Le jour où j’ai voulu devenir rousse. Non, ce n’est pas un blog beauté.

Je pense que s’il est une véritable épreuve dans la vie d’une fille, c’est celle d’aller chez le coiffeur.
Encore plus quand on a des cheveux pourris comme les miens : fins comme une toile d’araignée, secs comme une botte de paille, bouclés un jour sur deux (le reste du temps, rêches comme une Spontex usée). Je ne m’en plains pas, ils me font la misère depuis 25 ans, j’ai dépensé trois SMIC dans des sérums, masques, capsules anti-chute, mousses coiffantes, disciplinantes, ébouriffantes, restructurantes, redensifiantes, et plein de trucs en -antes, mais rien n’y fait, je suis un désastre capillaire permanent. Je m’en fiche, j’ai de forts beaux poignets, tu peux pas test, chaiii. 
N’en demeure pas moins que la visite chez le coiffeur est toujours l’occasion de me rappeler que ce que je me trimballe sur la tête relève plus du fox terrier que de la chevelure de princesse. D’abord parce que le coiffeur a TOUJOURS la même réaction :
– Mon dieu, qu’ils sont secs !
Il dit pas « ils sont secs » genre « ah c’est embêtant, ils sont secs », non. Il dit ça comme si on lui annonçait le kidnapping de son fils : 
– Oh mon dieu, Kevin a été enlevé ! Oh mon dieu que vos cheveux sont secs !
A chaque fois, j’ai presque envie de le consoler. Oui, mes cheveux sont vilains, oui je fais des soins, non tu ne pourras rien pour me sauver, coupe-moi juste un peu les pointes et ça ira très bien. 
Cette fois-ci, je voulais être rousse. J’avais décidé que puisque j’étais née avec une peau de rousse et tous les inconvénients qui vont avec, je devais réparer l’injustice qui m’avait rendue brune. Et ainsi mettre fin au surnom débile que mon cousin me donne depuis dix ans : 
– Hey Nolwenn Leroy !
– Hein?
– Bah oui, t’es brune, t’as la peau comme un cachet d’aspirine et les yeux clairs ! Nolwenn ! Nolwenn ! 
Il faut dire que ma copine Laurence m’a un peu poussée. Quand je dis « un peu », c’est un euphémisme : elle m’a harcelée à base de deux textos par jour pendant trois mois. Même si je sais qu’elle est de bon conseil, j’avoue avoir parfois un peu douté :
– Ce qui t’irait bien, c’est un roux à la Fifi Brindacier !
– Euh…
– Un truc carotte, bien flash, qui collerait avec ta personnalité d’adoreuse de paillettes ! Pourquoi t’aimes pas?
– Parce que j’ai un emploi.
J’ai demandé son avis à Jean-Philippe Star pour la forme, mais depuis qu’un jour je suis revenue de chez le coiffeur avec 20 centimètres de cheveux en moins et qu’il a mis 2 heures à s’en rendre compte, son droit de veto conjugal lui a été retiré. En plus, le seul truc qu’il aime, c’est les mèches sur le front : 
– A ton avis, je coupe comment?
– Avec une mèche sur le front !
– Mais quelle longueur ?
– Une mèche sur le front !
– Tu crois que je dégrade?
– Oui, pour faire une mèche sur le front.
Comme le dit ce bon Claude François, le coiffeur, « ça se chante et ça se danse, et ça revient, ça se retient comme un chanson populaire ». J’ai donc eu une fois de plus droit au célèbre refrain « vos cheveux sont moches », mais avec une petite variante :
– C’est drôle, on dirait que vous avez gardé vos cheveux de bébé. 
– Ah?
– Oui. Fins, mous, quasi-inexistants, sans intérêt.
– …
Se faire teindre les cheveux, c’est pas ce qui est le plus long. Non, ce qui prend le plus de temps, c’est de demander à la coiffeuse de se connecter sur Internet pour lui montrer des exemples de couleur qu’on aime bien : 
– Alooors… G-O-G-O-L-E.
– Euh,  je crois qu’il faut taper « Google » en fait.
– G-O-U-G-U-E-U-L-E. 
– …
– Ah, il m’a encore ouvert une pub ! Je vais devoir redémarrer l’ordinateur !
Finalement, c’était cool. J’ai passé 30 minutes avec un casque chauffant au-dessus de la tête et j’ai pas osé bouger de peur de me cramer une oreille. On a disserté sur le thème « Nicolas Bedos est-il bien foutu? » (cherchez pas), débattu sur « Faut-il être pro Karine Lemarchand ou pro Lilian Thuram? » et elle m’a demandé quelques conseils juridiques pour le divorce de son beau-frère (cherchez pas non plus).
Et donc, je suis (un peu) rousse. Je suis pas Christina Hendricks, mais je reconnais que ça fait beaucoup de bien de changer. En plus, j’ai pu lire tous les « Closer » depuis mai 2008, je suis hyper au taquet.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

2 réflexions sur “Le jour où j’ai voulu devenir rousse. Non, ce n’est pas un blog beauté.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s