Allô Maman Bobo.

Bon, ça faisait quand même 6 mois que mes fonctions vitales étaient bonnes, du coup mon corps a jugé qu’il était grand temps de tomber malade et qu’une solide rhino-bronchite avec crachage de poumons en règle était de bonne augure. Tout ça évidemment pile quand ma boss m’assomme de taff ras-la-tronche avec des délais plus serrés que le string de Kim K. :

– quand vous aurez fini d’étudier les 4500 pages du business plan du rachat de la multinationale concurrente, vous me ferez un rapport synthétique sur l’évolution de la législation de 1974 à nos jours.
– d’accord…
– bon c’est bon, il est fini, ce rapport ?

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Comme la station debout m’était passablement difficile vu que j’avais envie de vomir chaque fois que je posais le pied à terre, je me suis dit, une fois n’est pas coutume, tu vas rendre visite à ton médecin que tu n’as pas vu depuis 2014. Bon ben déjà c’était pas lui : il a eu l’indécence de se barrer en vacances pile pour ma visite trisannuelle, le mufle. A la place, il y avait son remplaçant, qui, visiblement, avait dû financer ses études de médecine en faisant du mannequinat, à en croire ses yeux bleu azur et ses dents parfaitement blanches.

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Bon, soyons clairs, c’est pas emmitouflée dans un pull trop large en mode Deschiens, puant le Vicks Vaporub et les yeux éclatés que je dégageais un quelconque sex appeal (JPS, si tu passes par là, de toute façon t’es le seul que j’aime).

Et donc, quand le Doc m’a dit que j’étais hyper contagieuse et que ça méritait bien plusieurs jours d’arrêt, devinez qui a répondu « ah non non, je peux pas, juste un jour ça ira, après j’ai le week-end pour me reposer » ?

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Et qui, après un jour d’arrêt et un week-end de repos est toujours aussi mal et a envie de crever sur place à l’idée de retourner au boulot demain? (bon, je remets pas le gif, mais vous êtes un public intelligent, vous aurez compris que c’est moi la bouffonne en chef).

Des fois, je me demande vraiment à quoi ça sert d’avoir de la conscience professionnelle, alors que de toute évidence, ma boss n’aura jamais la moindre reconnaissance (preuve en est ce lapidaire texto : « OK, bien noté » après que je lui ai dit que j’étais au fond du lit et que peut-être j’allais mourir). Bref, si demain je retourne au boulot en rampant, aphone, aussi essoufflée que MBDF après avoir fait la revue d’une crème hydratante, je sais que la seule chose que je récolterai, c’est une réflexion sur le fait d’avoir été en arrêt de travail pour la première fois depuis un an et demi.  Voyons les choses en face, ce n’est pas ma nouvelle collègue de boulot qui pourra me sauver la mise, vu qu’elle s’applique à faire du 10h – 17h45 alors qu’elle est encore en période d’essai, pour un salaire d’environ 2 fois le mien. Well, well, well, sur ce, je retourne analyser les traumatismes d’enfance liés à ce sentiment de culpabilité permanent (bon en fait, je vais méditer sur mon immense connerie, quoi). A plus les mecs, kiff sur vous.

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Le quart d’heure autocentré de la future mariée

Alors je sais, j’avais promis d’éviter de briser les nerfs de tout le monde en parlant « mariage », « mariage », « mariage », comme si ça intéressait d’autres gens que mon mec et moi, mais il est à présent essentiel pour ma santé mentale que j’évacue mon stress par l’intermédiaire d’une méthode saine. Alors j’ai d’abord pensé à grignoter mes cheveux un à un, et puis je me suis dit qu’on avait quand même déjà fait plus sain dans la vie. J’ai aussi pensé à acheter une toile vierge pour y coucher mes angoisses, mais comme je dessine comme un moyenne section de maternelle, là encore ce serait juste nul. Alors voilà, pas de bol, ça tombe sur vous.

Alors jusqu’à présent, les préparatifs, c’était trop fastoche (ou « fastouche », si tu te la pètes). J’ai regardé toutes les saisons de « 4 mariages pour 1 lune de miel », je suis super calée en papier crépon et en buffet campagnard. On a même trouvé un super DJ qui a réussi haut la main mon terrible questionnaire maison :
– Vous passerez du Britney?
– Si vous voulez.
– OK, très bien.Et les Spice girls?
– Euh, ben si ça vous fait plaisir, pourquoi pas…
– Super. Autre question : partenaire particulier cherche quoi?
– Euh… une partenaire particulière ?
– BRAVO ! Et pour finir : vous comptez faire des animations genre parler très fort dans un micro, imiter Frédéric François ou faire des jeux de mots sur nos noms de famille?
– Ah non, moi j’approche pas du micro.
– Parfait, vous êtes engagé.  

Après plusieurs journées d’errance, j’ai même réussi à choisir ma robe de mariée. Ce qui n’a pas été une mince affaire puisque oui oui, j’avoue, j’y pense depuis très longtemps, c’est mon petit côté princesse ayant trop regardé Hélène et les garçons. Le couturier est très, très gentil. Très patient aussi. Même si je sens bien qu’il se retient de me mettre la tête dans les toilettes quand je demande à réessayer un truc pour la 3ème fois.  Des fois, il me fait flipper aussi :
– Ca va, vous cauchemardez pas trop?
– Comment ça?
– Les mariées font souvent des cauchemars, surtout sur leurs robes… Elles rêvent qu’elles l’oublient ou qu’elles sont moches dedans. Pas vous?

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Voilà-voilà ,merci Copain, depuis cette conversation ça va faire une semaine que je me réveille toutes les nuits en transpirant. Et là, toutes les angoisses sont permises, avec, par ordre alphabétique : Avoir l’air méga cruche, Etre moche, Que mon mec se dise « bof » en me voyant arriver, Regretter de ne pas avoir choisi un autre modèle et Ressembler à une mariée de « 4 mariages pour 1 lune de miel ». Boooon, ben on est bien bien bien, là.Plus qu’une moitié d’année à faire des insomnies, c’est bon, je peux le faire. Bon allez, je vais aller peindre mes cheveux, et puis je reviens.

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Hello 2017.

Youhouuu, bonne année les djeun’s ! Alors certes, je ne suis pas spécialement en avance, mais je pourrais déployer toute ma vieillerie pour vous rappeler qu’on a jusqu’au 31, non mais.

Vous connaissez mon côté timoré, je ne vais pas partir dans de grandes envolées lyriques à base de « je vous souhaite amour, gloire et beauté, et aussi de gagner à l’euromillion », non. Si on passe une année tranquille, avec de bons moments de temps à autre pour l’égayer, ce sera déjà très bien. Alors je vous souhaite plein de petits déjeuners au lit, des dîners de retrouvailles avec vos amis, une peau pas trop grasse, de retrouver de l’argent dans les poches d’un manteau, de lire des bouquins géniaux, d’apprendre un ou deux trucs nouveaux, de réussir à vous aimer un peu si vous avez du mal, d’avoir une personne sur qui compter, de manger une fondue cet hiver, de décrocher un peu des réseaux sociaux, de vous réveiller en plein milieu de la nuit et de vous apercevoir que vous avez encore 4 heures de sommeil devant vous, de vivre un moment de quiétude devant un beau paysage, de prendre beaucoup d’apéros, de rencontrer des gens sympas et de ne pas choper la grippe cet hiver.

Pour ma part, je compte bien essayer de m’accepter un peu plus (car comme le dit  Natasha St-Pier : « comme tout le monde, j’ai mes défauts »), aller enfin boire un verre avec Anna, lire beaucoupbeaucoup et surtout, vivre un suuuuuper mariage.

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Cependant, rassurez-vous, je compte bien éviter de pondre des articles où je m’interroge tour à tour sur la couleur des fleurs et la typographie des faire-parts. Je ne suis même pas en mesure de publier un billet « robe de mariée » parce qu’après en avoir essayé au moins 50, je vous annonce que pour le moment, j’y vais en slop. Et puis, de manière générale, j’hallucine un peu en parcourant les forums sur le mariage (oui, je sais, j’ai bien changé) en lisant des posts du type : « ma demoiselle d’honneur ne s’intérèsse pas du tout a mon mariage (nb : déjà, je pige pas le concept d’avoir une demoiselle d’honneur de plus de 10 ans, mais ça c’est moi), elle refuz de porté une robe vert d’eau comme les otres (nb : là encore, j’ai du mal avec le fait d’imposer à mes amies de porter une couleur, justement parce que ce sont mes amies et qu’elles font bien ce qu’elles veulent, et surtout parce que j’ai bien autre chose à penser) (nb bis : et puis VERT D’EAU, mais qu’est-ce qui t’est passé par la tête, meuf ?), elle dit que je parle de mon mariage 24h/24 et ne s’intérèsse pas quand je lui parle de la déco de ma salle, elle veux meme pas m’aidé à faire des pompons en papier » (nb : là, carrément, je meurs).  Breeeeef, pas de panique, je ne vous demanderai pas de participer à mes ateliers travaux manuels ou de taper 1 pour veau aux cèpes et 2 si vous êtes plus pour canard à l’orange.

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« Et le boulot, comment ça se passe? »

L’autre week-end, c’était réunion annuelle de famille. Tu prends les oncles, les tantes, les huit générations de cousins, cousines, maris des unes, femmes et enfants des autres, ça donne à peu près 800 personnes. En général, j’aime pas les fêtes où il y a trop trop de monde, mais celle-là ça me fait plaisir d’y aller parce que 1) je revois mes deux cousines funky que j’idolâtre, 2) je suis la star des moins de 11 ans et que j’ai toujours une ribambelle de gosses qui me tourne autour, 3) ma tata cuisine toujours un tas de trucs cools (et que je peux me faire un repas entier à base de croissants à la fleur d’oranger, personne me dit rien).

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Donc oui, bon, c’était cool, sauf quand est venu le moment de discuter avec un tonton que je vois globalement deux fois par an et avec lequel mon plus long échange a sans doute été « est-ce que tu veux du pain?« . Bon, d’abord, il a cherché mon prénom pendant 20 secondes, il a dû tenter les prénoms de toutes les femmes de ma famille (« Clara? Lucia? »)  avant de trouver le mien (« Giulia? Jeanne? ») mais il a fini par y arriver  (« Joséphine ? Giovanni? »). Et puis, évidemment, comme il fallait trouver un sujet de conversation, on a choisi le plus évident, celui qui alimente n’importe quel entretien, la fameuse variante du « tu fais quoi dans la vie? » mais avec les gens que tu connais déjà, aka : « et le boulot, comment ça se passe?« .

Huuum, ben oui, tiens, comment ça se passe? Plutôt bien, en fait. Mon chef est content de moi, on m’a offert un CDI sans même que j’aie à le demander et, jusqu’à présent, j’ai réussi à ne pas faire couler la boîte. On peut dire que j’ai pas à me plaindre. Sauf que. Sauf que 90% de ce que je fais ne me plaît pas, que le ras le bol dont je parlais déjà il y a trois ans, deux ans et demi, ici ou encore  est toujours bien présent et que, clairement, je ne me vois pas faire ce travail toute ma vie. Et c’est j’ai expliqué à mon tonton.

Et là, il m’a parlé comme à une gamine capricieuse qui peste parce qu’elle n’a pas eu le dernier iPhone à Noël :
– Ah bon, et tu veux faire quoi? Toi-même tu sais pas ce que tu veux faire. T’as quitté le Barreau mais c’était bien avocat, fallait faire avocat, ah oui, ça, fallait faire avocat. Alors tu veux faire quoi? Retourne à ton cabinet et fais avocat. Parce que tu veux être quoi, toi, toi-même tu sais pas, hein, ce que tu veux être. Avocat c’était bien, je suis sûre que tu étais douée en plus, et puis là tu dis que tu aimes pas ce que tu fais, mais tu veux faire quoi? Et puis tu crois que le travail c’est facile, mais après tout, qu’est-ce que tu voudrais faire au juste? Moi je pense que tu devrais retourner en cabinet et être avocat, et puis voilà. 

Ouiii d’accord, merci Monsieur Onisep, c’est vrai qu’on se connait tellement bien.

Bon, en vrai, je me fous clairement de ce qu’il pense. Mais j’ai trouvé fou de ne pas pouvoir dire librement en famille : « ben non, mon taff ne me rend pas heureuse« .  Où est le mal, où est la honte, où est l’irréparable dans tout ça? Je devrais être en mesure de le dire simplement, sans être jugée, sans être prise de haut. Sans être regardée comme une personne irréfléchie, qui aurait décidé un beau matin que, ça y est, son boulot est insupportable et qu’elle a envie de changer. Non tonton, je ne suis pas une gamine paumée qui fait une crise d’ado à retardement. Je ne suis pas une faible qui baisse les bras un peu trop facilement, je n’ai aucun comptes à rendre : j’ai fait 8 ans d’études et je me lève tous les matins pour aller bosser. Mais, oui, ça fait des années que je ne me sens pas à ma place dans cette voie, que je réalise chaque jour que je ne suis pas faite, pas douée, pas calibrée pour. J’ai voulu arrêter, j’ai même été jusqu’à traverser la Manche mais mon plus grand malheur dans tout ça, c’est sûrement de ne pas savoir précisément ce que j’ai envie de faire d’autre. Tout ça serait sans doute plus facile si je mourrais d’envie d’être infirmière, de créer des bijoux ou de travailler dans une bibliothèque, bref, si j’avais un projet. Malheureusement, je ne sais toujours pas à l’heure actuelle ce pour quoi je suis vraiment douée ni ce qu’il me plairait de faire.

Alors non, c’est vrai, ça fait pas tellement Génération Y de dire ça, et à côté de mon tonton moralisateur, il y en a d’autres, aux yeux desquels je passe sans doute pour une soumise, parce que « moi je pourrais jamais faire un boulot qui me fait chier’annnh, impossible quoi, je préfère ne rien faire« . Et c’est bien beau, mais moi, en attendant, je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche et j’aspire à une certaine liberté (sans doute relative). Je n’ai pas oublié mes 7 mois de chômage, sans doute les pires de ma vie. Je n’ai pas oublié combien je me sentais misérable à vivre aux crochets de mon mec. Je n’ai pas oublié les journées entre mon lit et le wifi. Je n’ai pas oublié combien je me sentais seule, inutile et perdue à ce moment-là. Je n’ai pas oublié combien tout me semblait insurmontable. Et c’est aussi pour ça qu’en dépit de tous les inconvénients de mon travail, je mesure vraiment ma chance : celle de gagner ma vie, de pouvoir être indépendante et faire des projets.

Alors non, c’est sûr que le tableau n’est pas merveilleux. Mais je veux pouvoir le dire, l’écrire, librement, sans en avoir honte, et surtout devant quelqu’un de ma famille. Y compris devant un tonton relou qui me connaît à peine. Parce que mine de rien, tout cela demande une certaine forme de courage pour continuer, d’honnêteté intellectuelle pour évoluer, et d’efforts pour (vraiment) se trouver. Et que ça arrivera, j’en suis persuadée.

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Bref, j’ai un nouveau collègue glandu.

Rhaaaa la la, alors que j’ai tellement de choses à raconter, mon ordinateur me lâche peu à peu (on en est à 2 minutes pour ouvrir une page internet, c’est dire si là tout de suite je suis motivée pour écrire).

Bon, parlons peu, parlons bien : depuis quelques semaines, on a un assistant au boulot  et c’est pas une sinécure (c’est pas faux). Déjà, il a mis 4 semaines à comprendre que c’était pas la peine de photocopier les pages une par une et qu’un génie avait inventé une fonction qui permettait au copieur de photocopier recto-verso tout seul. Dans à peu près 8 mois, il aura découvert la fonction « impression en couleurs » (si on a de la chance).

J’aurais dû me méfier dès son premier jour : j’avais voulu la jouer cool, donc je lui avais demandé de venir « pour 9h30 ». Dans ma tête, ça voulait dire : à 9h30, t’es derrière ton bureau, les fesses posées sur ta chaise. Pour lui, ça voulait dire : se pointer à 10h15, la bouche en cœur et les mains dans les poches. Quand il m’a demandé « ça va? ça fait pas trop tard?« , j’ai déployé toute ma pédagogie pour lui expliquer que si si quand même et qu’en entreprise, on arrive rarement à cette heure-là.

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La semaine d’après, il est carrément pas venu de la matinée. Il était pas marqué absent sur le planning et il avait rien dit de particulier la veille. Au fil des heures, je suis passée de « il a du avoir des problèmes de bus » à « il a dû avoir une panne de réveil » à « mince, il doit y avoir quelque chose de grave ». Tu penses Hortense. J’étais sur le point de lancer une alerte enlèvement, et puis il est arrivé, à midi, nickel, pépouze :
– C’est parce que je suis allé faire refaire mon permis de conduire. Je pensais que ça allait prendre 10 minutes et en fait, ça a pris presque 3 heures.

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Donc 1) c’est probablement le seul mec en France qui ne sait pas ce que c’est que la Préfecture, 2) se donner la peine de prévenir de son retard, c’est trop lui demander, 3) je dois avoir une tête de G.O Club Med parce que clairement, il pense qu’on est colo, 4) ça devait être trop compliqué de choper mon numéro dans les Pages jaunes pour appeler. Là, je me suis dit qu’il devait vraiment se payer ma tronche (mais pas autant que lorsqu’il  a dit qu’il était en retard à cause de problèmes de bus alors qu’on l’avait vu arriver à vélo).

Gégé les gars, meilleur recrutement de la Terre. Et force est de constater que ma patience s’étiole avec le temps, que je suis fort lasse qu’il mette trois jours pour faire quelque chose qui prendrait trois heures à tout être humain normalement constitué, qu’il me répète « non mais ce soir, ce sera fait, promis » tous les matins et qu’au bout d’une semaine, rien n’est terminé.

Alors par contre, je dois lui reconnaître une qualité, c’est qu’il est extrêmement au fait des nouvelles du monde et de la géopolitique, surtout quand ça concerne Yahoo People et le partage des biens immobiliers d’Angelina Jolie et Brad Pitt.

– Dis, est-ce que t’as pu passer le coup de fil super urgent que le Directeur t’a demandé?
– Ah non désolé, j’étais occupé là. Je lisais un article super intéressant sur l’agression de Kim Kardashian.

Voilà voilàààà. Je vais continuer la méditation encore un moment, je crois.

Mon père croit que j’ai 10 ans.

Donc, comme tu l’auras compris en lisant le titre, pas la peine de venir me challenger dans la catégorie « famille étouffante » parce que je gagne toujours.  Mon père a dû rester bloqué dans les années 90 et croit que j’ai 10 ans pour toujours. J’ai beau être casée, avoir un job et m’assumer comme une grande, son cheval de bataille, c’est de dégoter la moindre situation où il est possible de m’infantiliser. Dernier exemple en date : la lettre aux impôts (oui parce que ces braves gens avaient commis une légère erreur en me réclamant l’équivalent de 10 SMIC alors que j’avais perçu des revenus équivalents à… ben à ceux qu’un apprenti peut toucher, c’est dire si j’étais blindée). Bref, après avoir passé environ 5 heures au téléphone et parlé à 8 personnes provenant de 3 services différents, j’ai écrit une petite lettre recommandée afin de cracher ma haine signifier ma situation. Et c’est là que, tadaaaaam, mon père a absolument tenu à la relire avant envoi. Pour quelles raisons, ça je l’ignore (peut-être pour vérifier que je savais orthographier correctement le mot « finances publiques », moi qui m’en suis farcie deux semestres à la fac, quelle ironie).

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Outre cette absence de confiance pour ce qui est des démarches administratives (je pense aussi qu’il doit régulièrement se demander si je pense à payer mon loyer), mon père pense aussi que j’ai zéro capacité niveau humain.Donc, quand je lui ai annoncé que le père de JPS se faisait opérer la semaine prochaine, il a crû nécessaire de prendre un air de prof de CP pour m’expliquer, comme si j’étais une débile, ce que ça impliquait en termes de relations sociales :

– S’il est hospitalisé, ce serait bien que vous alliez lui rendre une petite visite tu sais…

NO SHIT SHERLOCK, moi qui pensais le laisser se débrouiller tout seul et aller le voir aux alentours de Pâques ! Non, vraiment, c’est à se demander comment je fais pour mener ma vie sans que papa me tienne la main. Ou plutôt, c’est à se demander comment lui fait pour mener sa vie sans nous tenir la main. Parce que se retrouver sans enfants à la maison, à la retraite, sans passion ni amis parce qu’on a passé sa vie à croire que le travail était l’élément central de l’existence, c’est coton. Alors forcément, regarder la télé, ça va cinq minutes et on s’ennuie vite. Et dans ces moments-là, il sort la carte joker, aka : le chantage affectif.

– On se voit le week-end prochain? Ca fait teeeeellement longtemps.

« Tellement longtemps », dans son langage, c’est  8 jours. Pour des parents « normaux », j’imagine que c’est rien, mais pour le mien, c’est comme si j’étais partie servir ma patrie à la guerre. Son passe-temps préféré, c’est se plaindre qu’il ne voit « ja-mais » ses enfants (« tellement longtemps » = 8 jours, « jamais » = 2 semaines, tu suis?). Ca donne des conservations merveilleuses avec les gens dont les enfants habitent à l’étranger :

– Je vois très très trèèèès rarement mes enfants. La dernière fois, ça devait être il y a… pfiou… 15 jours au moins…
– Ah. Moi mon fils vit à Sydney, je le vois une fois par an.

Je pense que son idéal de vie serait que l’on vive tous, parents, enfants, petits-enfants, dans un corps de ferme où on serait ensemble H-24. Il kifferait qu’on soit les Ingalls, quoi. Alors prend un air de chien battu pour me faire comprendre à quel point je suis ingrate, me faire culpabiliser et flinguer mes soirées. Parce que, quoi qu’on fasse, nous les enfants, on est toujours des gros égoïstes qui n’ont aucune reconnaissance, hein. C’est finalement ça, le plus dommage : parce que quand les enfants avaient 10 ans, là au moins, on pouvait les garder sous sa coupe.

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Le résultat d’un an sans vacances.

Pfiouuuuu, je sais que je me répète à chaque article, mais : CA FAIT UN BAIL. Et pourtant, je voudrais venir écrire ici plus souvent, mais depuis plusieurs semaines, j’ai redécouvert les joies de mon amie l’Insomnie et des opérations de veille prolongée sur Twitter aux alentours de 4h du mat’ (oui parce que SI ENCORE j’étais physiquement capable de faire quelque chose de productif pendant cet éveil forcé, passerait encore, mais regarder des gifs de chatons est le seul effort que soutient mon cerveau). Du coup, cette amputation de mon sommeil me vaut d’être lééégèrement fanée le soir (comprendre : je donne ses croquettes au chat et je file m’effondrer sur mon lit).

Et malgré tout, je n’en oublie bien sûr pas d’être réactive, professionnelle et efficace au travail parce que, qu’on se le dise, non, tout le monde ne part pas en vacances au mois de juillet et l’activité ne ralentit pas dutoudutoutdutout. Ceci est une légende inventée par ma boss pour éviter de me voir partir en burn-out avant l’été.

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Bref, à croire que la politique RH en matière de congés est désastreuse parce que les gens se croient obligés de rester tout l’été et, par la force des choses, de me refiler tous les dossiers bien crevards qu’ils n’ont pas eu le temps de traiter durant l’année (« tu veux faire un CDD de 80 mois? Moui, moui, alors vois-tu, je ne suis pas certaine que ce soit possible… »). Il y a aussi ces gens qui vivent sur une autre planète (une planète où les gens partent se faire dorer les miches en juillet, probablement), j’ai nommé LES CONFRÈRES, qui veulent te faire passer 1000 ans sur un dossier qui pourrait être réglé en 10 minutes. Exemple de la notaire qui pensait que j’allais appeler tous les garages de la Seine-Maritime pour leur proposer de racheter une Twingo modèle 1992 cotée 800€ à l’Argus (t’as raison meuf, j’ai que ça à glander) (surtout pour une opération qui, temps et coûts salariaux déduits, rapporterait la somme colossale d’environ 20€).

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Du coup, je suis à 2 doigts de prononcer des incantations pour que mon téléphone arrête de sonner, les mails de pleuvoir et les relous toquer à la porte de mon bureau. Mais z’ATTENTION, grande nouvelle, je vais bientôt avoir un nouveau collègue pour m’aider. Finalement, je ne suis pas sûre que ce soit une grande nouvelle, vue la difficulté à recruter quelqu’un de bien (spéciale dédicace au candidat qui m’a prise de haut et demandé avec mépris un café avant même que je le lui propose et qui, ôôôôôôh miracle, s’est radouci en 1/4 de seconde quand il a compris que je n’étais pas assistante parce que, c’est bien connu, une assistante, tu peux lui parler comme à de la bouse, mais aux autres non).

Braiffe, avec tout ça j’aurai pas volé mes prochaines vacances avec JPS, où j’ai essentiellement prévu de glander au bord d’une piscine, manger du gras, m’enduire de crème solaire indice 50+ (toutes ces années à regarder les vidéos d’Hélène MBDF ont porté leurs fruits) et regarder les nouvelles collections de robes de mariée.