Le résultat d’un an sans vacances.

Pfiouuuuu, je sais que je me répète à chaque article, mais : CA FAIT UN BAIL. Et pourtant, je voudrais venir écrire ici plus souvent, mais depuis plusieurs semaines, j’ai redécouvert les joies de mon amie l’Insomnie et des opérations de veille prolongée sur Twitter aux alentours de 4h du mat’ (oui parce que SI ENCORE j’étais physiquement capable de faire quelque chose de productif pendant cet éveil forcé, passerait encore, mais regarder des gifs de chatons est le seul effort que soutient mon cerveau). Du coup, cette amputation de mon sommeil me vaut d’être lééégèrement fanée le soir (comprendre : je donne ses croquettes au chat et je file m’effondrer sur mon lit).

Et malgré tout, je n’en oublie bien sûr pas d’être réactive, professionnelle et efficace au travail parce que, qu’on se le dise, non, tout le monde ne part pas en vacances au mois de juillet et l’activité ne ralentit pas dutoudutoutdutout. Ceci est une légende inventée par ma boss pour éviter de me voir partir en burn-out avant l’été.

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Bref, à croire que la politique RH en matière de congés est désastreuse parce que les gens se croient obligés de rester tout l’été et, par la force des choses, de me refiler tous les dossiers bien crevards qu’ils n’ont pas eu le temps de traiter durant l’année (« tu veux faire un CDD de 80 mois? Moui, moui, alors vois-tu, je ne suis pas certaine que ce soit possible… »). Il y a aussi ces gens qui vivent sur une autre planète (une planète où les gens partent se faire dorer les miches en juillet, probablement), j’ai nommé LES CONFRÈRES, qui veulent te faire passer 1000 ans sur un dossier qui pourrait être réglé en 10 minutes. Exemple de la notaire qui pensait que j’allais appeler tous les garages de la Seine-Maritime pour leur proposer de racheter une Twingo modèle 1992 cotée 800€ à l’Argus (t’as raison meuf, j’ai que ça à glander) (surtout pour une opération qui, temps et coûts salariaux déduits, rapporterait la somme colossale d’environ 20€).

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Du coup, je suis à 2 doigts de prononcer des incantations pour que mon téléphone arrête de sonner, les mails de pleuvoir et les relous toquer à la porte de mon bureau. Mais z’ATTENTION, grande nouvelle, je vais bientôt avoir un nouveau collègue pour m’aider. Finalement, je ne suis pas sûre que ce soit une grande nouvelle, vue la difficulté à recruter quelqu’un de bien (spéciale dédicace au candidat qui m’a prise de haut et demandé avec mépris un café avant même que je le lui propose et qui, ôôôôôôh miracle, s’est radouci en 1/4 de seconde quand il a compris que je n’étais pas assistante parce que, c’est bien connu, une assistante, tu peux lui parler comme à de la bouse, mais aux autres non).

Braiffe, avec tout ça j’aurai pas volé mes prochaines vacances avec JPS, où j’ai essentiellement prévu de glander au bord d’une piscine, manger du gras, m’enduire de crème solaire indice 50+ (toutes ces années à regarder les vidéos d’Hélène MBDF ont porté leurs fruits) et regarder les nouvelles collections de robes de mariée.

A la tienne, Etienne.

Moui, donc c’est officiel, après 30 années sur cette Terre (bon, pas encore, mais je le dis pour m’habituer), rendons-nous à l’évidence : je n’aime pas rencontrer de nouvelles personnes. Enfin nuançons quand même : je n’aime pas rencontrer trop de personnes en même temps. Parce que j’ai directement en moi une sirène qui s’allume en mode « MAYDAY, MAYDAY, crash prévu dans 3, 2, 1… » et l’envie de rentrer chez moi en courant.

Un  peu comme samedi, à une soirée où je devais rencontrer la moitié des collègues de JPS. Déjà j’avais la pression parce qu’il m’en parle toujours comme ses supers amis du bureau, « Oh oh, Gudule est trop marrant », « Jean-Mi m’invite à son mariage », « Jojo m’a raconté ses rencards Tinder » et ils font comme les ados à la sortie du lycée : ils continuent à se parler sur What’s app. Bon, c’est une chance de bien s’entendre avec ses collègues, je dis pas hein, mais quand ça implique que je les rencontre, c’est la PANIQUE.

Déjà, il a fallu trouver une tenue potable, c’est-à-dire une avec laquelle je n’ai pas envie de casser le miroir en me voyant. Ça a pas l’air comme ça, mais c’est déjà une étape conséquente étant donné que j’ai accumulé beaucoup trop de bedaine (et de fesses, et de hanches) mais que, ô joie, j’ai un traitement médical qui m’oblige à être aussi bourrée d’hormones qu’un poulet en batterie, et que le sport ne m’est d’aucune aide pour perdre du poids (« si t’es fier d’être un boudin, tape dans tes mains », clap clap) .

Whatever, j’ai décidé de porter une robe Etam parce que je me suis souvenue que ma boss avait dit qu’elle m’allait bien, et des sandales nouvellement shopées une bouchée de pain chez André (un jour, je vous raconterai comment j’ai fondé une religion basée  sur le fait qu’il est rigoureusement INTERDIT d’acheter chez André ou Sephora en dehors des soldes).

Et donc, la soirée arriva. Dans un bar à vin : déjà ça partait pas super vu que j’ai horreur de ça. Parce que non, j’aime pas trop l’alcool, et c’est apparemment le 8ème pêché capital vu la manière dont les gens me regardent en l’apprenant :

– Comment ça tu bois pas d’alcool? C’est religieux, c’est ça?
– Non non, c’est juste que je…
– Et les chatons tout mignons, t’aimes pas ça non plus?– Hein?
– Et un bébé chimpanzé avec une couche, ça te dégoûte ?
– ?

Ajoutez à ça que je ne fume plus et donc, ça y est, je suis l’Ennui personnifié. Du coup, j’ai voulu en rajouter une couche quand on m’a demandé quel était mon métier, parce que « juriste », ça fait marrer personne, avouez-le,  alors j’ai fait une petite boutade et JPS m’a engueulée :

– Pourquoi tu te moques de toi? C’est très bien, comme métier !
– Non mais ça fait rêver personne…
– Mais si, mais si. T’as de la chance, t’as tous les codes que tu veux : le code civil, le code du travail, le code de la construction… T’écris des trucs comme « nonobstant », « superfétatoire », c’est super !

(Cet homme m’aime). (Mais il se rend pas compte, je crois). (Ou alors il est de mauvaise foi).

Bon bref, à mesure que la soirée avançait, que tous les taux d’alcoolémie grimpaient sauf le mien, que j’avais de plus en plus froid (parce que j’avais pas de collants sous ma robe Etam, j’ai oublié de préciser), je me rendais compte que je ne suis définitivement pas comme tous ces gens capables de tenir une conversion à un parfait inconnu comme si c’était un pote de régiment et que j’ai beau avoir bientôt 30 ans (c’est toujours pas pour demain, mais je me prépare à la dure réalité), je suis aussi timide que lorsque j’en avais 4. Et forcément, par rapport à un JPS qui attire tout le monde tant il est à l’aise et confiant, je fais tâche (au mieux), potiche (au pire). Alors quand il a été temps de rentrer, j’étais à la fois en colère contre moi-même, soulagée de retrouver un endroit familier, mais dépitée par ce que je suis. Parce que même en me forçant, je ne serai jamais vraiment à l’aise dans ces circonstances, que je préfèrerai toujours rencontrer 2 nouvelles personnes dans la chaleur d’une maison plutôt que 15 dans les tréfonds d’un bar, mais que ça, ce sera toujours incompris et mal vu.

Next time, je reste chez moi, je crois.

Oh, Névrose.

Pfiou les amis, je me demande si j’ai pas été recrutée avec la mauvaise fiche de poste parce qu’au boulot, je passe 1/3 de mon temps à être assistante sociale (assistante sociale forcée, précisons). Ça doit être mon éducation de petite fille baptisée et communiée : je ne sais pas rabrouer quelqu’un, même quand il est ennuyeux à mourir, même quand il passe sa vie à se plaindre… Oh wait, un peu comme ma collègue Névrose (sobriquet issu de ma méchanceté, tiens, c’est gratos).

Névrose, c’est le genre à se noyer dans un verre d’eau de la taille d’un shooter. Du genre si deux personnes lui proposent un rendez-vous à 15 heures, elle fait un mini AVC en vociférant « mais que vais-je faiiiiiire?« , il lui viendrait pas à l’idée de décaler l’une des deux. Une fois, elle a envoyé un mail en oubliant la pièce jointe et quand quelqu’un lui a fait remarquer, elle a dit que c’était du harcèlement moral.

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Le plus merveilleux, c’est sa propension à analyser TOUT ce que les gens lui disent, dans les moindres détails, pour se monter le bourrichon toute seule et trouver de nouvelles raisons de se plaindre. Ah, elle a aussi un petit pêché mignon : propager des ragots dans toute la boîte.

– Tu sais pas ce que m’a dit Isabelle? Elle part chez ses parents sans son mari pendant une semaine.
– Ah. Elle prend des vacances, en fait.
– Toute-seule-avec-son fils ! Elle doit avoir de gros problèmes de couple pour en arriver là… Je voudrais pas dire (ben ne dis pas, alors) mais ça sent le divorce… C’est comme la secrétaire du 4ème, son mari l’a trompé avec une stagiaire de son service…

Récemment, Névrose a décidé que c’en était trop du stress de la vie parisienne et qu’elle voulait s’encanailler en province parce que, c’est bien connu, l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Elle a essayé de refourguer son appart’ à tout le monde et en parlait dix fois par jour : emplacement, surface, prix, transports, interphone, impôts fonciers, j’avais l’impression d’être Stéphane Plaza. Chaque jour, j’avais le droit à une update détaillée des visites, comme si ça m’intéressait de savoir que Machin avait trouvé l’appartement lumineux ou que Untel avait apprécié le bon état des parties communes.

Je serrais les dents en tentant d’envoyer des messages subliminaux du type « j‘en ai rien à secouer » (regards insistants à ma montre, regard dans le vague, absence de réponses) mais rien à faire, elle était en B.O.U.C.L.E.

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Et puis, enfin, elle a VEN-DU sa bouse. Ce jour-là, la terre entière en a entendu parler, mais on pensait que ses interminables monologues immobiliers étaient enfin finis. Que nenni, très cher ! La veille de la signature chez le notaire, elle a débarqué en furie dans mon bureau « parce que olalalala j’ai besoin de conseils juridiques là, je streeeeeeeesse« . God, il était 9h, je venais de poser mon sac et j’avais pas encore avalé mon thé. En vrai; elle avait même pas besoin d’aide, juste de se plaindre une nouvelle fois qu’elle était stresséééééééée, que la banque avait oublié de lui donner un papier, qu’oh mon dieu que le reste du monde est méchant avec elle et que blablabla… J’étais encore plus saoulée que quand j’ai vu une mise en scène de Hamlet de 6 heures.

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Prochaine leçon de vie : apprendre à envoyer ch*** les gens.

Back dans les bacs (oui, bon, j’ai trouvé que ça)

Pfiou. Ca fait un bail que j’ai pas traîné mes guêtres par ici, tiens.

Chuis sûre que vous êtes contents de me revoir (dixit la fille qui a 0 commentaire) (j’assume) (j’avoue, j’écris plus par plaisir que par demandes hystériques de lecteurs) (je serais nulle comme Youtubeuse) (quand même, vous pourriez prendre de mes nouvelles).

Faut dire qu’il s’est passé un tas de trucs depuis la dernière fois. Déjà, ON A DÉMÉNAGÉ. Pour la 6ème fois en 5 ans, tout va bien. Fini le studio minuscule et le mec chelou de l’hôpital psychiatrique d’en face, qui nous regardait fixement en fumant sa clope (et projetait sûrement de nous tuer). On a dit adios à la vieille bique qui nous servait de propriétaire, non sans avoir essuyé sa tentative de pathos à base de « C’est teeellement fastidieux d’être propriétaire… » (non mais je comprends, avoir des appartements à Paris et des villas en Province, ça doit être dur), « Les locataires finissent toujours par s’en aller » (ben oui Mémère, c’est un peu le principe de la location).

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BREF. On a empaqueté nos affaires et j’ai fait preuve d’un optimisme inhabituel en assurant à JPStar « t’inquiètes, ça ira vite, on a trois fois rien« . Comme quoi, être optimiste, c’est tout pourri parce qu’évidemment, on avait beaucoup plus de cartons que prévu, et que, comme par hasard, on a déménagé le seul week-end du mois où il a plu.

Passons également les quelques surprises que nous réservait notre nouveau logement : un chauffe-eau où tu dois choisir si tu veux prendre ta douche ou laver la vaisselle parce qu’il est trop petit pour permettre de faire les deux dans la même journée, le peintre qui devait refaire le salon et qui a tout peint en blanc, sauf les plinthes, qu’il a laissées en jaune pisseux (le mec, ça devait le saouler d’aller jusqu’au bout des choses, il s’est dit « non, je continue pas, j’ai pas envie »), les placards qui ferment pas (JPS, si tu lis ce post, je te rappelle que tu devais les réparer).

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VOU-A-LAAA. Mais rassurez-vous, tout va pour le mieux à présent et, ça y est, on a fêté notre dernier dimanche chez Ikea (dont je connais à présent les références par coeur, vas-y, demande moi où se situent les Vulkeburg, je t’amène au rayon les yeux fermés, sans tricher).

Tout cela pour dire que je vais à nouveau inonder la blogosphère de mes passionnants récits (ma visite chez le dermato, mes débuts laborieux à l’aquagym, bref : ce que le monde attend).

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Farewell, dude.

Yo les petits amis ! 2015 est en train de boucler ses valises pour rentrer chez sa mémé et je ne peux m’empêcher de dresser un petit bilan. L’an dernier, c’était pas jojo, ça sentait même méchamment le Prozac (et encore, si on m’avait dit tout ce qui m’attendait…).

Par superstition, je ne dirais pas que cette année était le pire du pire concentré en 365 jours parce qu’objectivement, il y a toujours plus difficile. Mais je ne pense pas exagérer en disant que j’en ai (bien, bien chié) bavé. Malgré tout, j’en retire un tas d’enseignements, de bons souvenirs parmi les mauvais et des succès dont je peux être fière.

  • Avoir vaincu la séparation géographique avec JPS (ou « Paris-Londres pendant 8 mois ») : certainement la décision la plus difficile à prendre de toute ma vie. 8 mois d’allers-retours, de gros chagrins le dimanche soir, de manque, de solitude, de pieds froids la nuit, de découragement. Mais on a réussi. On est réunis.  Le quotidien reprend ses droits dans tout ce qu’il a de plus banal, mais aussi de plus parfait. Et on est restés une famille, comme on se l’était promis.
  • Avoir tout reconstruit après avoir tout perdu : en rentrant en France, je n’avais plus de toit, plus de meubles, plus de repères. Revenue chez mes parents, je n’avais plus rien qui m’appartenait (ouais OK, j’avais le chat), j’étais dépendante. Comme une enfant, en fait. Petit à petit, j’ai dégoté du travail, un appartement, j’ai recréé un cocon pour retrouver ma place. J’ai appris à relativiser, à cesser de chercher la perfection, à me contenter de moins. J’ai réalisé que je pouvais ressentir du bonheur même dans une situation précaire, un peu bancale, parce que le peu que j’avais, je ne le devais qu’à moi-même.
  • Avoir trouvé mon premier vrai job : après avoir posté des centaines de candidatures, désespéré autant de fois et m’être dit qu’aucun employeur ne voudrait jamais de moi, j’ai fini par trouver. Peut-être pas le job de mes rêves, mais c’est un début. Il m’a permis de dépasser ma peur de la vie active. Je fais mes premiers pas, je découvre la vie en entreprise, ses écueils, ses pièges, je me mange des claques parfois, mais j’éprouve beaucoup de satisfaction malgré tout.
  • Avoir commencé la sophrologie : sortir des bouquins et entamer de vrais cours avec une pro. Même si je ne suis pas épargnée par l’anxiété et la colère, j’ai maintenant des clés qui m’aident à les gérer un peu mieux au quotidien.
  • Avoir cultivé de vraies amitiés : je n’ai jamais eu beaucoup d’amis (soyons honnêtes, je suis associable) mais l’amitié représente pour moi un sentiment, une valeur fondamentale. Quand je suis déçue par quelqu’un, il est en général très difficile de réparer les pots cassés. Avoir été dans la mouise cette année m’a permis de distinguer ceux qui étaient vraiment présents de ceux qui envoyaient un texto tous les 4 mois. Je n’ai pas été surprise. Mais j’ai appris à prendre de la hauteur, à ne pas réagir de façon viscérale, à constater sans me faire de mal. Et à me rendre compte que j’avais, malgré des déceptions, un petit cercle de personnes merveilleuses, solides et qui m’aiment réellement.

Finalement, pour une année pareille, c’est pas si mal ! Je suis heureuse d’avoir résisté, d’avoir activité le mode « survie » et de ne pas avoir renoncé, même dans les moments les plus terribles. Je me sens si chanceuse aujourd’hui. Même si tout n’est pas parfait, même si chaque jour, je relance les dés, même si tout est une succession de mini-batailles, plus ou moins grandes. Je suis fière, apaisée et bien plus sereine qu’il y a un an. Victoire, les mecs.

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LIBERATION (comme le journal) (c’est miteux, je sais).

Mes amis, battez tambours et sonnez trompettes car je suis en V A C A N C E S ! (c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup)

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Et il était temps, parce que j’étais sur le point de casser quelques gueules au boulot (non en fait c’est pas vrai parce que 1) j’ai de mini-poignets ; 2) j’ai horreur de la violence, je me cache les yeux devant toute scène de bagarre à la télé et 3) ça va, je sais me contenir, ma mère m’a bien élevée). Il faut dire que je suis toujours la seule de mon service (because ma boss s’est cassée juste après mon arrivée, remember) et qu’apparemment, je gère teeeellement bien qu’on s’est dit que recruter quelqu’un pouvait bien attendre encore un peu (attendre mon burn-out, sans doute).

Du coup, ma vie professionnelle ces derniers mois a principalement consisté à apprendre à gérer des trucs auxquels je pige rien, c’est-à-dire à 1) masquer ma panique quand un mec ayant BAC + 25 me parle d’un projet avec des concepts tellement compliqués que je me demande si on parle le même langage ; 2) réussir  à ne pas pleurer ; 3) répondre à sa demande ; 4) prier très fort pour ne pas avoir fait n’importe quoi.

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Mais c’est fini, disais-je, je prends un break durant quelques jours et je compte bien en profiter. A la base, mon programme devait consister à me coucher à 5 heures et me réveiller à 14, glander devant les saisons 1 à 11 d’ « Une famille formidable » et à trouver des idées de déco pour le futur appart’, mais finalement, je vais jouer les baby-sitters pour mon neveu (faut dire qu’il DETESTE le centre de loisirs et qu’il fait une petite tête de koala triste à chaque fois que sa mère lui dit qu’il va y aller, alors forcément, je craque, je veux lui épargner une enfance difficile, à ce pauvre chou). Ce qui veut dire me lever à 7h30 et trouver des idées pour qu’il s’amuse (je tiens à cultiver ma réputation de tante marrante), sans toutefois allumer la télé (je veux faire genre je suis une intellectuelle, voyez?).

AH, et puis j’avais aussi prévu de passer voir ma grand-mère,  je devais lui donner son cadeau de Noël alors j’étais excitée comme un maternel ramenant un collier de nouilles à sa mère, mais il a fallu que MamieChérie décide que ce serait meeeerveilleux que se joignent à nous mon cousin (Prix Nobel de l’Egoïsme de 2007 à 2016, ne lèvera JA-MAIS un petit doigt pour t’aider, et qui compense un vraisemblable petit kiki par une GROOOOSSE moto), sa femme (Prix Nobel de la Godiche since 1991, s’habille à 40 ans comme si elle en avait 17, a le QI d’un beignet et aime plus que tout se la péter avec le fric de son mari parce que sa mère avait raison, « l’important c’est de trouver un homme qui t’entretienne ») et leurs cas soc’ de gosses (la fille a pleuré à Noël parce qu’elle a eu un Iphone 5S et pas un 6, c’est vous dire). Ah, et précisons que je les méprise depuis que Gourdasse 1ère a témoigné quelques réticences à m’inviter aux 40 ans de mon cousin « parce que ça coûte des sous, le repas » (la nana, son mari tape un salaire mensuel à 5 chiffres, non mais faites moi rire). Et j’aime beaucoup ma grand-mère, mais là, c’était trop à supporter, un après-midi entier à prendre sur moi pour sourire et être gentille avec eux, non non et non. Alors ma grand-mère est triste, ma grand-mère fait la gueule et m’envoie des textos lapidaires (et pas uniquement parce qu’elle sait pas écrire le français). Mais bon, c’est comme ça les amis, faut pas trop tirer sur la corde.

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Allez, à plus les choupinets*, maintenant que je prends du repos, je vais pouvoir recommencer à écrire ici.

* Oui oh ça va, moi aussi je veux faire comme toutes ces youtubeuses beauté qui appellent leur public « mes chaaaaats » ou « mes amours ».

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Du tribunal à l’hôpital.

Depuis que j’ai commencé mon nouveau job, j’ai de nouveau 5 ans : j’ai envie de faire la sieste l’après-midi et je suis au lit à 21 heures 30 le soir. Si on m’enlève mes ballerines à paillettes et que l’on me met un peu plus de noir à la place, je peux entamer une carrière de nonne.

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Telle une super héroïne de la jurisprudence, j’ai foutu la robe d’avocat au placard et changé de costume. Maintenant, je suis juriste à l’hôpital, j’ai une blouse blanche et je peux parler de trucs méga excitants comme « NFS, chimie, iono, gaz du sang », un peu comme le faisait le Docteur Carter (j‘en profite pour poser les termes d’un débat sensible : on est d’accord pour dire que niveau charisme, Sheperd, à côté de Carter, c’est un beignet, non?!).

Je fanfaronne, mais la veille, j’avais très peur de commencer. Et j’avais raison. Parce que peu après mon arrivée, ma chef (qui peut notamment être qualifiée de : sympa, simple, intelligente et motivante) m’a appris qu’elle quittait son poste à la fin du mois. Que les Ressources humaines ne lui avaient pas encore trouvé de remplaçant. Que j’allais donc sûrement devoir tout gérer toute seule pendant plusieurs semaines. Et qu’en résumé, j’avais trois semaines pour devenir opérationnelle dans un univers auquel je ne connais rien.

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Grosso modo, mes journées ressemblent à : ingurgiter des process (oui, je fais comme tous ces gros cons en entreprise qui utilisent des anglicismes inutiles toutes les 3 phrases), essayer de piger le jargon médical, me retenir de pleurer quand un médecin me parle et que je comprends 1 mot sur 15, retenir les prénoms et les fonctions de tout le monde, supplier ma-boss-trop-gentille de rester 1 mois de plus (ça marche pas), écrire tout tout tout pour ne rien oublier et boire beaucoup de thé.

D’où le coucher à 21 heures 30, la radio dans les oreilles pour feindre un semblant de vie sociale et l’impression constante de porter sur moi l’odeur de l’hôpital (sentir le désinfectant, un rêve devenu réalité). Par contre, si ça vous intéresse, je peux fournir des kits de suture.