœur quand j’y pense. A ne pas laisser passer un jour sans faire le vœu d’y retourner. Comme si, en le souhaitant très fort, j’allais me retrouver comme par magie au beau milieu de la gare St. Pancras.

Comment expliquer cette plénitude que je ressens en me projetant dans cette ville? N’est-ce pas finalement le souvenir d’une année quasi-sabatique qui fait que j’idéalise cet endroit? JPS le dit bien, il y a eu l’été où j’ai commencé à me lasser de la pluie et de l’absence de rythme ; les cours en anglais et mes difficultés à m’y adapter. Tout n’était pas rose. La vie, en fait. 

Forcément, cette vie londonienne a regorgé de bons moments : les prémices de l’indépendance, la vie d’expat’ qui présente beaucoup d’avantages, les découvertes qui se cachent à tous les coins de rue, les nouveaux copains, la rencontre de David et Lucie, la famille qui vient nous rendre visite, la sensation de liberté. A côté de ces bulles de bonheur, il y a eu des moments beaucoup moins drôles : la mort de Jenny et les semaines que j’ai passées à pleurer en continu, la logeuse chiante, la colocation cradingue, mes difficultés à prendre la parole au beau milieu d’anglais pur souche. Pourtant, la fascination est belle et bien là. Il y a des choses que je regrette : en premier lieu ne pas m’être gavée davantage d’anglais et avoir l’impression d’avoir un niveau si médiocre aujourd’hui. C’est sans doute la seule chose qui freine à présent mon envie de prendre l’Eurostar et de m’y installer pour de bon.

Qu’est-ce que ferait une française diplômée de l’école d’avocat, qui n’a jamais étudié que le droit français, qui parle pas mal mais pas couramment non plus, dans une ville comme Londres? Y a-t-il seulement un métier dont je sois capable là-bas, à part vendeuse chez Starbucks ?

Et pourtant, Londres me manque à en pleurer. J’ai 25 ans, des études bientôt terminées, pas d’avenir radieux à l’horizon et l’impression terrible de vivre une vie qui ne me convient pas. De ne pas être à ma place. De manquer quelque chose. De manquer de courage. J’ai peur de passer à côté de ma vie, de passer à côté de moi. De me réveiller un jour en me disant que j’ai tout gâché. Parce que la vérité, c’est que je suffoque déjà. La vérité, c’est que j’ai laissé mon cœur là-bas. La vérité, c’est que je me suis sentie plus libre et vivante là-bas qu’à n’importe quel moment de ma vie. Comme si j’étais en phase avec moi. Dans la bonne case. Non, tout n’était pas parfait : la vie, encore une fois. Mais c’était tout simplement m.a  m.a.i.s.o.n.


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3 réflexions sur “Want somebody come take me home

  1. Pingback: De la difficulté de choisir sa vie | mademoiselle hortensia

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