Retrouvez-moi en jogging le jour du mariage

L’autre jour, ma mère, Camcam et moi, on avait rendez-vous pour que je réessaie ma robe de mariée. J’étais impatiente parce que la dernière fois remontait au début de l’année et « robe de mariée », c’était beaucoup dire, vu que j’essayais une toile, c’est-à-dire un pseudo tee-shirt grossièrement découpé dans un tissu qui se rapproche de la toile de jute. Cette fois, ça devenait un peu plus concret : le couturier avait pris les mesures de chaque recoin de mon corps y compris mes aisselles (il a forcément dû constater à quel point je suis bombasse),  j’allais enfin voir le résultat. Et le résultat, je l’ai vu, parce qu’à peine la robe enfilée, je me suis mise à chialer, au point que Camcam a dû me filer ses deux paquets de mouchoirs et me prêter sa Ventoline. J’avais l’impression d’avoir des seins encore plus gros qu’à l’accoutumée (merci la génétique familiale), des fils pendaient de partout et j’avais juste l’air ridicule et déguisée. Là, j’ai supplié le couturier de changer de modèle, parce que j’étais moche et que JPS le penserait sûrement aussi.

Et puis je me suis réveillée.

who.gif

Donc ça, c’est moi depuis bientôt deux mois.  Alors oui, j’en conviens, il y a des choses plus importantes dans la vie surtout en ce moment (je pourrais potentiellement être amenée à me marier devant le portrait d’une sorcière blonde, mais dans ce cas, JPS et moi on a convenu qu’on décalerait le mariage de 5 ans).

Il faut dire que ma mère n’arrange pas les choses. Ma mère, c’est la Prêtresse du Doute niveau 115 et croyez-moi qu’en la matière, elle pèse dans le game. Et comme en plus, elle est du genre  »  »  »  »  » « légèrement »  »  »  »  »  » anxieuse (et c’est comme les gros seins, j’ai eu ça en héritage), rien de mieux que de reporter ses angoisses existentielles sur ma personne. Du coup, le dernier truc qu’elle ait trouvé, c’est de me montrer les photos qu’elle a prises lorsque j’essayais d’autres robes que la mienne :

– Elle était belle celle-ci aussi… Tu la trouves pas mieux que celle que t’as choisi finalement? Non quand même, tu es sûre d’avoir bien réfléchi? Parce que là t’étais vraiment canon. T’es bien sûre de toi hein? hein? hein? HEIN?

(Non, je ne suis pas sûre de moi, et franchement, tout ça me perturbe).

Rendez-vous sur Hellocoton !

Craquage nerveux in process

Le temps passe passe passe et beaucoup de choses ont changé comme diraient Jacky et Ben-J, mais une chose persiste : ma bronchite, dont nous célébrons la 4ème semaine d’existence. Pour fêter ça, mes allergies à l’ensemble des arbres et pollens recensés dans le Larousse jardinage reviennent, et j’ai aussi hérité d’une conjonctivite. Bref, reniflante, le nez pelé et borgne, laissez-moi vous dire que mon potentiel séduction est à son maximum.

youhou.gif

Bon mais à part cracher mon appareil respiratoire, j’essaie aussi de travailler, et parfois je me demande à quoi ça sert vu que de toute façon, un client, ça n’entend que ce que ça veut. Exemple : les deux types qui sont venus y’a 6 mois (je les appelle Minus et Cortex parce que l’un est petit et trapu et censé être le cerveau du duo, alors que l’autre est grand et tout maigre, il acquiesce bêtement à tout ce que dit son pote et il a 0% de libre arbitre) pour une histoire de travaux avec un entrepreneur. Je leur ai dit que j’avais besoin de lire le contrat pour être en mesure de donner un avis (tu demandes pas à un médecin de faire un diagnostic sans t’ausculter), et rien que ça, ça a pris 8 semaines parce qu’en 2017, c’est apparemment très technique et complexe d’envoyer un mail avec pièce jointe.
Ensuite, leur contrat, je l’ai lu, c’était une grosse daube, je leur ai dit « non non non, signez pas ça, si les travaux merdent ou prennent trois siècles de retard, vous pourrez JAMAIS être indemnisés ». Ils m’ont demandé si j’étais sûre, si y’avait pas moyen de, non parce que quand même, et je leur ai répété nein nein nein, signez pas, c’est une grosse arnaque.

Et devine qui a signé quand même parce que « bouaaaarf, on prend le risque, de toute façon, ce genre de trucs n’arrive JA-MAIS  » ?

Et qui revient maintenant me dire que « c’est la cata, les travaux vont avoir minimum 8 mois de retard, ils se sont trompés sur les plans, ils ont construit des chiottes en plein milieu d’une salle de réunion » (sans déc, même moi qui sais pas lire une carte, je serais pas aussi nulle) et qui me demande si, par hasaaard,  « juridiquement je connais quelque chose à faire » (je suis pas magicienne) (bien fait) (essaie un cierge à Ste Rita, t’as p’tètre une chance).

doigt.gif

Sinon, dans la série « je pisse dans un violon », parlons du client qui nous a envoyé un chèque et, pas de bol, le chèque s’est fait intercepter sur le chemin postal, un malfaisant a rayé « à l’ordre de Mademoiselle Hortensia » pour écrire à la place  « à l’ordre de Bidule Chouette » et encaisser 300 euros tout chauds. Bon, ben c’est dommage, mais j’y peux rien, moi-même j’ai un colis en attente depuis 4 mois à la plateforme Briard que j’arrive pas à débloquer alors voyez-vous, je n’ai pas mes entrées à la Poste. Donc j’ai conseillé au client susmentionné d’aller porter plainte s’il voulait se faire rembourser par son assurance, mais il avait décidé que c’était à moi d’y aller, et il a fallût que je m’y reprenne à cinq fois pour lui expliquer que je n’étais pas le tireur du chèque et que ça ne servirait à rien (au départ, il a vaguement menacé d’appeler 60 millions de consommateurs et puis il a dû faire une rapide recherche Google et voir que j’avais raison, la foi en l’internet est plus grande qu’en quelqu’un dont c’est le métier, que voulez-vous).

Cet épisode passé, ma boss, qui pense sans doute que je m’ennuyais le week-end, m’a proposé de venir également travailler le samedi :

– On pourrait faire plein des choses le samedi ! Organiser une course en sacs, vendre des gâteaux, ranger les dossiers…Qu’en pensez-vous, ça peut être bien, non ?

Sans complément de salaire ni jour de rattrapage, bien évident. De toute évidence, de longues semaines sans interruption devant l’écran de son ordi l’ont empêchée de voir qu’on avait inventé un truc pratique appelé CODE DU TRAVAIL. J’ai dû user de toute la diplomatie du monde pour lui expliquer que j’avais ce qui s’appelle UNE VIE après le boulot, avec plein d’activités passionnantes pour la remplir (même si mon activité principale, c’est choisir les faire-parts de mariage avec JPS, mon rôle consistant surtout à critiquer les nombreux modèles niais/moches/ringards que je vois, ça prend du temps).

Bref, comme vous pouvez le constater, je suis sur les rotules, vous pouvez m’envoyer des Shoko-bons pour me réconforter (pas trop, parce que ça vaut 2 points WW) ou, à défaut, des bisous, je prends aussi. A plus guys.

bye

Rendez-vous sur Hellocoton !

(Wedding post) / J’ai le mari et les pompes, c’est déjà pas si mal.

En fin de compte, c’est pas si compliqué d’organiser un mariage. Certes, j’appréhendais un peu la préparation (mon optimisme légendaire, tout ça) à force de lire sur des forums des messages du genre « help, je me marie en 2019, et nous n’avons toujours pas défini la couleur des naperons et des chemins de table » (mais qui met des naperons et des chemins de table en 2017 déjà?). Bon, je dis pas qu’il m’arrive jamais d’avoir des sueurs froides quand j’ouvre le fichier Excel de nos dépenses, mais après tout, même s’il nous reste 0 économie, AND SO WHAT, est-il absolument nécessaire de se nourrir ?!

fabulous.gif

Donc alleluia, cette semaine, j’ai coché 3 choses de plus sur la liste interminable des choses dont on pense ne jamais arriver à bout mais en fait si, à savoir :

1- Les chaussures : des mois entiers à Googler « chaussures paillettes », dans toutes les occurrences et dans toutes les langues, ça devenait un emploi à plein temps je vous dis. Après avoir éliminé les pompes de drag queen et les Jimmy Choo à 800 balles, j’ai songé un temps au DIY « bombez vos escarpins de colle glitter UHU » avant de me rappeler à quel point j’étais incompétente en travaux manuels. Bref, je finissais toujours par tomber sur d’obscurs sites asiatiques commercialisant des contrefaçons à 9 euros (pour ce prix-là, l’anthrax vient avec) et j’ai plusieurs fois invoqué l’esprit de Carrie Bradshaw pour me venir en aide.

Hangisi

Ah, et pour votre parfaite information, la paire que porte Carrie Bradshaw à son mariage coûte 860 boules.

Finalement, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et j’ai embarqué Camcam pour faire les magasins (j’avais besoin d’un soutien moral car, disons-le, je commençais à me chauffer pour débarquer en Crocs – pailletées, of course). La suite, je vous la fais courte, enfin plus courte que cet après-midi où on a fait 10 boutiques pour finalement ressortir avec la toute première paire sur laquelle j’avais flashée. (Ma mère les déteste). (Je m’en fous). (Penser que j’allais porter des sandales blanches, c’est bien mal me connaître).

2. Les faire-parts : curieusement, c’était une étape bien bien reloue alors que je pensais que ça passerait comme une lettre à la Poste.

le-bigdil-decouvrez-l-improbable-reconversion-de-ramuncho-video-9c660154c737117802-612x340.jpeg

(Lettre/Poste/Faire-part, t’as compris?) (Jeu de mots, Ramuchooo) (Hommage à ma grand-mère) #bigdil

L’industrie du faire-part, c’est quand même un truc curieux, parce que dès que tu veux sortir du traditionnel :

« Monsieur et Madame le Colonel Edmond FERRAND DE LA RISSAUDIERE,

Monsieur et Madame Charles-Patrice DE RESNAY DE SAINT MICHEL, Chevalier de la Légion d’honneur,

ont la joie de vous annoncer le mariage de leur enfants, Edouard et Cunégonde »

eh ben ACCROCHE-TOI A TON SLIP. J’avoue, je suis un peu la Kim Jong-un du faire-part, je ne tolère ni papillons, ni rose, ni dentelle, ni petits coeurs partout, ni papier irisé, ni arabesques, soit 95% de ce que propose l’internet mondial. Ca nous aura valu d’intenses débats avec JPS et à la fin, on était tellement saoulés qu’on a songé à envoyer une invitation Google Calendar à tout le monde.

Anyway, on a fini par s’entretuer trouver un accord et une fois les fameuses invits reçues, il a fallu aller les poster (on en revient toujours à cette histoire de lettre à la Poste, vous remarquez).

Alors c’est fastoche pour les invités vivant en France, mais on avait surtout une bonne vingtaine d’invits à envoyer à l’étranger, et c’était quasiment JAMAIS le même pays. Dooooonc je me rendis joyeusement à la petite borne « affranchissement » de la Poste pour timbrer tout ça, parce que je sais pas si vous connaissez le tarif pour St Barth mais moi non (ouais, j’ai un ami qui habite à Saint Barth, il connaît même Johnny mais je raconterai ça une autre fois).

Et c’est là que les réjouissances commencent. Parce que pour commander une vignette, il faut:
– cliquer sur « Affranchir une lettre »
– puis sur « Monde »
– taper le nom du pays
– cliquer sur le nom du pays
– valider le nom du pays
– peser la lettre
– choisir si on veut un envoi simple, suivi ou par pigeon voyageur
– choisir le nombre d’étiquettes
– re-valider à nouveau
– choisir « affranchir un autre envoi »
et ainsi de suite pour chaque pays. VINGT FOIS DE SUITE DONC
En plus, avec mes petits doigts boudinés, j’avais tendance à appuyer sur les mauvaises touches, du coup ça faisait « JABON », la borne ne reconnaissait pas le pays et j’étais là « mais J-A-P-O-N bordel à nouilles, JA-POOOON », parce que franchement, à une lettre près, elle pourrait s’en douter.

tumblr_oq7br3riBo1si5tqro1_500.gif

J’ai mis une bonne demie-heure à tout commander, puis j’ai enfin validé et un code de carte bancaire plus tard, la borne a commencé à imprimer les vignettes. Et là, c’est le drame : Y’AVAIT PAS LE NOM DES PAYS DESSUS. Et évidemment, j’avais pas retenu les tarifs exacts pour chaque destination, je me souvenais seulement m’être dit « ah ça va, c’est pas si cher la Nouvelle-Zélande vu la distance, je devrais écrire plus souvent à Thomas », mais c’est tout.

Du coup, j’ai dû à nouveau simuler une commande, avec la borne et mes doigts boudinés, et noter un à un les tarifs. J’ai jamais passé autant de temps à la Poste, mais voyons le côté positif : je pense que je peux maintenant demander une VAE affranchissement.

3 – La coiffure :  bon, en vrai, ce point n’est pas du tout réglé. Déjà parce que je ne trouve pas le sujet passionnant en soi et que même quand je me motive pour me faire un super brushing, j’ai l’air d’un bobtail une heure après. Ensuite parce que la grande tendance chez les mariées en ce moment, c’est la couronne de fleurs : déjà que je me marie à la campagne, autant dire que je souhaiterais limiter le côté Caroline Ingalls.

tumblr_n658jqr76x1tzdadbo1_500.gif

J’ai quand même poussé la porte du salon de Léon, le coiffeur de ma belle-mère, « celui qui est homosexuel mais qui coiffe très très bien » (2017, oui, on est en 2017). On a commencé à discuter et au bout de 5 minutes, il me racontait la vie de la moitié du village :

– Madame Cresson, que j’ai coiffée pour son mariage, elle a trompé son mari le soir même de leurs noces ! (nb : A partir de là, je me suis jurée de ne jamais rien dévoiler de personnel à Léon).

Direct, il a semblé comme pris d’une révélation divine, il m’a regardée attentivement et m’a dit « aaah, j’ai une idée qui me vient tout de suite en vous regardant, quelque chose qui vous irait SU-PER bien ». Moi, j’avais glâné 2-3 photos sur Pinterest sans grande conviction, et il avait l’air si inspiré que j’ai dit « banco, you can do what you want, what you really really want ».

tumblr_nzgyvvrk0f1s8dr5oo1_500.gif

=> Leçon à retenir : arrêter de faire confiance aux inspirations des gens qui ne me connaissent pas.

C’était pas vilain, hein. Mais Léon, en tant que coiffeur, il doit lire « Gala » et « Point de vue » toutes les semaines, ça doit influencer son travail et du coup il m’a fait un chignon dans le style « Tatiana épouse le Prince Philip de Suède », qui ressemblait à tout sauf à moi. Même JPS m’a pas reconnue :

– Non mais c’est bien fait hein…
– Ca va, je compte pas garder cette coiffure pour le jour du mariage
– Ah ouf, tu me rassures !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Allô Maman Bobo.

Bon, ça faisait quand même 6 mois que mes fonctions vitales étaient bonnes, du coup mon corps a jugé qu’il était grand temps de tomber malade et qu’une solide rhino-bronchite avec crachage de poumons en règle était de bonne augure. Tout ça évidemment pile quand ma boss m’assomme de taff ras-la-tronche avec des délais plus serrés que le string de Kim K. :

– quand vous aurez fini d’étudier les 4500 pages du business plan du rachat de la multinationale concurrente, vous me ferez un rapport synthétique sur l’évolution de la législation de 1974 à nos jours.
– d’accord…
– bon c’est bon, il est fini, ce rapport ?

sheldon.gif

Comme la station debout m’était passablement difficile vu que j’avais envie de vomir chaque fois que je posais le pied à terre, je me suis dit, une fois n’est pas coutume, tu vas rendre visite à ton médecin que tu n’as pas vu depuis 2014. Bon ben déjà c’était pas lui : il a eu l’indécence de se barrer en vacances pile pour ma visite trisannuelle, le mufle. A la place, il y avait son remplaçant, qui, visiblement, avait dû financer ses études de médecine en faisant du mannequinat, à en croire ses yeux bleu azur et ses dents parfaitement blanches.

joey.gif

Bon, soyons clairs, c’est pas emmitouflée dans un pull trop large en mode Deschiens, puant le Vicks Vaporub et les yeux éclatés que je dégageais un quelconque sex appeal (JPS, si tu passes par là, de toute façon t’es le seul que j’aime).

Et donc, quand le Doc m’a dit que j’étais hyper contagieuse et que ça méritait bien plusieurs jours d’arrêt, devinez qui a répondu « ah non non, je peux pas, juste un jour ça ira, après j’ai le week-end pour me reposer » ?

dummy.gif

Et qui, après un jour d’arrêt et un week-end de repos est toujours aussi mal et a envie de crever sur place à l’idée de retourner au boulot demain? (bon, je remets pas le gif, mais vous êtes un public intelligent, vous aurez compris que c’est moi la bouffonne en chef).

Des fois, je me demande vraiment à quoi ça sert d’avoir de la conscience professionnelle, alors que de toute évidence, ma boss n’aura jamais la moindre reconnaissance (preuve en est ce lapidaire texto : « OK, bien noté » après que je lui ai dit que j’étais au fond du lit et que peut-être j’allais mourir). Bref, si demain je retourne au boulot en rampant, aphone, aussi essoufflée que MBDF après avoir fait la revue d’une crème hydratante, je sais que la seule chose que je récolterai, c’est une réflexion sur le fait d’avoir été en arrêt de travail pour la première fois depuis un an et demi.  Voyons les choses en face, ce n’est pas ma nouvelle collègue de boulot qui pourra me sauver la mise, vu qu’elle s’applique à faire du 10h – 17h45 alors qu’elle est encore en période d’essai, pour un salaire d’environ 2 fois le mien. Well, well, well, sur ce, je retourne analyser les traumatismes d’enfance liés à ce sentiment de culpabilité permanent (bon en fait, je vais méditer sur mon immense connerie, quoi). A plus les mecs, kiff sur vous.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le quart d’heure autocentré de la future mariée

Alors je sais, j’avais promis d’éviter de briser les nerfs de tout le monde en parlant « mariage », « mariage », « mariage », comme si ça intéressait d’autres gens que mon mec et moi, mais il est à présent essentiel pour ma santé mentale que j’évacue mon stress par l’intermédiaire d’une méthode saine. Alors j’ai d’abord pensé à grignoter mes cheveux un à un, et puis je me suis dit qu’on avait quand même déjà fait plus sain dans la vie. J’ai aussi pensé à acheter une toile vierge pour y coucher mes angoisses, mais comme je dessine comme un moyenne section de maternelle, là encore ce serait juste nul. Alors voilà, pas de bol, ça tombe sur vous.

Alors jusqu’à présent, les préparatifs, c’était trop fastoche (ou « fastouche », si tu te la pètes). J’ai regardé toutes les saisons de « 4 mariages pour 1 lune de miel », je suis super calée en papier crépon et en buffet campagnard. On a même trouvé un super DJ qui a réussi haut la main mon terrible questionnaire maison :
– Vous passerez du Britney?
– Si vous voulez.
– OK, très bien.Et les Spice girls?
– Euh, ben si ça vous fait plaisir, pourquoi pas…
– Super. Autre question : partenaire particulier cherche quoi?
– Euh… une partenaire particulière ?
– BRAVO ! Et pour finir : vous comptez faire des animations genre parler très fort dans un micro, imiter Frédéric François ou faire des jeux de mots sur nos noms de famille?
– Ah non, moi j’approche pas du micro.
– Parfait, vous êtes engagé.  

Après plusieurs journées d’errance, j’ai même réussi à choisir ma robe de mariée. Ce qui n’a pas été une mince affaire puisque oui oui, j’avoue, j’y pense depuis très longtemps, c’est mon petit côté princesse ayant trop regardé Hélène et les garçons. Le couturier est très, très gentil. Très patient aussi. Même si je sens bien qu’il se retient de me mettre la tête dans les toilettes quand je demande à réessayer un truc pour la 3ème fois.  Des fois, il me fait flipper aussi :
– Ca va, vous cauchemardez pas trop?
– Comment ça?
– Les mariées font souvent des cauchemars, surtout sur leurs robes… Elles rêvent qu’elles l’oublient ou qu’elles sont moches dedans. Pas vous?

giphy-1.gif

Voilà-voilà ,merci Copain, depuis cette conversation ça va faire une semaine que je me réveille toutes les nuits en transpirant. Et là, toutes les angoisses sont permises, avec, par ordre alphabétique : Avoir l’air méga cruche, Etre moche, Que mon mec se dise « bof » en me voyant arriver, Regretter de ne pas avoir choisi un autre modèle et Ressembler à une mariée de « 4 mariages pour 1 lune de miel ». Boooon, ben on est bien bien bien, là.Plus qu’une moitié d’année à faire des insomnies, c’est bon, je peux le faire. Bon allez, je vais aller peindre mes cheveux, et puis je reviens.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Hello 2017.

Youhouuu, bonne année les djeun’s ! Alors certes, je ne suis pas spécialement en avance, mais je pourrais déployer toute ma vieillerie pour vous rappeler qu’on a jusqu’au 31, non mais.

Vous connaissez mon côté timoré, je ne vais pas partir dans de grandes envolées lyriques à base de « je vous souhaite amour, gloire et beauté, et aussi de gagner à l’euromillion », non. Si on passe une année tranquille, avec de bons moments de temps à autre pour l’égayer, ce sera déjà très bien. Alors je vous souhaite plein de petits déjeuners au lit, des dîners de retrouvailles avec vos amis, une peau pas trop grasse, de retrouver de l’argent dans les poches d’un manteau, de lire des bouquins géniaux, d’apprendre un ou deux trucs nouveaux, de réussir à vous aimer un peu si vous avez du mal, d’avoir une personne sur qui compter, de manger une fondue cet hiver, de décrocher un peu des réseaux sociaux, de vous réveiller en plein milieu de la nuit et de vous apercevoir que vous avez encore 4 heures de sommeil devant vous, de vivre un moment de quiétude devant un beau paysage, de prendre beaucoup d’apéros, de rencontrer des gens sympas et de ne pas choper la grippe cet hiver.

Pour ma part, je compte bien essayer de m’accepter un peu plus (car comme le dit  Natasha St-Pier : « comme tout le monde, j’ai mes défauts »), aller enfin boire un verre avec Anna, lire beaucoupbeaucoup et surtout, vivre un suuuuuper mariage.

tumblr_nor0ojkzvz1uw5xodo1_400.gif

Cependant, rassurez-vous, je compte bien éviter de pondre des articles où je m’interroge tour à tour sur la couleur des fleurs et la typographie des faire-parts. Je ne suis même pas en mesure de publier un billet « robe de mariée » parce qu’après en avoir essayé au moins 50, je vous annonce que pour le moment, j’y vais en slop. Et puis, de manière générale, j’hallucine un peu en parcourant les forums sur le mariage (oui, je sais, j’ai bien changé) en lisant des posts du type : « ma demoiselle d’honneur ne s’intérèsse pas du tout a mon mariage (nb : déjà, je pige pas le concept d’avoir une demoiselle d’honneur de plus de 10 ans, mais ça c’est moi), elle refuz de porté une robe vert d’eau comme les otres (nb : là encore, j’ai du mal avec le fait d’imposer à mes amies de porter une couleur, justement parce que ce sont mes amies et qu’elles font bien ce qu’elles veulent, et surtout parce que j’ai bien autre chose à penser) (nb bis : et puis VERT D’EAU, mais qu’est-ce qui t’est passé par la tête, meuf ?), elle dit que je parle de mon mariage 24h/24 et ne s’intérèsse pas quand je lui parle de la déco de ma salle, elle veux meme pas m’aidé à faire des pompons en papier » (nb : là, carrément, je meurs).  Breeeeef, pas de panique, je ne vous demanderai pas de participer à mes ateliers travaux manuels ou de taper 1 pour veau aux cèpes et 2 si vous êtes plus pour canard à l’orange.

Rendez-vous sur Hellocoton !

« Et le boulot, comment ça se passe? »

L’autre week-end, c’était réunion annuelle de famille. Tu prends les oncles, les tantes, les huit générations de cousins, cousines, maris des unes, femmes et enfants des autres, ça donne à peu près 800 personnes. En général, j’aime pas les fêtes où il y a trop trop de monde, mais celle-là ça me fait plaisir d’y aller parce que 1) je revois mes deux cousines funky que j’idolâtre, 2) je suis la star des moins de 11 ans et que j’ai toujours une ribambelle de gosses qui me tourne autour, 3) ma tata cuisine toujours un tas de trucs cools (et que je peux me faire un repas entier à base de croissants à la fleur d’oranger, personne me dit rien).

photo

Donc oui, bon, c’était cool, sauf quand est venu le moment de discuter avec un tonton que je vois globalement deux fois par an et avec lequel mon plus long échange a sans doute été « est-ce que tu veux du pain?« . Bon, d’abord, il a cherché mon prénom pendant 20 secondes, il a dû tenter les prénoms de toutes les femmes de ma famille (« Clara? Lucia? »)  avant de trouver le mien (« Giulia? Jeanne? ») mais il a fini par y arriver  (« Joséphine ? Giovanni? »). Et puis, évidemment, comme il fallait trouver un sujet de conversation, on a choisi le plus évident, celui qui alimente n’importe quel entretien, la fameuse variante du « tu fais quoi dans la vie? » mais avec les gens que tu connais déjà, aka : « et le boulot, comment ça se passe?« .

Huuum, ben oui, tiens, comment ça se passe? Plutôt bien, en fait. Mon chef est content de moi, on m’a offert un CDI sans même que j’aie à le demander et, jusqu’à présent, j’ai réussi à ne pas faire couler la boîte. On peut dire que j’ai pas à me plaindre. Sauf que. Sauf que 90% de ce que je fais ne me plaît pas, que le ras le bol dont je parlais déjà il y a trois ans, deux ans et demi, ici ou encore  est toujours bien présent et que, clairement, je ne me vois pas faire ce travail toute ma vie. Et c’est j’ai expliqué à mon tonton.

Et là, il m’a parlé comme à une gamine capricieuse qui peste parce qu’elle n’a pas eu le dernier iPhone à Noël :
– Ah bon, et tu veux faire quoi? Toi-même tu sais pas ce que tu veux faire. T’as quitté le Barreau mais c’était bien avocat, fallait faire avocat, ah oui, ça, fallait faire avocat. Alors tu veux faire quoi? Retourne à ton cabinet et fais avocat. Parce que tu veux être quoi, toi, toi-même tu sais pas, hein, ce que tu veux être. Avocat c’était bien, je suis sûre que tu étais douée en plus, et puis là tu dis que tu aimes pas ce que tu fais, mais tu veux faire quoi? Et puis tu crois que le travail c’est facile, mais après tout, qu’est-ce que tu voudrais faire au juste? Moi je pense que tu devrais retourner en cabinet et être avocat, et puis voilà. 

Ouiii d’accord, merci Monsieur Onisep, c’est vrai qu’on se connait tellement bien.

Bon, en vrai, je me fous clairement de ce qu’il pense. Mais j’ai trouvé fou de ne pas pouvoir dire librement en famille : « ben non, mon taff ne me rend pas heureuse« .  Où est le mal, où est la honte, où est l’irréparable dans tout ça? Je devrais être en mesure de le dire simplement, sans être jugée, sans être prise de haut. Sans être regardée comme une personne irréfléchie, qui aurait décidé un beau matin que, ça y est, son boulot est insupportable et qu’elle a envie de changer. Non tonton, je ne suis pas une gamine paumée qui fait une crise d’ado à retardement. Je ne suis pas une faible qui baisse les bras un peu trop facilement, je n’ai aucun comptes à rendre : j’ai fait 8 ans d’études et je me lève tous les matins pour aller bosser. Mais, oui, ça fait des années que je ne me sens pas à ma place dans cette voie, que je réalise chaque jour que je ne suis pas faite, pas douée, pas calibrée pour. J’ai voulu arrêter, j’ai même été jusqu’à traverser la Manche mais mon plus grand malheur dans tout ça, c’est sûrement de ne pas savoir précisément ce que j’ai envie de faire d’autre. Tout ça serait sans doute plus facile si je mourrais d’envie d’être infirmière, de créer des bijoux ou de travailler dans une bibliothèque, bref, si j’avais un projet. Malheureusement, je ne sais toujours pas à l’heure actuelle ce pour quoi je suis vraiment douée ni ce qu’il me plairait de faire.

Alors non, c’est vrai, ça fait pas tellement Génération Y de dire ça, et à côté de mon tonton moralisateur, il y en a d’autres, aux yeux desquels je passe sans doute pour une soumise, parce que « moi je pourrais jamais faire un boulot qui me fait chier’annnh, impossible quoi, je préfère ne rien faire« . Et c’est bien beau, mais moi, en attendant, je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche et j’aspire à une certaine liberté (sans doute relative). Je n’ai pas oublié mes 7 mois de chômage, sans doute les pires de ma vie. Je n’ai pas oublié combien je me sentais misérable à vivre aux crochets de mon mec. Je n’ai pas oublié les journées entre mon lit et le wifi. Je n’ai pas oublié combien je me sentais seule, inutile et perdue à ce moment-là. Je n’ai pas oublié combien tout me semblait insurmontable. Et c’est aussi pour ça qu’en dépit de tous les inconvénients de mon travail, je mesure vraiment ma chance : celle de gagner ma vie, de pouvoir être indépendante et faire des projets.

Alors non, c’est sûr que le tableau n’est pas merveilleux. Mais je veux pouvoir le dire, l’écrire, librement, sans en avoir honte, et surtout devant quelqu’un de ma famille. Y compris devant un tonton relou qui me connaît à peine. Parce que mine de rien, tout cela demande une certaine forme de courage pour continuer, d’honnêteté intellectuelle pour évoluer, et d’efforts pour (vraiment) se trouver. Et que ça arrivera, j’en suis persuadée.

Rendez-vous sur Hellocoton !